22/10/2014

Modification du Plan local d’urbanisme: quel enjeu ?

Un billet de François Loyer

La révision du PLU intervient à un an de la création du Grand Paris et on peut se demander pourquoi. La Ville de Paris joue perso dans cette affaire, en essayant de faire passer ses projets de densification sur le territoire actuel de la commune, avant que les données ne soient totalement modifiées par l’élargissement à l’échelle de l’agglomération. La présentation du PLU qui est faite à cette occasion semble pour le moins orientée : à trop vouloir simplifier les choses, elle néglige les étapes successives et contradictoires d’un débat qui dure depuis plus d’un demi-siècle sur le Paris de demain.

Vues Samar - St Eustache par Jan

 

Rédigé en 2001 et approuvé en 2006, l’actuel PLU a succédé au POS de 1977 (appliqué par anticipation dès 1974). Ce dernier avait mis fin  aux dérives de l’ancien PUD de 1962, approuvé en 1968 (c’est celui qui a permis la rénovation « table-rase » des arrondissements extérieurs, ainsi que l’opération Halles).

Depuis trente ans, à l’inverse, les constructions nouvelles se sont efforcées de respecter le contexte en limitant la hauteur et la densité des constructions. S’il ne conservait pas le bâti en tant que tel, l’ancien POS avait l’ambition de maintenir la typologie des édifices et la forme urbaine de Paris – particulièrement, en combattant l’émergence de constructions nouvelles au-dessus de la ligne de ciel (celle-ci strictement définie par l’application d’un « plafond de hauteur »respectant les anciennes traditions réglementaires).

Au départ le PLU de 2001, voulu par la nouvelle municipalité, affichait lui aussi des ambitions patrimoniales, bientôt balayées par une vision utilitariste de la densification des dents creuses et autres parcelles insuffisamment occupées (dont toute une part du bâti populaire des arrondissements extérieurs). La Ville a fait le choix du logement plutôt que de la dé-densification et de la création d’espaces verts. Les révisions effectuées, depuis, ont accentué ce tournant radical – notamment, le relèvement du plafond de hauteur de 25 m à 38 m dans les tissus « constitués » (là où tout est bâti ou presque, depuis souvent plus d’un siècle). Le « rideau de douche » (*) de la rue de Rivoli en est la parfaite illustration. Attendons-nous à voir se multiplier les champignons dans le ciel de Paris, comme ils s’étaient multipliés dans les années soixante !

L’élargissement du plan d’urbanisme à l’agglomération, en libérant d’énormes surfaces de constructions à l’extérieur du périphérique, pourrait bien mettre en cause cette course à la hauteur et à la folle densité, qui ne peut à terme que détruire Paris.

FL

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(*) Le projet LVMH pour la Samaritaine. NDLR.

20/10/2014

Aujourd’hui, j’ai honte d’être architecte…

 

Luc Dupontpar Luc Dupont

le 16 octobre 2014

 

(La cour administrative d’appel de Paris a autorisé jeudi 16 octobre la reprise du chantier de rénovation du grand magasin de la Samaritaine, c’est-à-dire la poursuite de la destruction des immeubles anciens)

 Paris, qui pouvait encore constituer une fierté pour notre pays, sa culture, sa diversité, ses échanges… devient la vulgaire proie de quelques lobbies affairistes.

En son cœur, à sa périphérie, se développent d’immondes projets, carcasses d’acier ou de béton, vulgaires, mal conçues, sans beauté ni constructive ni architecturale, et qui coûtent si cher aux contribuables, puisque nous ne parlons plus d’habitants.

La ville, bien communautaire par essence, est devenue le terrain de chasse des promoteurs, ou des politiques qui se substituent à eux, pour construire, à la place de dix immeubles, un bloc administratif, commercial, voire prétendument social. L’essence de la ville, autrefois terreau de la démocratie, de la multiplicité des acteurs et de leurs propositions, est devenue le champ de bataille de quelques grands groupes d’influence qui, à force d’argent, public ou privé, se disputent la mainmise sur les habitants, leurs biens, leur pensée même… Ils achètent les terrains, effacent les parcelles, et créent des « ensembles » spéculatifs, qui, poussés aux extrêmes, deviennent des « gated communities ».

