10/12/2014

Entendu à l’audience de la Samaritaine : « la notion de façade est abolie » !

Par Christine Nedelec

La très convaincante plaidoirie de notre avocat venait à point nommé défaire les conclusions défavorables de la rapporteure publique et son parfait écho des arguments de la Ville et de LVMH. Selon ceux-ci, il y aurait eu erreur d’appréciation, les règles urbaines devraient être interprétées plus souplement, notamment les questions d’intégration des nouveaux bâtiments dans le tissu ancien, en fait comme la possibilité de construire n’importe quoi n’importe où, du moment que cela fait moderne.

... à droite, le Louvre... Photo Harold Hyman

… au fond, à droite, le Louvre… Photo Harold Hyman

La modernisation d’un Paris soi-disant muséifié est en route à marche forcée. Puisque les objectifs du PLU sont de favoriser la création architecturale, finissons-en donc avec ces immeubles « disparates » et sans intérêt de la rue de Rivoli ! A bas 80% des immeubles de Paris ! Dépêchons-nous de construire les nouveaux monuments de la Samaritaine future et le Paris grandiose de demain ! N’est-ce-pas oublier qu’un monument ne se décrète pas, il lui faut un plébiscite ?
Il n’est pas certain que les touristes viennent photographier le Centre Pompidou ou l’Opéra Bastille, mais bien plutôt l’Opéra Garnier, le Grand Palais et même la rue de Rivoli avec, quelle horreur, son harmonie d’un autre temps!

Notre avocat a malicieusement fait appel à l’appréciation personnelle des magistrats, à même de jauger tous les jours de l’homogénéité patrimoniale des abords de la Samaritaine puisque située sur leur chemin entre le Conseil d’Etat et la Cour Administrative d’appel, un quartier tout sauf banal, il va sans dire. Il a rappelé le poids hautement symbolique de cette affaire puisqu’elle entérinera ou non la possibilité de détruire le coeur de Paris en toute impunité.
Si les Architectes des Bâtiments de France ou du Ministère de la Culture n’ont pas cru bon de jouer leur rôle de protecteurs du patrimoine, il a estimé que leur avis favorable au projet ne constituait pas une preuve tandis que les experts de la Commission du Vieux Paris, plus qualifiés à ses yeux s’étaient élevés contre ce projet irrespectueux à commencer par les démolitions qu’il supposait.
Enfin, il a proposé des critères de jugement objectifs mettant en lumière la volonté délibérée de LVMH de ne pas insérer le projet dans le tissu urbain, voir la notice architecturale de l’agence Sanaa: « la notion de façade est abolie » (p 60) dans un quartier où tous les bâtiments en ont une évidemment. En outre, ce bâtiment est le frère de celui de LVMH à Tokyo, une interchangeabilité qui interroge: chacun sait que Tokyo ou Paris c’est du pareil au même… 

Nous attendons donc avec impatience le jugement du 5 janvier dont nous espérons bien sûr qu’il nous soit favorable, c’est à dire respectueux de l’image de Paris.

C.N.

 

11/12/2014

Impact visuel des tours Duo (en projet) dans leur environnement parisien

Le projet des tours Duo est en phase de « commercialisation » dans la ZAC Paris Rive Gauche. Curieusement appelé par le promoteur « tour Duo » au singulier, là où il s’agit bien de deux tours, le projet prévoit un gratte-ciel de 180 mètres – 39 étages – et un gratte-ciel de 120 mètres – 27 étages, penchés sur le côté. Inconsciemment inspirées sans doute de la tour de Pise, comme référence historique – un peu …déplacée !

À part de… vendre du vent, du moins pour l’instant ( le permis de construire n’est pas accordé à l’heure actuelle et une enquête publique doit avoir lieu en avril prochain), les porteurs du projet multiplient les études et peaufinent leur communication.

À quoi pourrait bien ressembler Paris avec ces deux tours jumelles ? Quel impact sur la skyline (ligne d’horizon) de Paris ? Nous publions ici une reconstitution basée sur les données communiquées à la presse :

 

Les Tours Duo vues depuis la rive droite; avec la BNF au premier plan/

Les Tours Duo vues depuis la rive droite; avec la BNF au premier plan/

 

Les tours Duo vues du ciel

Les tours Duo vues du ciel

 

Les tours Duo depuis le Pont National

Les tours Duo depuis le Pont National

Bien que l’originalité du concept est évidemment mis en avant dans ce projet, Jean Nouvel n’a pas l’exclusivité des tours jumelles « penchées » : les tours jumelles de Roche à Bâle, confiées au bureau des architectes Herzog et de Meuron (auteurs du projet de la tour Triangle à Paris), atteindront 205 mètres pour la plus haute. On peut lire plus des précisions sur le site de « L’Alsace » et voir la photo qui permet de constater une étrange ressemblance avec les tours Duo ET la tour Triangle !

Les tours jumelles de Roche à Bâle

L’Alsace.fr, 23 octobre 2014

Tours Roche à Bâle.

Tours Roche à Bâle.

