23/02/2015

Thierry Ardisson défend le patrimoine parisien avec son association

C’est l’état désastreux des Arcades de la rue de Rivoli qui a incité Thierry Ardisson à créer son association pour réunir des riverains et tous ceux qui aiment Paris et faire face à la situation. L’ADAR (Association de Défense des Arcades Rivoli) compte dans ses membres fondateurs des célébrités comme Antoine de Caunes, Daphné Roulier, Marc Lavoine et Sarah Poniatowski, Anne Poniatowski, la productrice Anne Marcassus et Maître Rémy Le Fur, commissaire priseur. L’association a aussi le soutien de la Maire de Paris Anne Hidalgo.

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La dégradation de cet espace patrimonial emblématique de Paris face au Louvre et au jardin des Tuileries, à proximité des hôtels Meurice, Saint James and Albany, le célèbre salon de thé Angelina ou la très select librairie Galignani, la différence du traitement entre la rue Saint-Honoré et la rue de Rivoli, suscitent l’indignation des parisiens qui habitent ou travaillent dans ce quartier. Et certainement, la goûte qui a fait déborder le vase est l’arrivée des fast-food et kebabs sous les Arcades !

Thierry Ardisson signale notamment que :

• Les trottoirs (dont les réfections sont à la charge des propriétaires) sont souvent défoncés et sans aucune unité de revêtement. On est loin des mosaïques qui donnaient aux Arcades un cachet si particulier…
• Les plafonds, recouverts de crasse et de toiles d’araignées, sont honteux dans un site patrimonial de cette importance.
• Les boutiques, outre le fait qu’elles empiètent sur les trottoirs bien au-delà de la limite légale, sont généralement dédiées à des commerces bas-de-gamme, souvenirs de Paris made in China, fast-foods, alors que la rue Saint-Honoré connaît un remarquable essor !

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Thierry Ardisson exprime le souhait de voir les commerces de souvenirs et de fast-foods quitter les Arcades pour être remplacés par d’autres, « dignes de ce lieu« . Dans un article que lui consacre Paris-Match, il précise que ce n’est pas l’installation des boutiques de luxe qu’il souhaite et affirme « Avant, ces arcades étaient destinées aux petits marchands d’art, aux antiquaires et aux souvenirs de qualité. C’est dans cet esprit que nous voulons les faire revivre aujourd’hui« .

L’animateur de télévision n’est pas à son premier acte militant de ce type. Il y a quelques jours, il confiait au Point : « Moi qui n’ai toujours milité que pour moi-même, j’ai découvert l’action collective quand, avec mes amis ornais, nous avons empêché l’activité de la plus grande déchetterie d’Europe que l’État a laissé se construire à quelques kilomètres du haras du Pin, joyau équin exceptionnel ! »

Petit rappel historique :  la rue de Rivoli est située sur l’emplacement de l’ancienne rue des Fossés-Saint-Germain-l’Auxerrois. Initialement rue Impériale (elle porte le nom d’une ville de victoire de Napoléon), elle a été dessinée par les architectes Percier et Fontaine en 1801. La construction de la partie de la rue de Rivoli qui contient les Arcades a duré de 1806 à 1835.

Thierry Ardisson aime Paris. Nous ne pouvons nous empêcher de relever ici, avec quelque malice, ses propos dans Paris-Match concernant la vue depuis chez lui : « D’un côté, j’ai la vue sur la sublime Tour Eiffel, et de l’autre sur l’immonde tour Montparnasse. Ce contraste me rappelle chaque jour qu’il faut se battre pour préserver les belles choses. »

Protéger l’architecture et le cadre de vie de ce lieu parisien unique est une noble cause et nous souhaitons vivement à cette jeune association de réussir ses objectifs !

MK

21/04/2015

Paris et Londres même combat contre les projets irrationnels et démesurés !