C’est une honte pour moi de voir quelques-uns prétendre nous représenter (sans nous consulter), l’Académie d’Architecture, le Conseil National de l’Ordre des Architectes, des groupes d’architectes orgueilleux et affairistes groupés en pétitions, pour nier à ce point la ville, son histoire, ses éléments constitutifs, au nom d’une « modernité » qui est devenue une arme vengeresse, culpabilisante et totalement idéologique, pour détruire et reconstruire à sa guise, selon ses petits fantasmes.

Ces personnes s’inscrivent à merveille dans un capitalisme affairiste débridé, qui vise à produire des objets puérils, précaires, renouvelables tous les vingt ans, quand ils ne sont pas périmés avant d’être terminés. Cela est souvent le cas aujourd’hui. « Il faut absolument être moderne » ? Aujourd’hui, il ne faut absolument plus être modernes, ou alors il faut redéfinir le sens de ce mot; la phrase a été vidée de son sens ; elle est devenue propagande et marketing.

Aucune de ces personnes qui poussent des cris d’orfraies quand un bâtiment « moderne » choque les habitants n’a développé une quelconque réflexion urbaine, étant entendu que l’architecture n’a en fait aucune importance, et que ce qui compte, c’est la « ville » ! Or, qu’advient-il aujourd’hui, de la ville ? Les mêmes architectes sont à l’origine des quartiers morbides de Tolbiac-Masséna, des Batignolles, etc. Plus personne ne dessine de la ville ; on dessine des « blocs », même pas agencés entre eux. Quand j’ai dessiné une proposition urbaine appliqué au quartier des Batignolles, je me suis entendu dire que « les promoteurs n’en voudraient pas » !

Que disent-ils sur la ville ceux qui la font aujourd’hui? À ma connaissance, rien. En dehors de quelques questions formelles, parlent-ils de la propriété du foncier, de son prix, de la division parcellaire, des éléments historiques constitutifs de la ville, des espaces publics, de la pluralité sociale et fonctionnelle des quartiers, etc. ? Non, l’œil en coin (1), ils surveillent l’approbation du promoteur, dont Emir Kusturika nous disait déjà que son souhait évident était de détruire la ville (pour la reconstruire à l’infini et multiplier ses profits)… Que pensent-ils de toute cette superstructure administrative et commerciale qui gère les bâtiments et les espaces extérieurs, leur entretien, leurs charges, sans contrôle des habitants, et à leurs dépens financiers ? Qui paye aujourd’hui les rues trop larges, les « espaces de nature » surdimensionnés, la quincaillerie urbaine proliférante? Le principe de la ville ne consiste-t-il pas à grouper les habitants et à minimiser les frais communs ?

Nous sommes dans une surenchère où chacun, pour gagner sa croûte, oublie l’intérêt commun et défend sa propre peau. La rivalité bat son plein ; chacun promet demain un monde meilleur, une architecture différente. Il est évident que tout ceci est mensonger, et frise le ridicule.

Pour terminer, je reviendrai un instant sur la polémique suscitée par le bâtiment de SANAA rue de Rivoli. Lequel, parmi les architectes cités plus haut, s’est rendu à la conférence en 2011 organisée par Jean-François Cabestan sur ce sujet, en présence de Madame Sejima (SANAA) (2) ? À ma connaissance, aucun. J’y étais. J’ai pris la parole plusieurs fois, questionné Madame Sejima, en toute amabilité. Si je n’ai pas eu les réponses à mes questions, j’ai pu les énoncer. Nous aurions gagné à être plus nombreux, et à écouter les très belles interventions de Bruno Reichlin et Alexander Tzonis sur la ville, son histoire, son archéologie.

 

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( 1) Visionner la conférence « La hauteur à Paris » du 29 octobre 2003 sur le site du Pavillon de l’Arsenal
( 2) Les japonais accordent traditionnellement la plus haute importance aux objets et bâtiments anciens, qu’ils entretiennent et réparent avec le plus grand soin. Leur âge, leur patine, ne font qu’accroître leur valeur à leurs yeux. C’est en partie pour cela qu’ils aiment Paris. Il est navrant qu’une architecte japonaise n’en ai pas tenu compte…

16/10/2014

Samaritaine : la cour d’appel a ordonné le sursis à exécution du jugement annulant le permis de construire

La cour administrative d’appel de Paris a ordonné, ce jeudi 16 octobre, le sursis à exécution du jugement annulant le permis de construire, suspendant ainsi les effets du jugement prononcé par le tribunal administratif de Paris le 13 mai dernier, en attendant que soit étudié l’appel de la Mairie de Paris et du groupe LVMH contre son annulation.