 

« Toujours plus grand, toujours plus haut… Dans la course au gigantisme qu’il livre avec son rival bâlois Novartis, Roche se trouve désormais nettement en tête.. Alors que le gros œuvre de la première tour (d’une hauteur de 178 m sur 41 étages), devrait être achevé fin 2014, Roche a annoncé, hier, la construction d’une tour jumelle de 205 m sur 50 étages, représentant un investissement de 550 millions de francs. (…) Pendant ce temps, sur l’autre rive du Rhin, au nord de Bâle, Novartis poursuit l’extension de son campus qui (…) sera composé d’une série de tours dont la hauteur sera limitée à une centaine de mètres...

Pour lire l’article cliquez ici

 Article mis à jour le 14/12/2014

24/11/2014

Au-delà de la Tour Triangle à Paris, un débat sur la métropole durable de demain

Article publié sur le site de « La Gazette des communes »

(avec l’AFP)

Avec les commentaires de Thierry Paquot, Jérôme Dubois, Serge Salat.

Pour lire l’article cliquez ici 

Extraits :  « (…) Le rejet du projet controversé de tour Triangle, à Paris, relance le débat sur la métropole durable du XXIe siècle. (…) « La discussion qui a lieu à Paris se retrouve partout dans le monde parce qu’elle est liée à la façon de penser le futur des grandes villes », explique à l’AFP, Jérôme Dubois, professeur d’urbanisme à l’université d’Aix-Marseille. »

(…) « Contrairement aux apparences, la densité de la ville verticale n’est donc pas supérieure à celle de la cité horizontale, les règles d’urbanisme imposant que les tours soient suffisamment espacées, notamment pour des raisons de luminosité. « Du coup, entre deux tours on implante un parc fermé, pas toujours bien entretenu, qui oblige le piéton à parcourir de grandes distances pour rétablir une continuité avec la rue, les façades, les boutiques », analyse le philosophe spécialiste de la ville, Thierry Paquot. Pour lui, « la tour annonce alors la mort de la ville et elle y contribue« 

(…) « Le coût énergétique pour produire les matériaux de construction, les aciers, les vitrages ultra sophistiqués concourent à rendre le modèle écologiquement discutable« , dit-il à l’AFP. Une fois érigées, les tours s’avèrent énergivores. D’autant qu’en termes d’infrastructures routières, de transports ou de réseau de distribution d’eau potable, « la facture énergétique est divisée par trois lorsque la densité de population est multiplié d’autant« , explique à l’AFP l’architecte et urbaniste Serge Salat. (…) Il voit là un argument supplémentaire en faveur de la ville compacte, dont Paris est l’illustration. Argument auquel on peut ajouter la préservation du lien social et de la qualité de vie que favorise la ville horizontale.  (…)

Pour lire l’article cliquez ici 

20/11/2014

Le nouveau numéro du bulletin de SOS Paris est sorti !

Le bulletin N° 92 de SOS Paris vient de paraître et nos abonnés le reçoivent par la poste. Il est également disponible à notre secrétariat (103, rue de Vaugirard, 75006 Paris).

En couverture, on trouvera l’éditorial d’Olivier de Monicault : « Quel avenir pour la Commission du Vieux Paris ».  Nous avons le plaisir d’annoncer aussi l’article « SOS Paris; 40 ans de combats » écrit par Louis Goupy publié dans ce numéro.

La version électronique du bulletin est à télécharger au format PDF  ICI 

 

Couv sosp n°92

En adhérant à SOS Paris, vous recevrez le bulletin à chaque parution, et vous profitez des tarifs 2014.

Inscriptions en ligne ou par courrier.  Voir ADHÉSION

20/11/2014

Un Viollet-le-Duc contemporain pourrait-il construire la Tour Triangle?

 

Notre-Dame sous une cloche imaginaire pour la conserver. Photo Harold Hyman

Notre-Dame sous une cloche imaginaire pour la conserver. Photo Harold Hyman

Par Harold Hyman

 

Pour le Huffingont Post

19/11/2014

Extraits :

(…) Comment, et quoi, construire dans Paris ? Eugène Viollet-le-Duc, 1814-1879, architecte éduqué par des membres de sa famille d’architectes, est lancé par Prosper Mérimée qui lui demande des restaurations dès les années 1840, à l’époque où Louis-Philippe, et bientôt Napoléon III, réconcilient les Français avec les structures si méprisées, et souvent saccagées quand ce n’était pas détruites, sous la Révolution.

(…)

Pour lier l’époque de Viollet-le-Duc à l’époque actuelle, une exposition connexe a été inaugurée ce 18 novembre, également à la Cité de l’Architecture : « Revoir Paris », une œuvre de talent de deux spécialistes des mondes imaginaires de la bande dessinée, François Schuiten et Benoît Peeters qui présentent « des tracés d’Haussmann aux projets du Grand Paris, en passant par les utopies de Robida et de Perret, ou les projets de Le Corbusier ou Jean Nouvel », en leur propres termes Futurisme et post-modernisme donc, qui font passer Viollet-le-Duc pour un simple restaurateur de talent engagé dans une voie de garage architectural, tellement il aurait raté l’émergence des utopies post-haussmanniennes.