Create streets est une organisation sociale non partisane et un Institut de recherche indépendant qui se concentre sur l’environnement bâti. Create streets (« Créer des rues« ) défend la construction des maisons de ville, sur rue, des maisons avec appartements, plutôt que des immeubles complexes à plusieurs étages. L’article que nous avons choisi de signaler ici s’intitule : « London deserves better than this Why we’re building the wrong buildings in the wrong places » (« Londres mérite mieux que ça – Pourquoi nous construisons des mauvais immeubles aux mauvais endroits »).

Londres

Paul Murrain, son auteur, écrit : « Il n’y a rien qui illustre mieux la nivellement par le bas dans l’évolution de Londres que les deux tours de verre, résidentielles, de 50 étages, à l’extrémité Sud du Blackfriars Bridge.  Pourquoi 50 étages ? Quelle en est la raison ? D’où cela vient-il ? Est-ce-qu’un aménageur l’a joué à pile ou face ? »

Paul Murrain est un éminent designer urbain avec 30 ans d’expérience mondiale. Il a été maître de conférences au Joint Centre for Urban Design à Oxford, professeur invité à l’Université de Greenwich et directeur du design senior à la Prince’s Foundation pour l’environnement bâti.

L’article (en anglais) peut être téléchargé en PDF sur ce lien :

London deserves better by Paul Murrain

Le site de Create Streets : http://www.createstreets.com/home/4579560001

Le site fournit aussi une liste non exhaustive des associations et collectifs, anciens ou nouveaux, qui ont une présence sur les médias sociaux, et qui défendent un meilleur développement ou s’opposent à des projets démesurés controversés, aussi bien au centre ville que dans le Grand Londres :

http://www.createstreets.com/community/4587641871

Parmi eux, à signaler ici, The Skyline Campaignhttp://www.skylinecampaign.org/

03/04/2015

Île-de-France : d’où vient son nom ?

Après la diffusion cette semaine d’une belle émission entièrement consacrée à lÎle-de-France sur France 3, dans Des racines et des ailes : L’Île-de-France ne se résume pas à Paris, la question sur l’origine du toponyme semble d’actualité.

Château de Dampierre

Château de Dampierre

Le terme « Île-de-France » n’est pas un nouveau mot composite  pour désigner une division administrative de l’ère moderne, mais nous vient directement du Moyen-Age. C’est vers 1387 que Jean Froissart (1333- v. 1405) évoque dans ses « Chroniques » le terme « Île-de-France » pour remplacer le traditionnel « pays de France »  utilisé pour nommer la province dont la ville première est Paris, capitale des rois Francs. Cet auteur, un des chroniqueurs les plus lus du 14e siècle, fournit la première source écrite du nom de la région. Aujourd’hui, issue du domaine royal constitué depuis le 10ème siècle par les rois Capétiens, la région Île-de-France actuelle en reprend les contours.

Si on comprend facilement que le mot « France » fait référence aux Francs, en revanche « île » ne semble pas avoir d’explication évidente. Selon une première hypothèse, il semblerait évoquer une île car la région et cernée par des fleuves : on doit traverser l’eau pour accéder en Ile-de-France. Il s’agit bien de la Seine, de la Marne et de l’Oise auxquelles s’ajoute l’Epte, au Nord, qui a, depuis toujours, établi la frontière avec la Normandie. (…)

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Villarceaux

Villarceaux

29/03/2015

Le projet de la Samaritaine – l’érosion lente du caractère de Paris

Par Daniel Morales
architecte
 
Il est difficile de croire que ceci se passe à Paris, parce que le plan de masse du projet qui doit remplacer les bâtiments détruits de la Samaritaine est à peine différent de l’original, au contraire de ce qui se passe à Washington où toujours plus de hauteur est réclamée. 
Le projet pourrait être excusable s’il s’agissait d’un site marquant comme le Centre Pompidou, mais dans le tissu de la rue de Rivoli, la dissonance est bien plus apparente. C’est le goutte-à-goutte de l’érosion du caractère de la ville, qui pourrait apparaître peu important s’il se produisait ici et là, mais qui atteint un point de basculementlorsque l’âme d’un lieu disparaît, comme cela est arrivé à tant de centres-villes américains.
 
