09/04/2016

Canopée des Halles : une provocation dans le cadre patrimonial des édifices classés

L’objectif était fixé depuis longtemps : se défaire des contraintes des règles de l’urbanisme à Paris. Même dans le centre historique et patrimonial ? La réponse est bien évidemment : là, surtout et avant tout ! On ne peut faire table rase des préceptes patrimoniaux anachroniques, si on ne s’attaque pas prioritairement aux cibles emblématiques ! La Canopée des Halles dévoilée par Anne Hidalgo en présence de Bertrand Delanoë, père du concept d’un nouveau Forum, en est la preuve. La structure s’achève après 8 ans de travaux pharaoniques, des rudes combats contre les associations parisiennes (comme : Accomplir), et une facture qui dépasse le milliard.

La Canopée en travaux en septembre 2015

La Canopée en travaux en septembre 2015

L’ensemble de la structure metalique couvrante et des deux bâtiments qui la supportent, est conçu par les architectes Patrick Berger et Jacques Anziutti gagnants du concours international lancé en 2007, après l’abandon du premier projet datant de 2004. La vaste charpente de métal (un hectare) nous est présentée comme une prouesse technique, déjà primée. Le centre commercial, en sous-sol, du Forum n’a pratiquement pas changé.

Structure de la Canopée des Halles.

« On ne demandait pas à Monet pourquoi il peignait les maisons en jaune », a expliqué Patrick Berger, architecte de la Canopée. Sauf que Monet qui était peintre, n’a jamais construit une maison dans Paris, pas plus qu’un couvercle de centre commercial !

Posée sur la « plus grande gare souterraine de l’Europe« , la Canopée prétend incarner « une vision ambitieuse du site en tant que porte emblématique du Grand Paris ». Curieuse conception de ce qui doit être la porte d’entrée d’une ville, surtout d’une ville comme Paris, via un centre commercial ! Quoiqu’il en soit, l’aménagement de la gare en sous-sol est toujours en cours et complètement « déconnectée » de la Canopée.

Vidéo : un tour d’horizon du quartier depuis les hauteurs de Saint Eustache :

Les espaces des équipements culturels jouxtent le centre commercial qui propose ce qui est devenu la règle partout où les institutions publiques collaborent avec des acteurs du privé pour la création d’espaces commerciaux : pratiquement que des enseignes de groupes côtés en bourse.

Une précision utile quand on lit sur certains blogs que le mot « canopée » vient de.. l’anglais : Canopée, (du latin conopeum : moustiquaire, lit entouré d’une moustiquaire. Le sens à évolué vers celui de rideau, canopé en vieux français, conopée).  1) Écran formé par la partie supérieure de la végétation de la forêt tropicale. 2) Ciel de lit des lits à baldaquin ou des lits à courtines. 3) Capote de certaines voitures d’enfant. 4)Verrière des cockpits des avions de chasse. 5)Partie supérieure d’un cerf-volant de traction ou d’un parapente. En anglais : canopy.

On apprend que la couleur jaunâtre a été choisie pour reproduire l’effet de la lumière filtrée par les arbres d’une forêt tropicale, c’est-à-dire par sa « canopée », ce qui aurait dû apporter, sans doute, une touche d’exotisme dans la grisaille parisienne… Mais cela ne manque, malheureusement, pas d’irriter les parisiens qui y voient un mauvais accord avec l’environnement chromatique existant !… « La couleur, je la trouve magnifique » a déclaré, de son côté, la maire Anne Hidalgo, pendant son discours inaugural, avant de signaler avec aplomb : « et le coût (918 millions d’euros hors taxes) « je l’assume » ! 

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Le Forum des Halles est un point de passage incontournable et central, chaque parisien sera, un jour ou l’autre, passant, visiteur ou encore client – ou si vous préférez, « shoppeur » en cet endroit… Chacun pourra donc se faire lui-même son idée de l’esthétique, de la pertinence, de la finesse, du charme ou de l’attractivité du lieu. Et surtout de sa capacité à s’intégrer à l’environnement préexistant. Les deux photos ci-dessous montrent la vue offerte désormais aux passants.

 

Le toit s'impose avec maladresse et prétention, incapable de se mettre au diapason des constructions environnantes.

Une impression de lourdeur que le discours aiguisé des architectes ne réussit à démentir.

 

Une impression de lourdeur que le discours des architectes ne peut démentir.

Le toit, chancelant, s’impose avec maladresse et prétention, incapable de se mettre au diapason des constructions environnantes.

Cadre patrimonial

La couleur de la Canopée ne sauraient être le seul motif d’incompréhension, voire d’indignation. Situé dans le coeur historique de Paris, le Forum des Halles, avec sa Canopée désormais, est entouré d’un grand nombre de monuments historiques. Même un chef-d’oeuvre de l’architecture du 21e siècle n’aurait pu se construire ici sans offenser et sans déprécier son environnement patrimonial, ni sans heurter les règles de covisibilité qui régissent la protection des monuments historiques. Celles justement que les associations de défense du patrimoine essaient tant bien que mal de faire respecter. Un ABF (Architecte des Bâtiments de France) a donné peut-être son accord (dans quel contexte ?), mais la covisibilité est bel et bien là, et elle est flagrante !