(…)

Alors pourquoi réhabiliterait-on aujourd’hui Viollet-le-Duc, en supposant qu’il aurait opté pour la conservation de l’allure passéiste de Paris, alors même que l’on admirerait la Tour Triangle des architectes Herzog et De Meuron ? Être à la fois enthousiasmé par un chantre de la restauration du passé et un chantre de l’architecture contemporaine est presque schizophrène : aller de l’exposition de Viollet-le-Duc à la Cité de l’Architecture et du Patrimoine à l’exposition connexe « Revoir Paris », qui montre les utopies futuristes sur Paris, puis se transporter au Pavillon de l’Arsenal, où a lieu l’exposition de cette célèbre Tour Triangle, de 180 m de haut avec 50 étages !

(…)

Et donc Viollet-le-Duc aurait bien été obligé de rejeter le voyeurisme patent de l’esprit des gratte-ciel. La Tour Eiffel, par sa singularité et son caractère de charpente gracile eût sans doute été tolérable, mais l’essaimage de quartiers comme Beaugrenelle, d’immeubles comme la Tour Montparnasse, et des tours de 20-30 étages dans le 20e et le 13e — cela ne l’aurait guère ravi. Et la question se pose maintenant: que construirait un nouveau Viollet-le-Duc? Certainement pas la Tour Triangle. Il nous aurait sans doute reconstitué les Halles….

Lire l’article …

_______________________

Expositions : « Viollet-le-Duc, les visions d’un architecte » et « Revoir Paris, François Schuiten et Benoît Peeters » à la Cité de l’Architecture et du Patrimoine (Cité Chaillot) du 20 novembre 2014 au 9 mars 2015.

19/11/2014

Tour Triangle, interventions de Christine Nedelec et Olivier Rigaud dans les médias

Le vote au Conseil de Paris rejetant la Tour Triangle, contesté par la Maire de Paris, a été très largement diffusé et commenté dans les média. Plusieurs militants contre la tour ont été interviewés.

Petite revue de la presse audiovisuelle

Christine Nedelec, secrétaire générale adjointe de SOS Paris dans le journal télévisé de 20h  de TF1 et sur LCI :

(Cliquer sur le lien)

http://videos.tf1.fr/jt-20h/2014/tour-triangle-pourquoi-paris-a-t-elle-si-peu-de-tours-8519756.html#t=62

 

Olivier Rigaud du Collectif contre la Tour Triangle sur LCI :

17/11/2014

Rejet de la Tour Triangle : vote contesté par Anne Hidalgo – Revue de presse

Montmartre photomontage

Montmartre photomontage

Ce lundi, le vote au Conseil de Paris était en faveur des opposants au projet de la tour Triangle : 83 voix contre la tour Triangle, 78 pour, sur 161 exprimées.

Sauf que les votants opposés au projet, après s’être vu refuser le vote à main levée qu’ils réclamaient, ont exhibé, au moment du vote, leurs bulletins au public avant de passer dans l’isoloir. Ce geste a fourni à Anne Hidalgo le prétexte à déclarer, à l’issue du dépouillement, le vote nul et déféré au contrôle de légalité et au tribunal administratif.  Elle a même rappelé que cette façon de voter «pourrait relever du pénal».

Par conséquence, la question est : les défenseurs de la skyline de Paris, les opposants à la tour Triangle, sommes-nous passés à côté d’un événement qui, au vu des estimations de la veille, allait permettre de tourner définitivement la page sur ce projet pompeux et nuisible ?

Rappelons que ce vote au Conseil de Paris concernait une procédure technique nécessaire au lancement des travaux de cette tour de 180 mètres et 500 millions d’euros.  La presse nationale et internationale, présente massivement dans la salle,  s’est fait l’écho de cet « imbroglio » – terme choisi par Reuters dont l’article a été repris par une quantité d’éditions en ligne. En voici un florilège :

 

Imbroglio à Paris après le rejet de la Tour Triangle

Reuters, 17/11/2014

Extraits :

(Ce résultat) « est également un succès pour les écologistes qui, critiquant un projet inutile et énergivore à leurs yeux, ont voté avec la droite et le centre, et affirmé leur indépendance au sein d’une majorité où leurs 14 voix ont pesé lourd lundi. »

« Quand bien même la justice annulerait le scrutin, un nouveau vote donnerait probablement le même résultat. L’échec serait lourd pour Anne Hidalgo, qui avait défendu la tour dès 2008, lorsqu’elle était adjointe à l’urbanisme de Bertrand Delanoë. D’autant que ce dossier risque de laisser des traces, tant les débats ont été houleux et tant les circonstances jouent désormais contre la maire. »

« L’intensive campagne de promotion dans les médias, avec une pétition en ligne ou encore grâce au concours d’intermédiaires dont le Medef, n’a donc pas suffi à sauver « Triangle ».