... à droite, le Louvre... Photo Harold Hyman

… à droite, le Louvre… Photo Harold Hyman

Considérant le bâtiment voisin, de belle apparence début 20ème, il est étrange qu’un remplacement strictement haussmannien n’ait pas été proposé. Mais cela est un produit de notre endoctrinement architectural actuel qui affecte tous ceux qui ont des prétentions progressistes, même s’ils choisissent de vivre eux-mêmes dans une maison traditionnelle dans une ville traditionnelle.
Je ne suis pas sûr que les architectes l’aient voulu, mais le projet ressemble au fantôme d’un immeuble mort…
 
Daniel Morales, architecte et designer à Washington DC, USA.
25/03/2015

Pour un urbanisme sensoriel, par Thierry Paquot

Nous avons mis en ligne le contenu de la conférence de Thierry Paquot, qui a suivi notre assemblée générale du 19 mars dernier.

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Thierry Paquot, philosophe de l'urbain

Thierry Paquot, philosophe de l’urbain

Extraits : »Pour un urbanisme sensoriel« …  » « Adolescent, j’étais attiré par les puces de Saint-Ouen, le Quartier Latin et surtout par tous les dénivelés, les rues munies d’escaliers (en particulier autour de Montmartre), une ville pour moi, alors, affichait son relief, il fallait monter et descendre pour la conquérir ! Lycéen à Turgot, je me perdais dans le dédale des passages et admirais, à l’instar des surréalistes, ces deux portes sans fortification que sont Saint-Martin et Saint-Denis. Étudiant, combien de fois ai-je longé la Seine en flirtant ou en conversant, imaginant refaire le monde ? À cette époque, toutes les voies que j’empruntais me conduisaient d’un bouquiniste à un autre et m’orientaient toujours vers Odéon, sur la rive gauche. Là, j’étais chez moi. Le musée Delacroix, place Furstenberg, n’est-il pas charmant ? Et la rue Tournefort ou la moud ? Plus tard, j’ai appris à apprécier des portions de rue (l’avenue Leclerc de la porte d’Orléans à l’église de Montrouge, la rue Lanneau qui conduit à la rue Valette…), des vues particulièrement cadrées (la place du marché Saint-Honoré, la place Dauphine, la place Sainte-Catherine…), des paysages urbains (la rue Myrha et alentours, la rue du faubourg Saint-Antoine avec sa courbure finale qui retarde l’arrivée de la Bastille, la rue de Charenton bien longue…), ce sont des lieux simples, parfois hétérogènes dans leurs façades, leurs coloris, leurs ambiances, mais justement »…

« Il existe de très nombreux architectes et d’urbanistes, restés à l’écart du star system, qui bâtissent un logement ou un quartier en prenant comme « matériaux » les sensations de leurs résidants. Ils combinent alors le climat de la météorologie au climat de la psyché humaine. Non sans mal, du reste, car une telle ligne de conduite n’appartient pas à l’air du temps. »   (Extraits)

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24/03/2015

Paris et New York, même combat pour la qualité de vie et contre les hauteurs démesurées

Une conférence de presse sur les marches du City Hall de New York s’est tenue le 25 mars pour protester contre le Projet de surélévation des hauteurs des gratte-ciel, qui avantagera les promoteurs immobiliers au détriment des habitants de tous les quartiers. La remise en question des règles actuelles, affaiblirait la protection durement gagnée dans la ville de New York, au cours de décénnies. (Mise à jour le 26.03.2015). 

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Dans la West 70th Street, un typique Brownstone-scale midblock, protégé par les règles actuels.

Dans la West 70th Street, un typique Brownstone-scale midblock, protégé par les règles actuels.

22/03/2015

Manifestation pour la défense des Serres d’Auteuil: photos, revue de presse

La manifestation annoncée a réuni plus de 500 participants hier aux Serres d’Auteuil, parmi lesquels des personnalités politiques et du monde associatif : Agnès Popelin (France nature environnement), Yves Contassot, (EELV), Bertrand-Pierre Galey, (maire-adjoint de Boulogne-Billancourt), pour ne citer que trois…

Par Cabu, ancien adhérent et ami de SOS Paris...