 

... à droite, le Louvre... Photo Harold Hyman

… à droite, le Louvre… Photo Harold Hyman

 

Ce permis de construire concerne la construction d’un bâtiment neuf de style contemporain, rue de Rivoli, et a été annulé à la suite d’un recours déposé par la Société pour la protection des paysages et de l’esthétique de la France (SPPEF) et SOS-Paris.

Le communiqué de presse de la cour administrative précise: « Cet arrêt ne préjuge pas de la décision qui sera rendue par la Cour sur le fond de l’affaire. Il rend possible une reprise des travaux dans l’attente de cette décision au fond, sachant que ceux-ci devraient bien entendu prendre fin en cas de confirmation de l’annulation du permis  de construire prononcée par le tribunal administratif. Les requêtes au fond seront examinées par la Cour administrative d’appel de Paris, siégeant en formation plénière, le 5 décembre prochain. »

Revue de presse :

Le chantier de la Samaritaine pourra reprendre
Le Monde
16/10/2014
« En première instance, les juges avaient estimé que, malgré ses qualités architecturales, le projet ne s’insérait pas dans le quartier, plutôt homogène et principalement constitué d’immeubles de pierre de taille. »
Lire : http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/10/16/la-justice-autorise-la-reprise-du-chantier-de-la-samaritaine_4507255_3224.html

Samaritaine : le chantier va pouvoir reprendre au moins temporairement
Les Échos
« Nouveau rebondissement dans le feuilleton du chantier de rénovation de la Samaritaine (…) Le 13 mai 2014, le tribunal administratif avait annulé le permis de construire concernant « l’Ilot Rivoli », au motif que la façade contemporaine prévue sur la célèbre artère ne satisfaisait « pas aux prescriptions » du plan local d’urbanisme et apparaissait « dissonante » par rapport aux autres bâtiments de la rue de style haussmannien. Cette décision faisait suite à la plainte, en février 2013, de deux associations de sauvegarde du patrimoine, la Société pour la protection des paysages et de l’esthétique de la France (SPPEF) et SOS Paris, épaulées par des riverains, qui avaient déposé auprès du tribunal administratif de Paris un recours contre les deux permis de construire pour la Samaritaine (le second concernant « l’Ilot Seine », a lui été validé par la justice en avril dernier). La mairie de Paris et LVMH avaient fait appel du jugement. Les architectes s’étaient de leur côté insurgé contre une décision fondée selon eux sur des critères « purement subjectifs ».
Lire : http://www.lesechos.fr/industrie-services/conso-distribution/0203863996305-samaritaine-le-chantier-va-pouvoir-reprendre-au-moins-temporairement-1054333.php

Le chantier de la Samaritaine peut enfin reprendre
Libération
« Mi-mai, le tribunal administratif avait estimé que la juxtaposition du nouveau bâtiment prévu par LVMH (propriétaire du lieu), plus particulièrement sa façade ondulante exclusivement réalisée en verre, et d’immeubles parisiens en pierre, «variés mais traditionnels», apparaissait «dissonante».
Il était saisi par deux associations, la Société pour la protection des paysages et de l’esthétique de la France (Sppef) et SOS Paris qui s’inquiétaient de la transformation du bâtiment et du respect des règles d’urbanisme. » (…)
Lire : http://www.liberation.fr/societe/2014/10/16/le-chantier-de-la-samaritaine-peut-enfin-reprendre_1122974

Samaritaine : le chantier va pouvoir reprendre au moins temporairement
Le Point
« Un patrimoine architectural exceptionnel
La Société pour la protection des paysages et de l’esthétique de la France (SPPEF) et SOS Paris s’opposent à la démolition d’immeubles des années 1850. Surtout, les associations pestent contre la rénovation d’un mur rue de Rivoli, qui prévoit la construction d’une « façade de verre ondulé ». En 2011, la commission du Vieux Paris y va elle aussi de son avis et souligne « l’importance historique et géographique que revêt la rue de Rivoli dans l’urbanisme parisien ». Bref : pas question de casser les caractéristiques architecturales et ornementales qui font le charme de la rue. » (…)
Lire http://www.lepoint.fr/justice/paris-les-travaux-de-la-samaritaine-peuvent-provisoirement-reprendre-16-10-2014-1872991_2386.php

Rappel de l’affaire : http://wp.me/p2z3lR-of

M.K.

14/10/2014

Samaritaine : le mépris ou la haine ?