« D’autant que ce dossier risque de laisser des traces, tant les débats ont été houleux et tant les circonstances jouent désormais contre la maire. » 

Lire l’article… 

 

Tour Triangle : un vote hostile pas vraiment carré

Libération, 17/11/2014 

« Quelle foire ! Le vote à bulletins secrets, ce lundi au Conseil de Paris, d’une délibération indispensable pour la poursuite du projet de la tour Triangle a tourné au cirque. L’énorme majorité du groupe UMP, mais aussi quelques Verts et la seule élue Front de gauche, ont voté contre le projet en brandissant publiquement leur bulletin avant de le glisser dans l’urne, souriant aux caméras et, pour certains, tweetant la photo de ce moment de révolte. Malheureuse initiative ? « 

Lire l’article… 

 

Tour Triangle: Le conseil de Paris rejette le projet, Hidalgo déclare le vote nul 

20 Minutes, 17/11/2014 

Le vote, annoncé serré, a bien eu lieu. Le résultat a même été donné. Sur les 161 votes exprimés, le camp du «non» à la tour Triangle en a récolté 83 contre 78 pour le camp adverse.
Mais Anne Hidalgo l’a estimé nul considérant qu’il s’était déroulé dans des conditions contraires à la démocratie.

Lire l’article … 

 

La tour Triangle refusée par le Conseil de Paris, Hidalgo conteste le vote ! 

La Tribune de l’art, 17/11/2014 

« Malgré les manœuvres de dernière minute d’Anne Hidalgo et de son adjoint au patrimoine Jean-Louis Missika, qui ont tenté de faire changer d’avis certains conseillers UMP, et qui ont choisi un vote à bulletin secret (bel exemple de transparence démocratique pour des élus qui semblent avoir honte de leur position), la proposition a été repoussée. La maire de Paris, prenant pour prétexte que les conseillers UMP et EELV ont montré leurs bulletins avant de voter (pour protester contre ce vote à bulletin secret) »

Lire l’article…

 

16/11/2014

Pourquoi on dit « NON » à la Tour Triangle

Non à la Tour Triangle : un mauvais projet au mauvais endroit, un projet contre l’intérêt collectif. Cette tour de 180 m de haut sera en réalité une immense tour-barre de 200 m de long qui coupera le Parc des Expositions en deux et coupera Paris de sa banlieue… Les Parisiens et Franciliens y sont opposés à 64% : on leur a déjà fait plusieurs fois le coup de la tour, c’est un échec. La tour Montparnasse, les tours du 13e et du 15e ont été un échec urbanistique, économique, écologique et social comme le sera la tour Triangle vendue avec les mêmes arguments mensongers qu’il y a 40 ans. Ne répétons pas les erreurs du passé : la tour Montparnasse est le bâtiment le plus détesté de Paris ! 

1523481_751251701620359_8029588255049541512_oLes tours sont une fausse idée de la modernité, bien au contraire elles sont le symbole du naufrage de notre ancien monde et de ces fausses bonnes idées économiques qui nous conduisent tous au bord du gouffre.
Aujourd’hui à la Défense, les tours se vident les unes après les autres, on croule sous les bureaux vides en région parisienne, on les brade…
Par delà leur obsolescence, les tours sont terriblement couteuses pour la collectivité. La gestion d’afflux de milliers de personnes en un même point nécessite des investissements supplémentaires énormes en matière de transport, de sécurité, de flux, de traitements des égouts, déchets, de pollutions, d’énergie qui ne sont bien sûr pas pris en charge par l’investisseur qui lui s’intéresse uniquement à son coup financier.
Amputer le Parc des Expositions de la Porte de Versailles alors qu’il constitue un vivier extrêmement dynamique en matière d’emploi, n’est-elle pas une absurdité ? Le couper en deux et le mettre en péril pour y construire une tour de bureaux qui n’a rien à y faire, une aberration? Pire, cette tour redeviendra propriété des Parisiens à l’heure où il sera nécessaire de la rénover ou de la détruire à grands frais.
Pour toutes ces raisons et bien d’autres encore, il est urgent de dire stop à ce projet magnifié sur le papier mais humainement et collectivement aberrant, urgent de promouvoir la modernité de projets intéressants pour la collectivité : oui à des projets intelligents, durables, soutenables et porteurs d’emploi…
Nous espérons de nos élus au Conseil de Paris qu’ils sauront faire la part des choses et que les calculs politiciens n’entraveront pas l’intérêt général.
Comme la majorité des Parisiens qu’ils disent Non au mauvais projet Triangle !

**************************

Revue de presse 

La Tour Triangle, objet de toutes les controverses

Libération, 16/11/2014

http://www.liberation.fr/societe/2014/11/16/la-tour-triangle-objet-de-toutes-les-controverses_1143976

Extrait :

Les tours sont communément considérées comme des objets architecturaux peu écologiques: si elles permettent – théoriquement – une densification du bâti, elles sont aussi structurellement énergivores. «Contrairement à une idée reçue, le gratte-ciel est énergivore et ne saurait être vraiment +écologique+. La fabrication de ses matériaux de construction (béton performant, vitrage et aciers spéciaux sophistiqués) est coûteuse en énergie, puis lorsqu’il fonctionne, il s’avère particulièrement gourmand en électricité (aération, chauffage, bureautique, ascenseur)», écrivent Julien Damon et Thierry Paquot («Les 100 mots de la ville», Que sais-je? Septembre 2014).

(…)

 La vraie histoire de la Tour Triangle : le verre enfumé ! 