Par Cabu, ancien adhérent et ami de SOS Paris…

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Olivier de Monicault, président de SOS Paris

Olivier de Monicault, président de SOS Paris

À lire sur le net (liste non exhaustive) :

Les associations et les politiques manifestent pour les Serres d’Auteuil

Manifestation aux Serres d’Auteuil 

Un rassemblement pour dire « non » au projet de modernisation voulu par la FFT

Les défenseurs des serres d’Auteuil marquent un point

Manifestation contre l’extension de Roland Garros

Mobilisation pour sauver les serres d’Auteuil (Paris 16e)

 

19/03/2015

Assemblée générale 2015 de SOS Paris

Article mis à jour le 20/03/2015 à 00h42

Assemblée Générale de SOS Paris à la Mairie du 5e aujourd’hui à 17h30, suivie de la conférence de Thierry Paquot : « Le charme de Paris… » et clôturée par notre verre d’amitié.

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16/03/2015

Téléchargez le dernier numéro du bulletin de SOS Paris !

Le bulletin N° 93 de SOS Paris vient de paraître et nos abonnés le reçoivent par la poste. Il est également disponible à notre secrétariat +33 (0)1 45 44 63 26, 103, rue de Vaugirard, 75006 Paris. E-mail : sos.paris@orange.fr

La version électronique du bulletin est à télécharger au format PDF ici : SOS PARIS-N°93

10/03/2015

Serres d’Auteuil : appel à manifester samedi 21/03

Mis à jour le 25/03/2015

Avec le soutien des écologistes et notamment d’Yves Contassot les défenseurs des Serres d’Auteuil se mobilisent et appellent à une manifestation le samedi 21 mars à 15h sur place, dans le jardin. 

Lire l’article

 

Jardin des Serres d'Auteuil dans le Bois de Boulogne

Jardin des Serres d’Auteuil dans le Bois de Boulogne

La pétition « Sauvons les serres d’Auteuil » est lancée pour défendre la préservation du site, par son Comité de soutien,  et elle a déjà réuni à ce jour plus de 61.320 signatures. Elle peut être signée en ligne sur ce lien

04/03/2015

Compte-rendu de la conférence « Pour l’amour de Paris » sur les gratte-ciel

Notre conférence « Pour l’amour de Paris » s’est déroulée le 25 février sur le thème de la question des tours, en projet, à Paris. Retrouvez son compte-rendu détaillé sur ce lien

Vision hypothétique des tours Duo depuis le Pont National

Vision hypothétique des tours Duo depuis le Pont National

 

02/03/2015

L’impasse des Arbalétriers, en plein Marais historique, voué au vandalisme

Impasse des Arbalétriers (3e arrondissement)

Impasse des Arbalétriers (3e arrondissement)

L’impasse des Arbalétriers qui est l’une des plus vieilles rues de Paris avec ses encorbellements datant du haut Moyen-Âge, est victime d’un vandalisme et d’une destruction qui vont en s’accélérant. Situé au niveau du 44 rue des Francs Bourgeois,  à côté du Centre culturel suisse. sa protection fait l’objet d’une association récemment créée : Pour la sauvegarde du passage des Arbalétriers Paris – le Marais. 

Lire notre article sur ce lien

 

02/03/2015

Tour TGI (17e) : Dans les réunions, les habitants étaient matraqués par l’argument qu’elle donnera une identité au quartier !

CorinneLaBalme Par Corinne LaBalme

Ancienne New-Yorkaise, je suis venue m’installer aux Batignolles il y a dix ans. Pour les habitants de Manhattan, les Batignolles ressemblent au Lower East Side, avec toutefois moins de boutiques de ‘croissants-gourmets’. C’est une enclave, autrefois sans chic, mais où des immeubles modestes se sont embourgeoisés à la vitesse de la lumière.