Par Christine Nedelec

Reprise des démolitions ou victoire des associations de protection du patrimoine ? Le verdict de la procédure d’appel sera connu le 16 octobre, mais SOS Paris autant que la SPPEF, restent confiants. La justice nous a déjà donné raison par son rejet au mois de mai des requêtes du rapporteur public. Pourquoi céderait-elle aujourd’hui aux pressions, à la plaidoirie du rapporteur public pour un sursis à exécution et la suspension de l’annulation du permis de construire avant même le jugement au fond ?  Pourquoi prendrait-elle le risque de se désavouer?

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Il faut rappeler l’intense campagne de dénigrement qui a suivi la victoire de nos associations de protection du patrimoine, SPPEF et SOS Paris dans notre procès contre la destruction de l’îlot Rivoli de la Samaritaine. Cette virulence était à la mesure de la puissance des groupes de pression, qu’ils soient architectes, constructeurs, politiques  ou issus du grand monde des affaires. Elle a trouvé à s’épancher sur toutes les autoroutes des médias qui leur sont acquis. Un tel déferlement de haine et de mensonges est pourtant révélateur de la menace que nous représentons, en tant que voix du peuple et de la sagesse.

Nous pouvons être fiers de notre résistance d’irréductibles, juges, intellectuels et associations, soucieux et garants de l’intérêt général, face à tous ces Goliath.

Mais ce jugement inespéré est en appel, le verdict du 16 octobre nous dira si la suspension des travaux (de destruction) est maintenue.  Nous l’espérons puisqu’à ce jour rien de ce projet bien controversé n’a été modifié et surtout pas la rupture architecturale qu’il incarne et consomme.

Que penser de l’immense succès des Journées Européennes du Patrimoine qui vient parfaitement à point contredire les fausses bonnes idées de modernisation du cœur de Paris… Quand serons-nous entendus, écoutés et suivis par ceux à qui nous laissons imprudemment tant de pouvoir?

Aujourd’hui, il nous faut solliciter votre aide financière et votre relais auprès de vos amis et sur vos réseaux sociaux: ce ne sera qu’avec vous et avec des moyens multipliés que nous pourrons espérer gagner ce combat et avec lui, le respect de l’harmonie de Paris.

C.N.

Voir en complément les sites documentés de la SPPEF, de la Tribune de l’Art et du Collectif Samaritaine, notamment l’article de Didier Rykner : La Samaritaine : une question architecturale ou de liberté de la presse…

http://www.sppef.fr/2014/09/09/samaritaine-quand-les-lecteurs-de-la-presse-se-rebelent/

http://www.latribunedelart.com/la-samaritaine-une-question-architecturale-ou-de-liberte-de-la-presse

http://www.collectif-samaritaine.fr/

14/10/2014

Une friche à la place de l’ancienne bâtisse du 83bis rue Philippe de Girard (18ème)

Plus d’un an après la démolition du 83bis rue Philippe de Girard, dans le 18ème arrondissement, une friche a remplacé l’immeuble faubourien de l’ancien village de la Chapelle qui n’a pas pu être sauvé malgré la mobilisation des habitants, des associations telles que Cavé Goutte d’Or ou Sauvegarde et Mise en valeur du Paris historique et encore malgré l’avis de la Commission du Vieux Paris.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA Si l’immeuble mitoyen, une bâtisse Restauration, a bien été réhabilité, il semble désormais bien seul et étrange, noyé bientôt dans un cadre hors contexte et ignorant de l’histoire.

Rappel de l’affaire sur le site du Cavé Goutte d’Or et de Paris Historique.

 

OLYMPUS DIGITAL CAMERAPour se rendre compte de la situation du quartier : angle de la rue Philippe de Girard et rue du Département.

Voir plus de photos et des détails sur la page que nous avons consacré au sujet : http://wp.me/P2z3lR-wh

 

 

 

03/10/2014

Lac Daumesnil : une faune affamée !

 

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Les cygnes cherchent à se nourrir avec une frénésie d’affamés. © SOS Paris

Le Lac Daumesnil (12ème arrondissement) et ses abords abritent une faune riche et variée qui suscite l’admiration et l’attachement des habitués ou des visiteurs occasionnels, des promeneurs du dimanche, des joggers, cyclistes et autres sportifs… Cette présence forte de la nature contribue au bien-être du quartier et même des Parisiens dans leur ensemble. Des cygnes, des bernaches du Canada, des poules d’eau, des canards colverts et bien d’autres espèces composent les populations domiciliées dans cet environnement.