Atlantico.fr 16/11/2014
Lire : http://www.atlantico.fr/decryptage/vraie-histoire-tour-triangle-verre-enfume-1858601.html#VyPBW146gH2Pc6oM.99

Extraits :

« Une offensive de communication relayée par quelques plumes serviles veut faire croire aux Parisiens que le projet Triangle est une sorte de combat des modernes contre les ringards, de lutte entre le futur urbain et les tendances régressives de passéistes. Il ne faut pas tomber dans le piège de cette opposition truquée. Les conseillers de Paris qui voteraient pour ce projet porteraient une lourde responsabilité dans une opération qui apparaîtrait comme une réédition inepte de l’échec de la tour Montparnasse. » (…)

(…) « Il est né d’un crime originel, quand par peur d’affronter le groupe Unibail aux Halles, Delanoë avait torpillé le magnifique projet de l’architecte néerlandais Koolhaas et s’était lancé dans l’infinie médiocrité de ce qui allait devenir le bubon de Mangin et Berger. Pour la première et unique fois de ses deux mandats, en 2004, Delanoë avait été moqué par Libération et le Monde. Pour un homme qui ne pensait qu’à la communication et la manipulation des médias, l’affront était insupportable. Il fallait à tout prix effacer cette image de couardise.Il se mit donc d’accord avec Unibail pour lancer une opération de diversion, une tour qui serait symbole d’innovation et de courage. Au départ, il était question d’un hôtel et d’un centre de conférences. Preuve absolue de l’insuffisance du projet et de son caractère surdéterminé par des considérations médiatiques : ce programme s’est très vite révélé totalement irréaliste et on ne parle plus depuis deux ans que de banales surfaces de bureaux. Dans l’intervalle, Unibail recevait deux pépites : la pleine propriété du centre commercial des Halles et un renouvellement de sa concession du parc des expositions de la porte de Versailles. C’est ce qu’on appelle en langage imagé vendre ses chemises ailleurs. De plus, Unibail obtenait que l’implantation de la tour se fasse dans son enceinte mais en impactant au minimum les halls d’exposition. D’où l’utilisation d’une parcelle incongrue et le positionnement de biais de la tour. » (…)

Read more at http://www.atlantico.fr/decryptage/vraie-histoire-tour-triangle-verre-enfume-1858601.html#VyPBW146gH2Pc6oM.99

 

16/11/2014

Pétition contre la tour Triangle

Une pétition a été lancée depuis peu contre la tour Triangle. À signer massivement pour faire le poids face à celle lancée par les défenseurs du projet.

 

Pour signer la pétition, suivre ce lien

Mots-clés :
16/11/2014

Projet de la tour Triangle : tourner maintenant définitivement la page !

À quelques jours du vote au Conseil de Paris  qui s’annonce serré, les porteurs du projet de la Tour Triangle, ardemment soutenus par… la Maire de Paris, ont lancé une puissante offensive sur le net et dans la presse, pour sauver du naufrage ce projet absurde, bénéfique que pour ses seuls initiateurs, et destructeur pour le cadre parisien. Même le Pavillon de l’Arsenal s’y est prêté en lançant en catimini, expo et conférence…

Rien n’est plus parlant que les images. Visualisons un instant ce gratte-ciel, dans son environnement existant, celui de Paris que nous aimons penser comme la plus belle ville du monde :

Quai des Invalides, photomontage

Quai des Invalides, photomontage

 

Montmartre photomontage

Montmartre photomontage

 

Les opposants au projet appartiennent à des milieux pols diverses : « La Tour Triangle s’apparente de plus en plus à un gâchis urbanistique cautionné par l’ancienne adjointe à l’urbanisme plutôt qu’à un projet censé et cohérent qui profiterait à l’ensemble des Parisiens » pour l’UMP.  « Absolument pas transparente, symbole d’une architecture du siècle dernier, non écologique, leurre pour le développement économique de la ville, menace pour l’avenir du parc des expositions de la Porte de Versailles… non, la Tour Triangle n’a décidément aucun intérêt » selon l’UDI. « [La] priorité [est] au logement, pas à une tour de bureaux inutile ! […] Paris ne doit pas aller dans le sens contraire de l’histoire en construisant une tour. Une ville écologique doit être tournée vers l’avenir et redonner du sens au projet urbain en répondant aux besoins de ses habitant-e-s» déclare l’ EELV. Pour le Parti de Gauche, « la tour triangle est un projet mégalomane anti-social et anti-écologique pour le seul bonheur des intérêts privés ». Tout est dit.

Dans les rangs du Parti Socialiste on trouve la dissidence :  Jean-François Martins a déclaré à l’AFP qu’il voterait contre.

Laurence Parisot, ancienne présidente du Medef, n’a pas hésité à se prononcer contre, à l’inverse de la position affichée par ce dernier :  « Je ne comprends pas les arguments en faveur de la Tour Triangle. La France a perdu ses intellectuels et Paris oublie sa beauté. » 

Pour l’anecdote, un des premiers mensonges de la tour Triangle, c’est son nom : quel mépris pour le vocabulaire de la géométrie ! Un triangle est une « figure plane » ! Autrement dit, une forme plate. La forme de ce gratte-ciel en projet, c’est une pyramide et plutôt une pyramide tronquée.

Il est temps de dire définitivement « NON » à la tour Triangle !

 

———————–

Merci à Patrice Maire (Monts 14) pour les photomontage et au Collectif Contre la Tour Triangle pour son action et sa vigilance.