Les Batignolles avaient un atout rare : un espace ferroviaire abandonné qui était destiné à devenir un village Olympique mais qui est maintenant devenu un sanctuaire de grues. Comme chacun, dans ce quartier minuscule, j’essaie de m’habituer à la proximité de l’énorme site de construction de 62 hectares tout près, à quelques pâtés de maisons. (Pour avoir une idée, 62 hectares représentent à peu près la surface de tout le 2ème arrondissement !). Déjà, 12 de ces hectares ont été attribués aux espaces verts et de récréation, ce que tout le monde apprécie. Plus tard, 3.385 appartements y seront construits, et qui oserait s’opposer à de nouveaux logements ?

Cependant, le gratte-ciel de 160 mètres qui abritera le TGI (Tribunal de Grande Instance), conçu par Renzo Piano, qui deviendra (au sens propre et au sens figuré) la Cour de Justice la plus haute de France, est un peu moins populaire. Dans les réunions, les résidents étaient continuellement matraqués par l’argument que cette tour donnera une identité à notre quartier. Franchement, nous pensions que nous en avions déjà une… peut-être les habitants du quartier Montparnasse pourront nous éclairer sur ce sujet ?

ZAC Clichy Batignolles

ZAC Clichy Batignolles

Mais il y a de plus grands problèmes pour cette Tour TGI toute couverte de verre, dont la construction a été approuvée dans le denier souffle de la présidence Sarkozy. Dès le départ, le TGI n’a pas été présenté comme « juste encore une tour en verre » mais comme la Très Symbolique Tour de Verre qui incorpore la glasnost judiciaire. Et c’est cela qui nous fait peur parce que le dernier projet choisi à Paris purement pour sa valeur symbolique était une bibliothèque qui grille ses livres !

Le premier groupe à protester bruyamment contre le TGI était une organisation d’avocats appelé La Justice dans la Cité. Eux-mêmes férus de symbolisme, ils ont postulé que la justice est mieux rendue dans les salles d’audience centenaires. Ils ont proposé de nombreuses alternatives raisonnables à un nouveau gratte-ciel aux coûts exorbitants, notamment la relocalisation d’archives existantes et l’annexion d’espaces vides adjacents à l’ancien Palais de Justice.

ZAC Clichy Batignolles

ZAC Clichy Batignolles

Ce sont de bonnes suggestions en raison du prix affiché du TGI – € 2,7 milliards – montant ahurissant dans une économie en récession. C’est comme la pointe de l’iceberg puisqu’il y a aussi un bail de 27 ans (€ 90 millions/an) plus les frais de maintenance (€ 12,8 millions/an) à considérer.

Lorsque le gouvernement a changé, la nouvelle ministre de la Justice, Christiane Taubira, se déclarait choquée par les coûts, mais après quelques retards, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a confirmé le contrat. Peut-être n’avait-il pas beaucoup de choix car il est rapporté que le contrat initial promettait aux développeurs beaucoup d’argent, que le TGI soit construit ou non.

ZAC Clichy Batignolles

ZAC Clichy Batignolles

La vidéo officielle du projet (qui peut être consultée ici : http://www.dailymotion.com/video/xs66rq_projet-en-ppp-futur-palais-de-justice-de-paris_news) présente un immeuble très attrayant (rempli de lumière ! symbolique !) dont les aspects modulaires seront utiles dans l’avenir. Après cela, les images montrent des vues panoramiques béatifiques dont les avocats et les magistrats pourront profiter des bureaux, des jardins sur les toits, et de l’ascenseur en verre.

Je rêve de savoir si les recettes fiscales n’auraient pas pu être mieux dépensées sur de profondes améliorations sociales en vue d’abaisser le crime, plutôt que de construire un site pour le poursuivre avec plus de glamour. Toutefois, cette ligne de pensée ne nous donne pas « une cathédrale baignée de lumière » comme Renzo Piano la décrit, ou un havre où les gens « ne doivent pas craindre la justice ».