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Selon nos informations, cette faune était alimentée en grains fournis par la Ville, jusqu’à très récemment. Puis ce service des préposés de la ville a soudainement cessé, selon des témoignages de habitués du lac. Les oiseaux sont aujourd’hui abandonnés et « affamés »…

À propos du Lac Daumesnil, rappelons que la Maire de Paris a répété son intention d’y amenager une plage.

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Les photos ci-dessus permettent d’imaginer ce que le cadre existant, typique d’époque du lac Daumesnil gagnerait à être transformé en plage !

 

03/10/2014

Samaritaine: suspension de l’annulation du permis de construire et reprise des démolitions ou victoire des associations: verdict le 16 octobre

 Malgré la plaidoirie du rapporteur public qui demande la suspension de l’annulation du permis de construire, nous restons confiants, la justice nous a déjà donné raison en rejetant en première instance, les requêtes du rapporteur public. Pourquoi céderait-elle aux pressions et se désavouerait-elle ?

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Nos lecteurs ont suivi pendant des mois les différents épisodes de l’affaire Samaritaine qui a opposé notre association, associée à la SPPEF, au groupe LVMH. Le 13 mai dernier, le tribunal administratif avait annulé le permis de construire de la partie côté rue de Rivoli  du gigantesque chantier de rénovation de la Samaritaine, et on pouvait lire dans le texte du jugement « (…) eu égard à la nature et à la destination de cet immeuble (…) les requérants sont fondés à soutenir que le projet, sur l’artère où il est implanté, ne satisfait pas aux prescriptions du plan local d’urbanisme ».

Rappel du jugement :

http://sosparisblog.wordpress.com/2014/05/13/annulation-du-permis-de-construire-de-la-samaritaine/

LVMH a fait appel de cette décision et en attendant l’examen sur le fond, elle a  demandé un sursis à exécution. L’appel n’étant pas suspensif, le sursis demandé, s’il était accordé, permettrait que les effets du jugement du tribunal administratif ne prennent pas effet immédiatement. Il reviendrait à suspendre l’annulation du permis de construire ordonné par le jugement du 13 mai 2014, et permettrait la poursuite des travaux sans attendre la décision sur le fond de l’affaire.

Hier, le 2 octobre, le rapporteur public de la cour administrative d’appel de Paris, Sonia Bonneau-Mathelot, s’est prononcée pour la suspension de l’annulation de ce permis de construire de la Samaritaine. Lors de la procédure, elle s’est référée au « contexte médiatique passionné »  du dossier, invitant la cour à le « dépassionner ». « Il ne vous appartient pas de vous ériger en juge du bon goût » a-t-elle déclaré. Sonia Bonneau-Mathelot s’est appliquée à remettre en cause l’homogénéité architecturale de l’environnement existant du projet dans le cœur historique de Paris et a affirmé que le bâtiment prévu à la façade en verre ondulé (appelé « rideau de douche » par les associations de défense du patrimoine), « ne paraît pas trancher avec le tissu existant ».
Selon l’avocat de la SPPEF, Maître Arnaud de Chaisemartin, « le sursis à exécution revient à délivrer un permis de démolir, démolir ce qui reste à démolir ». La décision est mise en délibéré au 16 octobre.

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Samaritaine : rappel de l’affaire

http://sosparisblog.wordpress.com/2014/04/13/samaritaine-sos-paris-interviewe-par-lafp/

27/09/2014

Commission du Vieux Paris : nominations

Anne Hidalgo a annoncé la nomination de Bernard Gaudillère au poste du président de la Commission du Vieux Paris, le renouvellement de la majorité de ses membres, au nombre desquels elle  ajoute 40 personnalités qualifiées. Ces nouveaux membres seront choisis dans un souci de parité femmes/hommes, tout en tenant compte de leur compétences en matière de patrimoine et d’architecture. Anne Hidalgo a annoncé en même temps l’élargissement des missions de la Commission avec la consultation « en amont des grands projets patrimoniaux » et « en la chargeant de travaux portant sur des thématiques liées aux grandes orientations » du programme de sa mandature.