 

10/11/2014

La Mairie aux côtés des lobbies pro-tour essaie d’imposer coûte que coûte le projet contesté de la tour Triangle

Quelques jours avant le vote décisif au Conseil de Paris sur le déclassement de la parcelle de la tour Triangle, les défenseurs de ce projet très contesté (et, disons-le, aussi absurde qu’encombrant), c’est à-dire la Mairie de Paris, la société Unibail-Rodamco, ses architectes, etc, se battent pour tenter d’obtenir une majorité devenue, à présent, réellement incertaine, après la prise de position des élus UMP, des écologistes et du parti de gauche, annonçant qu’ils voteront contre. La perspective de voir le projet annulé provoque une cascade de réactions, y compris celle de la Mairie, de réadapter le projet.

Dans la multitude d’articles de presse, nous ne citons ici que deux :

Le Parisien
Ultime appel à sauver la tour Triangle

http://www.leparisien.fr/espace-premium/paris-75/ultime-appel-a-sauver-la-tour-triangle-07-11-2014-4272239.php

20 minutes
Paris: Les élus vont-ils tirer une croix sur la Tour Triangle
http://www.20minutes.fr/paris/1476043-20141106-paris-elus-vont-tirer-croix-tour-triangle

Le site du Collectif contre la tour Triangle
http://www.contrelatourtriangle.com/
L’association Monts 14 organise une réunion publique le jeudi 13 novembre à 19h à Notre-Dame du Rosaire, 194 rue Raymond-Losserand à la Pte de Vanves :

http://wp.me/P2z3lR-jo

Les tours, une menace pour Paris, une publication de SOS Paris.
Vous pouvez lire en ligne ou télécharger ce recueil de textes signés par des acrhitectes, des chercheurs, des urbanistes, des journalistes, des écrivains, et des riverains, tous amoureux de Paris, sur ce lien :

http://sosparisblog.wordpress.com/publications/les-tours-une-mONenace-pour-paris/texte-integral/

Il est peut-être temps de dire définitivement NON à la tour Triangle !

05/11/2014

Le Salon International du Patrimoine Culturel fête ses 20 ans

portrait

Le Salon International du Patrimoine Culturel ouvre ses portes le jeudi 6 novembre. Événement incontournable qui réunit les professionnels de la restauration et de la sauvegarde du patrimoine qu’il soit bâti ou non bâti, matériel ou immatériel, le Salon se déroule au Caroussel du Louvre et dure jusqu’au dimanche 9 novembre. L’édition 2014 marque son 20ème anniversaire.

En plus de ses 325 exposants, le Salon propose un riche programme comprenant outre ses très nombreuses conférences, des démonstrations de tous genres, des remises de prix, un jeu-concours, une opération de crowdfunding en faveur de quatre projets de restauration de patrimoine en péril, etc. Enfin, pour la première fois, le Salon International du Patrimoine Culturel propose des projections de films documentaires. (Programme de projections sur :
http://www.patrimoineculturel.com/films/ )

À noter la présence de l’UNESCO (stand N°30) qui participe au Salon grâce  au soutien de la Commission nationale française. La convention du patrimoine mondial de l’UNESCO conserve, protège et présente la valeur universelle exceptionnelle du patrimoine depuis plus de 40 ans. Au sein des Nations Unies, l’UNESCO cherche à encourager « l’identification, la protection et la préservation du patrimoine matériel et immatériel à travers le monde », considérant que, « loin d’être un luxe ou un loisir, le patrimoine est un puissant moteur de croissance et de formation ».

SOS Paris sera représenté par quatre de ses membres qui seront sur place en permanence et, comme les années précédentes, le bulletin de notre association sera à retirer gratuitement sur le stand de l’AJP (Association des Journalistes du Patrimoine).

Les horaires d’ouverture du Salon International du Patrimoine Culturel sont :
Jeudi 6, vendredi 7 et samedi 8 novembre 2014, de 10h à 19h
 – Dimanche 9 novembre 2014, de 10h à 18h
Plus d’informations :
http://www.patrimoineculturel.com/infos-pratiques/

01/11/2014

À propos de La Samaritaine

Nous avons le plaisir de publier le texte de l’architecte Luc Dupont « La destruction de la ville – À propos de La Samaritaine« , que vous retrouverez dans son intégralité sur ce lien :
http://wp.me/P2z3lR-xP

En voici quelques extraits :

 » (…) Quelle raison aurions-nous alors d’effacer le travail de nos prédécesseurs, plutôt que de construire à côté ? La rénovation et l’entretien des bâtiments anciens constituent le meilleur apprentissage pour les jeunes architectes. Il est rare qu’un bâtiment soit suffisamment détérioré pour avoir le besoin de le démolir… »

« Le projet actuel choque beaucoup de parisiens, attachés à l’histoire de leur ville et à sa lente et progressive stratification. Il simplifie à outrance l’espace urbain, efface les traces du passé. Il « globalise », au lieu d’enrichir et de « particulariser ». Cet immeuble, à l’échelle d’un ilot (presque) entier, pourrait être construit n’importe où, de la même manière, en dehors de la ville ou dans un quartier neuf. Il ressemble à n’importe quel immeuble de bureaux, avec sa grande cour intérieure dont les vues intérieures sont glaçantes, »

« La dérive architecturale et urbaine actuelle

Trop de dessins d’architecture et d’urbanisme sont aujourd’hui « globaux », simplistes. Ils constituent les armes de ceux qui veulent effacer les différences, les particularités. Les architectes le savent-ils ? Savent-ils qu’ils participent de cela ?

