31/03/2016

Veut-on transformer l’Ile de la Cité ? La question n°1 à poser aux parisiens !

La mission île de la Cité lance une consultation ouverte à tous pour participer au futur aménagement de l’île, tel qu’il est prévu par le Ministère de la Culture et la Mairie, et confié à Dominique Perrault, architecte étranger à l’architecture patrimoniale, célèbre pour ses créations à travers le monde, comme la BNF, oeuvre diversement appréciée des parisiens…

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Avec cet appel la « Mission île de la Cité » offre la possibilité au public de télécharger une application, de publier ses propositions sur Flickr, d’utiliser une carte interactive du lieu et d’envoyer ses propositions par e-mail… (Pour l’instant, ce n’est pas annoncé, mais il doit y avoir sûrement quelque chose de prévu pour la collecte et le traitement de toutes les propositions envoyées…)

Ce brainstorming grandeur nature qui laisse sur le côté les professionnels et les institutions faites pour cela, n’est pas (seulement) une façon comme une autre d’économiser les fonds normalement versés pour ce type de projets (faramineux s’agissant du coeur patrimonial de Paris) …

Il fournit surtout un excellent alibi pour toute décision qui pourrait susciter la controverse de la part des « passéistes arriérés », toute option pouvant être attaquée devant les tribunaux par des défenseurs de patrimoine aux vues étroites… Et justement, il offrirait un excellent argument, si on envisageait de modifier une ou plusieurs lois de la protection du patrimoine au coeur historique de Paris, afin de libérer la « créativité » qui permettrait de  « transformer » l’Île « en un réel lieu de vie, plus intégré encore au reste de la capitale« . (Voir le communiqué)

L’aménageur pourra toujours se prévaloir de l’adhésion populaire avec cet appel à participer.

Avec le départ programmé des « institutions majeures » qui ont donné vie à l’île de la Cité : le Palais de Justice (la Justice ayant été exercée en ce lieu depuis l’époque de l’empereur Julien), l’Hôtel-Dieu, la Préfecture, des espaces notoires et prestigieux se libèrent et aiguisent l’appétit d’investisseurs internationaux qui voient Paris comme le décor idéal d’une upper class en constante progression.

Avant de répondre à cet appel à participer à la « transformation«  (sic) de la Cité, les parisiens ont à se poser LA question, la seule qui a un sens :

Veut-on changer l’île de la Cité ? 

Est-il judicieux de transformer le cadre historique et patrimonial de l’île de la Cité ? 

 

Lire aussi :

Officiel : l’Île de la Cité, le coeur de Paris, visée par un projet de réaménagement confié à un « starchitecte »

26/05/2016

Remplacement des kiosques à journaux : une priorité ?

Les projets de kiosques sont d’une rare banalité, mais il convient de porter quelques précisions concernant ceux qui existent déjà.  

1. Hector Guimard n’a rien à voir avec tout cela. Les kiosques ont été dessinés et mis en place près de quarante ans avant qu’il n’exerce son métier. 

2. Leur concepteur d’origine est l’architecte des Parcs et Jardins de Paris sus Napoléon III : Gabriel Davioud, qui a conçu avec son équipe l’ensemble du mobilier urbain et des fabriques de la ville dès les années 1860. Il s’agissait alors de petites constructions, entièrement réalisées en fonte de fer. Elles ont depuis longtemps disparu. Leur modèle se trouve dans la publication réalisée sous la IIIe République par le service en question, sous l’autorité d’Alphand. 3. Les kiosques actuels sont un remake du « style haussmannien » remontant à la mandature de Jacques Chirac dans les années 1980. Ce sont des édifices modernes, en charpente métallique et verre, habillés d’un décor pseudo-Napoléon III. Ils ont été dessinés par l’un des architectes du STAP de Paris (en d’autres termes, l’ABF de service !). 

En cherchant un peu, on trouverait sans doute qui est l’auteur de ce pastiche plutôt habile. Les kiosques existants ont le mérite de respecter l’apparence – en tout cas, la silhouette – des édicules du Second Empire. Ce sont des évocations acceptables, tout comme les bancs, les grilles d’arbre ou les lampadaires dont le principe est lui aussi hérité du XIXe siècle. Ils sont en tout point supérieurs, par leur aspect traditionnel, aux constructions parfaitement banales qui nous sont aujourd’hui proposées.  
Alors, replacer les kiosques à journaux, une priorité par les temps qui courent ? Seulement si on veut briser tout ce qui lie Paris à son passé ! Mais pour cela il y aurait beaucoup à faire…

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