Bernard Gaudillère, diplômé de l’ENA, haut fonctionnaire de l’Etat, a occupé de nombreux postes au sein de divers organismes publics (cabinet du secrétaire d’Etat aux DOM-TOM, cabinet au secrétariat d’Etat au Budget…). Élu Conseiller de Paris du 10e arrondissement en mars 2008, il a été chargé du budget, des finances et du suivi des sociétés d’économie mixte. À compter de février 2013, il a été chargé de toutes les questions relatives au budget, aux finances, au suivi des sociétés d’économie mixte et à l’organisation et au fonctionnement du Conseil de Paris (2008-2014). Il a été Président de la Société d’Exploitation de la Tour Eiffel (Sete) dont il est toujours membre du Conseil d’administration. Il a été également membre de l’équipe de campagne d’Anne Hidalgo.

Enfin, Anne Hidalgo a tenu à répondre à l’inquiétude exprimée ces derniers mois à ce sujet, en assurant avec force son désir de préserver et même renforcer le rôle d’une commission dont ni le nom, ni les statuts, ni la mission seront remis en cause.

27/09/2014

Plan Local d’Urbanisme (PLU) : l’heure des consultations avant modification

Vues Samar - St Eustache par Jan
Comme annoncé depuis quelques mois, la Ville de Paris engage la modification du Plan Local d’urbanisme (PLU).

La dernière revision du PLU date de 2006 et la version qui sera approuvée prochainement devra permettre à l’adapter aux objectifs fixés par la municipalité qui comprennent des nouvelles constructions.

Le prochain PLU doit comporter un Projet d’aménagement et de développement durable sur basé  les grandes orientations de la Ville à l’horizon de 10 ou 15 ans ainsi qu’un ensemble de dispositions d’urbanisme applicable à chaque terrain public ou privé.

La Mairie rappelle toutefois que la modification du PLU est « de nature de portée limitée, elle doit respecter les orientations contenues dans le Projet d’aménagement et de développement durable et ne peut, par exemple,
ni diminuer une mesure de protection du patrimoine ni modifier le plafond actuel des hauteurs. De la même manière, elle ne peut réduire la surface d’une zone naturelle ou forestière ».

Dans la vision de la Mairie, la ville se transforme et en conséquence le PLU doit être « dans un contexte en évolution permanente ».

Les objectifs de la Mairie, en rapport avec cette modification du PLU sont détaillés dans son communiqué (à télécharger) :

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Des réunions publiques

Dans chaque mairie d’arrondissement, des réunions publiques sont organisées par les directions d’Urbanisme d’octobre en décembre 2014 et tous les habitants, les associations et autres personnes concernées et intéressées puissent être informés et poser des questions. Les dates des réunions sont communiquées par v oie d’affichage dans les mairies et sur internet sur le site dédié à la modification du PLU :

http://www.imaginons.paris

Calendrier des réunions :

http://www.imaginons.paris/comprendre/le-calendrier-de-la-demarche

Une réunion de restitution aura lieu en décembre à l’Hôtel de Ville pour présenter les conclusions de cette concertation et les propositions de  modification du PLU.

Cette nouvelle version du PLU sera soumise à enquête publique au printemps 2015. Ce sera une deuxième occasion pour les Parisiens à s’exprimer et donner leur avis, avant que le texte soit soumis à l’approbation du Conseil de Paris.

24/09/2014

On nous envoie des photos: rue de Lunéville (19e) encore une perspective parisienne condamnée !

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Le « détricotage » du bâti parisien traditionnel continue sans entraves… Angle rue de Lunéville et rue Petit dans 19e : encore un projet immobilier qui méprise son environnement, se contentant de conserver une petite partie du patrimoine qu’il démolit.

 

 

 

22/09/2014

Projet pour un Musée des transports à Paris

Le Collectif pour un Musée des Transports qui réunit les associations Usagers des Transports, Sauvegarde de la Petite Ceinture et SOS Paris propose que la Ville de Paris se dote d’un Musée vivant des Transports à l’instar des villes comme Londres ou Berlin. L’objectif de cette initiative est :

- Renforcer l’attrait touristique de la capitale (300.000 visiteurs au London Transport Museum)

- Mettre en valeur le patrimoine ferroviaire et industriel de la ville

- Offrir une vitrine technologique aux réalisations et propositions innovantes des constructeurs associés (RATP, SNCF) et associations liées aux transports

- Inventer de nouveaux services, respectueux du cadre de vie des habitants et de la nature en ville : touristiques, acheminements maraîchers, balades historiques en voitures à cheval, haltes dans les lieux d’expositions et dans les marchés, offrant une présentation vivante et ludique d’une histoire longue des transports dans notre ville

Le Collectif pour un Musée des transports répond positivement avec ce projet à l’appel du Maire de Paris Anne Hidalgo qui vient d’ouvrir un budget participatif de 20 millions d’euros par an consacrés à des investissements innovants et décidés à partir de 2015, en commun entre les associations, les habitants et les services de la Ville.