En dehors de la question du style, les projets sont trop gros, et donnent en ce sens, l’impression de ne pas avoir été travaillés (ce qui va de pair). Là où une agence d’architecture réalise un projet de dizaine de milliers de mètres carrés, il vaudrait mieux une dizaine de projets confiés à des agences plus petites…
Il en va de la diversité urbaine, des rythmes de la ville, du coût de gestion de ces bâtiments, et d’une émulation collective nécessaire pour créer de la joie et de la beauté.« 

Lire l’article :
http://wp.me/P2z3lR-xP

27/10/2014

Ouverture de la Fondation Vuitton dans l’édifice de Frank Gehry au bois de Boulogne

SOS Paris partage le point de vue de l’article de Médiapart signé Joseph Confavreux et recommande sa lecture :

Fondation Vuitton: le bal des courtisans
23/10/2014 |  Par Joseph Confavreux
Médiapart
Le concert de louanges entourant la Fondation Vuitton, qui ouvre au public lundi 27 octobre, est emblématique des relations frauduleuses entre certains médias et les gros annonceurs, LVMH, le groupe de Bernard Arnault, en tête. Il constitue à la fois un déni de l’Histoire, une piètre vision du rôle de l’art et la glorification d’une architecture de luxe décontextualisée.

http://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/231014/fondation-vuitton-le-bal-des-courtisans

Un article détonnant qui, fait rare pour être souligné, critique aussi l’architecture du bâtiment, son manque de souci de s’intéger à la ville et  son histoire, sa « manière dont il s’inscrit dans une géographie », car « une architecture est la rencontre entre un territoire et une manière de construire, entre une topographie et une pensée. »

Quelques extraits :
« Depuis le mois de septembre, les articles se succèdent pour encenser l’écrin qui abritera la collection d’art de Bernard Arnault, le puissant patron de LVMH et la première fortune française. Le feu d’artifice s’est poursuivi avec la présentation officielle à la presse du musée, et la soirée d’inauguration, lundi 20 octobre, en présence du président de la République et d’un parterre de stars, dans une « ambiance festival de Cannes ». (…) Rien d’étonnant à ce que seuls Arrêt sur images, le Canard enchaîné et quelques émissions de Radio France, c’est-à-dire des médias exempts de publicité, portent un regard plus distant : LVMH est un des tous premiers annonceurs de France, avec des marques comme (…) »

« La complaisance de la presse française avec les grands projets de Bernard Arnault avait d’ailleurs déjà été flagrante lors de l’affaire (là encore bien racontée par Arrêt sur images) de la plainte de riverains contre les projets de LVHM pour transformer la Samaritaine ».

(…) « ces louanges posent problème. Non seulement parce qu’elles sont à la fois un nouvel épisode des liens intestins entre les journaux français et les grandes figures du capitalisme français, et la dernière manifestation d’une presse exsangue dont les départements commerciaux ne peuvent se passer d’un des plus importants annonceurs de France. Mais aussi parce que cette célébration unanime piétine à la fois l’histoire, la géographie et l’avenir ».

« L’entre-soi de la puissance, du luxe et de la défiscalisation
La géographie malmenée est celle liée à la nature du travail de Frank Gehry : une architecture puissante mais décontextualisée, qui s’impose au territoire sur lequel elle se pose, et est immédiatement identifiable (…)  indépendamment des lieux où elle s’installe»

« Mais la quasi-totalité de ces papiers qui se concentrent sur l’enveloppe de verre ne s’intéressent guère à la nature profonde de l’architecture de Gehry ni à la manière dont elle s’inscrit dans une géographie. Une architecture est pourtant d’abord la rencontre entre un territoire et une manière de construire, entre une topographie et une pensée. »

« (…) que doit-on penser de l’exposition que le centre Pompidou consacre, au même moment, à l’architecte star ? N’est-il pas problématique que le co-commissaire de cette exposition financée par un musée public, Frédéric Migayrou, soit parallèlement responsable pour la fondation Vuitton d’une exposition temporaire dédiée à la construction du bâtiment du même Gehry ?  »

« Dans une tribune courageuse publiée sur Mediapart, (http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/201014/lart-nest-il-quun-produit-de-luxe ) des artistes, critiques, écrivains et philosophes d’envergure viennent de dénoncer ces noces dangereuses du luxe et de l’art contemporain, et l’usage qu’en font les grandes figures de l’industrie française, qui ne sont « mécènes » que lorsque cela sert, in fine, leurs intérêts et leur portefeuille. « Ni monsieur Pinault ni monsieur Arnault ne perdent un centime dans les arts, écrivent les signataires. Non seulement ils y défiscalisent une partie des bénéfices qui ne se trouvent pas déjà dans quelque paradis fiscal, mais ils acquièrent eux-mêmes, pour plus de profit, des salles de ventes, et ils siphonnent l’argent public pour des manifestations qui ne visent qu’à faire monter la cote de la poignée d’artistes sur lesquels ils ont provisoirement misé. (…) Ils faussent le marché en s’appropriant tous les maillons de sa chaîne, en cherchant à faire et défaire des gloires. En un mot, ils spéculent, avec la collaboration active des grandes institutions publiques, qui échangent faveurs contre trésorerie. »