Paradoxalement, cette incarnation du TGI me laisse un sentiment de peur pour la justice. Une tour si délicate, seule dans son espace (même avec des vues panoramiques magnifiques), est-elle vraiment la meilleure solution (‘la forme suit la fonction’) pour permettre au gouvernement de conduire des investigations volatiles dans le terrorisme, le crime organisé et la corruption financière ? Un style « Bunker Baroque » n’aurait-il pas été un choix qui montre plus de jugeote ?

Ou peut-être, on aurait pu juste se contenter des pierres existantes (moins transparentes il est vrai) sur l’Ile de la Cité…

Traduit par Jan Wyers

Corinne LaBalme est une journaliste ‘Made in New York’

 

23/02/2015

Avec les nouvelles tours dans le 13e, le retour des années ’70 tant décriées !

Article mis à jour le 26.03.2015

Les années ’70, tant décriées sur le plan architectural, reviennent à Paris ! Pour la première fois depuis cette époque, une tour de logements de 50m de hauteur voit le jour à Paris !

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… ça c’est Paris !…

Dans le 13ème arrondissement, le quartier de la ZAC Paris Rive Gauche (vous avez dit « quartier » ? oui, on est à Paris, donc c’est un quartier, pas une zone !) est celui de toutes les expérimentations, pour le meilleur et pour le pire… Dans le Sud de cet espace en devenir, une première tour de logements vient d’être terminée au 56 de l’avenue de France. Réalisée par Bouygues Immobilier pour un coût de 24,5 millions d’euros, elle comprend 96 logements en accession et 92 logements sociaux. Les acquéreurs auront à régler un prix calculé sur une base de 10.000 euros le m².

Concernant le style d’architecture, en purs héritiers du brutalisme architectural, les concepteurs ont opté pour une forme en « déhanchement » rappelant celui envisagé pour les tours Duo voisines en projet (comment ce n’est pas du brutalisme ? ça y ressemble fortement en tout cas !). C’est sans doute pour évoquer quelque chose de gracieux qu’on a choisi de présenter l’édifice comme une tour qui « twiste », là où on aurait pu, plus simplement,  dire une tour « tordue ».

L’ensemble est déconnecté du contexte parisien, comme une bonne partie de ce qui se construit dans la ZAC Paris Rive Gauche depuis 25 ans, quartier qui affiche un échantillonnage de visions d’architectes imbus de visions de grandeur et « d’innovation », portant des oeillères devant l’environnement bâti d’une ville patrimoniale que, visiblement, ils méprisent.

Des solutions techniques particulières ont dû être recherchées et mises en oeuvre pour l’isolation de cet ensemble de 50m de hauteur, des vibrations dûes à la proximité des rails du réseau ferré de la gare d’Austerlitz, et le double bâtiment répose sur des boîtes à ressorts.

L’édification de cet édifice de grande hauteur et des immeubles qui suivront à ses côtés, est la conséquence du déplafonnement en 2011 de la hauteur légale de la construction à cette partie de Paris. Avec la modification en cours du PLU (plan local d’urbanisme), la Mairie s’attend à se débarrasser des derniers obstacles pour donner libre cours à « l’innovation » et à la « modernisation » d’un Paris qu’elle juge dépassé et « dans le formole » ! C’est d’ailleurs l’objectif affiché de l’appel à projet « réinventer Paris » qui promet…

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17/02/2015

Les questions qu’une surélévation des toits de Paris souleverait… Le charme perdu…

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Par Olivier de Monicault

Président de SOS Paris

 

Ces derniers mois la discussion a été très animée au sujet de la reprise de la construction de tours dans Paris intra muros et la défense de la skyline. Au moment où nous mettons sous presse, un nouveau débat est lancé par l’APUR (Atelier Parisien d’Urbanisme) au sujet de la surélévation des immeubles parisiens.(Article du JDD ci-dessous NDLR).

Ce débat intervient au moment où Madame Anne Hidalgo rejette, ce n’est pas un hasard, la demande d’inscription des toits de Paris en zinc au patrimoine mondial de l’UNESCO proposée par la Maire de 9e arrondissement Delphine Bürkli .