Le Collectif a organisé samedi dernier une visite sur les sites pressentis pour ce musée : la Gare frigorifique de Paris-Bercy; la Petite ceinture et les écuries de la Gare d’Austerlitz.

22/09/2014

Un livre et une exposition « Architecture en uniforme »

L’excellente exposition « Architecture en uniforme, projeter et construire pour la Seconde Guerre mondiale » à Cité de l’Architecture et du Patrimoine, basée sur le livre homonyme de Jean-Louis Cohen, a fermé ses portes, le 8 septembre dernier. Notre collaborateur, Harold Hyman lui consacre un article  dans notre rubrique « Autour des expositions » :

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Penser l’architecture dans la guerre
par Harole Hyman

Lire l’article :
http://wp.me/P2z3lR-tI

 

© Photo Harold Hyman

22/09/2014

On nous signale : avenue Sainte Eugénie une démolition porte un coup fatal sur la perspective d’un quartier

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La démolition du 1-3 avenue Sainte Eugénie bouleverse irrémédiablement l’aspect de ce quartier du 15e arrondissement et altère sa perspective, au sens propre comme au sens figuré… Une fois de plus on constate le « grignotage » du cadre parisien traditionnel, le « détricotage » du bâti ancien.

21/09/2014

On nous écrit: un hôtel de 1849 en bon état dans le 11e destiné à la démolition

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Bonjour,
Un ancien hôtel de 1849, en très bon état, au 62 rue Oberkampf 75011, est frappé d’un permis de démolition. L’association « la petite roquette » occupaient les lieux, il y a encore peu de temps. Le panneau «permis de démolir» est là depuis plusieurs mois déjà.

Sans être intrinsèquement un monument historique, cet immeuble a du charme et appartient à l’histoire de Paris. Il s’inscrit parfaitement dans la perspective de la rue.

Je suis profondément attristé par la destruction programmée de ce type de construction témoin de l’époque Louis-Napoléon Bonaparte.

Les fausses bonnes raisons d’aménagement urbain des années 70 circulent toujours. Sous la pression de groupes d’intérêts, d’abominables furoncles « architecturaux » continuent à s’élever avec arrogance dans Paris. L’agence Barrault & Pressacco construira cette prochaine verrue, présentée comme un projet ambitieux en pierre massive, à l’emplacement de ce singulier petit hôtel de 1849.
Que pouvons-nous faire pour empêcher la recrudescence de ces pratiques brutales à l’encontre de notre mémoire et comment stopper la propagation de la laideur ?
Cordialement,

SD

NDLR : Un grand nombre de parisiens se pose ce type de question au quotidien, face à un permis de démolir incongru qui leur apprend que l’environnement qu’ils apprécient, qu’ils aiment et très souvent, qu’ils ont choisi en venant habiter dans tel ou tel quartier parisien, l’aspect urbain qui fait de Paris une ville unique, est dénigré et promis à la défiguration, la disparition… Si vous êtes dans ce cas, écrivez-nous pour exprimer votre sentiment, votre opinion face à la multiplication de projets qui « grignotent » petit à petit le cadre de vie parisien Vous pouvez nous écrire par e-mail (sos.paris@orange.fr), par courrier (103, rue de Vaugirard, 75006 Paris) ou sur notre page Facebook.

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© Photo Harold Hyman

20/09/2014

Projet d’aménagement Cité Jenner: les habitants adressent une lettre ouverte au Maire

L’emplacement de l’espace vert et de l’école Jenner au 90 boulevard Vincent Auriol est visé par un vaste projet d’aménagement, controversé par des riverains. Ils adressent une lettre ouverte au Maire du 13e  arrondissement :

Lettre ouverte au Maire du 13e arondissement

http://wp.me/P2z3lR-uI

 Contributions citoyennes

Jean-Paul Réti : « Disparition d’une école à l’échelle des enfants. La petite école dans la prairie… »

http://wp.me/P2z3lR-vk

28/08/2014

1944 : Paris sauvé aussi grâce à son patrimoine !