27/10/2014

Tour Triangle : un vote décisif

Christine Nedelec

pour Le Collectif Contre la Tour Triangle

La délibération concernant la tour Triangle au Conseil de Paris des 17 et 18 novembre pourrait mettre en péril sa construction. En effet, le déclassement de la parcelle sur laquelle la société Viparis, filiale d’Unibail-Rodamco, doit construire la tour, sera soumis au vote. L’approbation des élus pour ce déclassement est une des conditions nécessaires au lancement des travaux et elle est loin d’être acquise… ce qui permettrait à Madame Hidalgo d’enterrer le projet sans désavouer son prédécesseur, Bertrand Delanoë, fervent défenseur de cette nouveauté architecturale.
Il se pourrait que le promoteur Viparis ne soit, au final, pas mécontent non plus, le marché parisien des bureaux n’étant guère florissant et les tours de bureaux de la Défense désertées.
Dans un ultime effort de médiatisation et de défense de ce projet contesté, Jacques Herzog, l’un de ses architectes, donne une conférence publique au Pavillon de l’Arsenal le 30 octobre. Dans son texte de présentation, on trouve des perles telles que celles-ci :
« La calibration précise de sa volumétrie favorise son insertion et vise à limiter l’impact du bâtiment sur son environnement. Sa forme triangulaire a deux fonctions ; elle conserve de généreux angles de vue du ciel pour les riverains et elle réduit, tel un cadran solaire, la projection d’ombres sur les bâtiments avoisinants. 

(…)
 Triangle deviendra ainsi l’un des lieux majeurs de Paris. Il recréera un espace urbain fort  pourra percevoir le panorama urbain et apparaîtra comme une silhouette remarquable dans le système d’axes et de monuments de la ville, tel un signal en plein cœur du Parc des Expositions. »
C’était déjà le programme que devait réaliser la Tour Montparnasse en son temps, tout le monde en connait le calamiteux résultat!
Bis repetita placent…
N’hésitez pas à écrire à vos conseillers d’arrondissements, maires, ou amis politiques contre ces projets de tours dont l’absurdité écologique, économique, urbanistique et collective devient évidente pour tous.

C.N.

22/10/2014

Modification du Plan local d’urbanisme: quel enjeu ?

Un billet de François Loyer

La révision du PLU intervient à un an de la création du Grand Paris et on peut se demander pourquoi. La Ville de Paris joue perso dans cette affaire, en essayant de faire passer ses projets de densification sur le territoire actuel de la commune, avant que les données ne soient totalement modifiées par l’élargissement à l’échelle de l’agglomération. La présentation du PLU qui est faite à cette occasion semble pour le moins orientée : à trop vouloir simplifier les choses, elle néglige les étapes successives et contradictoires d’un débat qui dure depuis plus d’un demi-siècle sur le Paris de demain.

Vues Samar - St Eustache par Jan

 

Rédigé en 2001 et approuvé en 2006, l’actuel PLU a succédé au POS de 1977 (appliqué par anticipation dès 1974). Ce dernier avait mis fin  aux dérives de l’ancien PUD de 1962, approuvé en 1968 (c’est celui qui a permis la rénovation « table-rase » des arrondissements extérieurs, ainsi que l’opération Halles).

Depuis trente ans, à l’inverse, les constructions nouvelles se sont efforcées de respecter le contexte en limitant la hauteur et la densité des constructions. S’il ne conservait pas le bâti en tant que tel, l’ancien POS avait l’ambition de maintenir la typologie des édifices et la forme urbaine de Paris – particulièrement, en combattant l’émergence de constructions nouvelles au-dessus de la ligne de ciel (celle-ci strictement définie par l’application d’un « plafond de hauteur »respectant les anciennes traditions réglementaires).

Au départ le PLU de 2001, voulu par la nouvelle municipalité, affichait lui aussi des ambitions patrimoniales, bientôt balayées par une vision utilitariste de la densification des dents creuses et autres parcelles insuffisamment occupées (dont toute une part du bâti populaire des arrondissements extérieurs). La Ville a fait le choix du logement plutôt que de la dé-densification et de la création d’espaces verts. Les révisions effectuées, depuis, ont accentué ce tournant radical – notamment, le relèvement du plafond de hauteur de 25 m à 38 m dans les tissus « constitués » (là où tout est bâti ou presque, depuis souvent plus d’un siècle). Le « rideau de douche » (*) de la rue de Rivoli en est la parfaite illustration. Attendons-nous à voir se multiplier les champignons dans le ciel de Paris, comme ils s’étaient multipliés dans les années soixante !

L’élargissement du plan d’urbanisme à l’agglomération, en libérant d’énormes surfaces de constructions à l’extérieur du périphérique, pourrait bien mettre en cause cette course à la hauteur et à la folle densité, qui ne peut à terme que détruire Paris.

FL

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(*) Le projet LVMH pour la Samaritaine. NDLR.

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