"Toits Paris" by Masumi Kamiyama

Toits de Paris par Masumi Kamiyama

Le fond du problème porte sur le manque de terrains à construire et le désir de la Maire d’y remédier par une densité accrue alors que Paris est, parmi les très grandes villes du monde, une des plus denses avec plus de 22 000 habitants au kilomètre carré et la plus faible superficie d’espace vert par habitant.  D’où l’idée de surélever les immeubles. Il peut s’agir de simples modifications des toitures et lucarnes, de véritables surélévations, voire de remplacement de bâtiments bas par des immeubles plus élevés. Bien entendu l’APUR ne prétend pas généraliser ces mesures à toutes les rues et tous les quartiers, mais son étude suggère 8 850 parcelles sur 75 400 soit environ 11 520 bâtiments.

Le débat est ouvert. D’ailleurs la Commission du Vieux Paris envisage de créer un groupe de travail pour essayer de définir une doctrine en ce domaine. Mais cela pose deux questions de base : est-il souhaitable d’uniformiser les hauteurs, rue par rue, alors que le charme de Paris est lié à la variété des hauteurs ? Est-il raisonnable de densifier systématiquement ? Nous en doutons fermement.

Multiples seront les questions à poser : comment seront gérées les divergences de points de vue au sein des copropriétés? Les surélévations seront-elles discrètes, comme ce fut souvent le cas par le passé, ou résolument contemporaines avec une architecture de rupture ? des ascenseurs seront-ils à prévoir? Comment traiter les dents creuses ? Comment traitera-t-on le cas particulier et combien sensible des coins de rues ? Va-t-on multiplier les toits végétalisés ? Quelles impact sur la skyline (ligne d’horizon) ?
Nous aurons l’occasion dans un proche avenir de reparler de ce grave problème mais d’ores et déjà il nous semble inacceptable de se lancer dans une politique systématique de surélévation qui risque de créer uniformité et monotonie et porterait sérieusement atteinte à l’image de charme de Paris .

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Publié dans le JDD ce dimanche 15 février :

A Paris, 11.520 immeubles sont susceptibles d’être surélevés

Paris demain

Extrait :

Une étude de l’Atelier parisien d’urbanisme recense 11.000 immeubles susceptibles d’être rehaussés. Les écologistes sont contre. La droite voudrait classer les toits en zinc.

Paris manque de logements et de terrains pour construire? Qu’à cela ne tienne, rehaussons les immeubles de quelques étages. C’est l’intention d’Anne Hidalgo, qui se heurte toutefois aux réticences des alliés écologistes et d’une partie de la droite. Selon une étude de l’Atelier parisien d’urbanisme (Apur) que dévoile le JDD, pas moins de 12% des parcelles de la capitale pourraient faire l’objet d’une surélévation ; soit 8.850 parcelles sur 75.400. Ce qui représente quelque 11.520 bâtiments – 8,2% des 140.000 immeubles parisiens – susceptibles de croître de un à cinq niveaux. Certains pourraient ainsi être dotés de deux logements supplémentaires, d’autres d’une dizaine. Au final, le potentiel serait d’environ 40.000 nouveaux appartements familiaux de 50 à 70 m². Un gisement non négligeable pour la maire de Paris, qui a promis de créer 10.000 logements par an et d’atteindre les 30% de logements sociaux d’ici à 2030. 

La Ville est en train de préparer une modification de son Plan local d’urbanisme (PLU), laquelle sera prochainement soumise à enquête publique et doit être adoptée fin 2015 par le Conseil de Paris. Les surélévations sont au programme, car elles sont facilitées par la suppression des règles de densité (COS), introduite par la loi Alur*. « Il s’agit de renouer avec la tradition parisienne », argue Dominique Alba, directrice de l’Apur. « Entre la fin du XIXe siècle et le milieu du XXe, près de 10% des immeubles sur rue ont été surélevés. Dans les années 1960-1980, on a préféré démolir et reconstruire. »

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