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« Je n’ai ni détruit ni incendié leur ville, parce que j’ai voulu épargner cette honte au peuple allemand et ne pas détruire une ville sans motif et tout particulièrement une ville comme Paris qui est le siège de toutes les cultures. »

Général von Choltitz, le 24 mai 1947

(Lettre à une correspondante en Allemagne).

 À l’heure des commémorations de la libération de Paris en 1944, il convient de rappeler une fois de plus, cette page de son histoire, déjà suffisamment connue par la littérature, le cinéma et le théâtre : la désobéissance du général allemand, Dietrich von Choltitz, qui, refusant de mettre à exécution les ordres de Hitler, a sauvé Paris de la destruction.

C’était le 22 août 1944, après l’effondrement du front allemand en Normandie que Hitler ordonnait la destruction de Paris pour qu’il ne soit plus « une ville étape, un réservoir de réfugiés et de pleutres ». Les ordres de Hitler prévoyaient la destruction des ponts et monuments de Paris, la répression impitoyable de toute résistance de la part de la population et le combat dans Paris jusqu’au dernier homme pour créer un « Stalingrad » sur le front Ouest immobilisant plusieurs divisions alliées. Paris devait donc devenir le théâtre d’opérations potentiel. »Paris ne doit pas tomber entre les mains de l’ennemi, ou alors que ce soit un champ de ruines » dixit Hitler.

La célèbre phrase prononcée par Hitler au téléphone  : « Brennt Paris? » - « Paris brûle-t-il ? » est devenue le titre du film de René Clément (dont l’équipe des scénaristes comprend Francis Ford Coppola ) (1966) après avoir été celui du  best-seller de Dominique Lapierre et Larry Collins publié en 1964.

Dietrich von Choltitz avait été nommé gouverneur militaire de la garnison du « Grand Paris » (Groß Paris) le 7 août 1944. Sa nomination lui avait été signifiée par Adolf Hitler en personne lors d’une rencontre à la Wolfschanze, recevant  en même temps, les pouvoirs juridictionnels d’un « commandant de place forte assiégée » (position hiérarchique qui lui garantissait une liberté absolue et le plein pouvoir dont il a pu user lorsqu’il a décidé de désobéir à l’ordre de détruire Paris.). C’était la première et dernière fois que l’officier allemand se trouvait en face du Fürher. Il en fera, plusieurs fois, par la suite, la description d’un être diminué et d’un « fou ».

Le 25 août, après un combat en forme de baroud d’honneur, von Choltitz signe sa réddition devant le général Leclerc à la gare Montparnasse, PC de commandement de Leclerc, en présence du colonel Rol-Tanguy,

Von Choltitz a épargné Paris à cause de sa culture (fils d’une famille noble de Silésie), mais motivé aussi par une perspective bien réaliste : conscient que la destruction de Paris serait inutile et que la guerre serait perdue pour les nazis, il aurait choisi de ménager son avenir de futur prisonnier… Dietrich von Choltitz (1894-1966), comme toute sa génération, avait fait les deux guerres : à l’âge de 13 ans, il a été placé par sa famille à l’école des cadets de Dresde, capitale du Royaume de Saxe. Lors de la Première Guerre mondiale, en 1914, il avait servi à l’âge de 19 ans  et, blessé à trois reprises, il avait atteint le grade de sous-lieutenant. En tant qu’officier de la Wermacht, il avait pris part aux campagnes de Pologne, des Pays-Bas, de Belgique et de Russie et participé à l’extermination des juifs à Sebastolpol. Après sa reddition, il restera prisonnier à Londres jusqu’à 1947, date à laquelle il sera relâché.

Le 24 mai 1947, Dietrich von Choltitz, 3 ans après sa rédition, écrivait à une amie allemande : « Je n’ai ni détruit ni incendié leur ville, parce que j’ai voulu épargner cette honte au peuple allemand et ne pas détruire une ville sans motif et tout particulièrement une ville comme Paris qui est le siège de toutes les cultures. Ce fut une chance pour moi que je me sois rendu chez Hitler peu auparavant, et me trouvant pour la première fois de ma vie en face de lui, je me suis rendu compte que j’avais devant moi un fou, ce qui a naturellement allégé ma conscience de soldat et je n’ai exécuté sous aucun prétexte ses ordres de destruction. « 

Cet épisode de l’histoire a aussi  inspiré la pièce de théâtre de Cyril Gély et le film de Volker Schlöndorff (2014) intitulés : Diplomatie (2014).

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Photo : 26 August 1944 Photographer Jack Downey, U.S. Office of War Information

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