Outre les édifices classés, le tissu urbain, le bâti d’époque dans son ensemble, dans cette partie de Paris, est typiquement marqué par l’histoire de la ville et présente un aspect rare, inimitable, impossible à reproduire avec nos moyens du 21e siècle, de façon raisonnée. C’est un héritage unique que français et parisiens s’estimant concernés, doivent impérativement sanctuariser. Il n’y a aucune alternative. Notre siècle fonce à toute allure et nous sommes en train de changer d’ère. La question est toujours la même, déjà posée au 19e siècle par les « Amis des Monuments parisiens », la même posée par André Malraux dans les années 60 : la destruction aveugle ou la préservation de la sagesse ? Notre patrimoine, dans toutes ses formes, représente une richesse inaliénable. Sa présence ou son absence décideront entre l’humanité et la barbarie.

Bâtiments inscrits au Registre des monuments historiques qui cernent la Canopée des Halles :

La Bourse de Commerce de Paris

La Colonne Médicis

L’église Saint Eustache

La Fontaine des Innocents

Au chien qui fume 

Bourse de Commerce de Paris

Bourse de Commerce de Paris

Parmi eux, on peut s’arrêter à la Bourse de Commerce de Paris située rue de Viarmes, dont la coupole aurait pu inspirer, de très loin c’est vrai, cette « canopée »… L’ancien Hôtel de Soissons, devenu Hôtel Albret a eu plusieurs vies dans le passé. La Halle au Blé, en total accord avec la vocation du lieu, s’est transformée en Bourse de Commerce en 1885, reconstruite en partie par l’architecte Henri Blondel pour recevoir les marchés à terme et s’ouvrir à l’international (le MATIF). En 1998, l’informatisation des marchés à termes a mis fin à l’activité boursière dans la Bourse de Commerce de Paris, pour continuer dans Euronext. Aujourd’hui, le monument appartient toujours à la Chambre de Commerce de Paris qui y abrite plusieurs de ses services, mais aussi des expositions.

Coupole de la Bourse de Commerce de Paris

Coupole de la Bourse de Commerce de Paris

Victor Hugon moqueur, voyait au « dôme de la Halle-au-Blé » une « casquette de jockey anglais sur une grande échelle » (dans Notre-Dame de Paris). 

La Fontaine des Innocents, construite en 1548, a été classée monument historique dès 1862.

Église Saint Eustache

Église Saint Eustache

Quant à l’église de Saint Eustache, depuis le 13e siècle, elle a connu plusieurs vies et de nombreuses  transformations. La proximité du Louvre lui conférait le titre d’église royale. La transformation par l’architecte Jean Hardouin-Mansart de Jouy, qui a donné sa version actuelle, date de 1754.

Viollet-le-Duc avait ses raisons à lui d’être très critique à son sujet, en écrivant : « On voulait appliquer les formes de l’architecture romaine antique, que l’on connaissait mal, au système de construction des églises ogivales, que l’on méprisait sans les comprendre. C’est sous cette inspiration indécise que fut commencée et achevée la grande église de Saint-Eustache de Paris, monument mal conçu, mal construit, amas confus de débris empruntés de tous côtés, sans liaison et sans harmonie ; sorte de squelette gothique revêtu de haillons romains cousus ensemble comme les pièces d’un habit d’arlequin ».  (Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, 1854-1868) Jugement sévère (sinon obtus !) et sans incidence, heureusement, sur la brillante destinée du monument qui tient chaud encore aujourd’hui le quartier par une vie sociale intense…

Ce n’est certainement pas cette structure en bois, sous le toit de la nef de Saint Eustache (ci-dessous), qui a pu inspirer cette autre, métallique et chancelante de la Canopée…

 

 

Saint Eustache, charpente

Saint Eustache, charpente

Église Saint-Eustache sur le plan de Truschet et Hoyau (vers 1550).

Le quartier des Halles sur le plan de Truschet et Hoyau (vers 1550).

 

 

 

 

 

 

 

 

Pavillon Baltard à Nogent-sur-Marne

Pavillon Baltard à Nogent-sur-Marne

Les Halles, qualifiées jadis de « ventre de Paris » (Emile Zola), étaient un lieu dédié au commerce  depuis l’an de grâce 1137, quand on y a fait venir le marché qui se tenait Place de Grève. Il a fallu attendre le 19e siècle et Napoléon III pour voir construire, sous l’impulsion du préfet Haussman, les pavillons de Victor Baltard  (architecte pionnier en structures de fer) qui allaient marquer profondément et durablement, non seulement le quartier des Halles, mais aussi la vie artistique et littéraire parisienne. Leur destruction dans les années ’70, par Pompidou, a laissé un goût amère chez les parisiens et un vide sur place qui s’est avéré impossible à combler. En 2012, l‘exposition Baltard au Musée d’Orsay consacrait une place majeure au processus de la construction des Halles, démontrant leur qualité et leur pertinence en tant que structures intemporelles. Le dernier pavillon qui subsiste, déménagé à Nogent-sur-Marne où il peut être visité, est un témoignage de ce que Paris a perdu par cette démolition. Perte que RIEN n’a pu jusqu’ici remplacer, en cette place, ce « trou », autrefois coeur de Paris vivant, aujourd’hui cirque grotesque du consumérisme.

 

Fluctuat nec mergitur

Vitrail de Saint Eustache représentant une nef « battue par les flots ».

Fluctuat nec mergitur… Heureusement que Paris est « battu par les flots, mais ne sombre pas » !… (Du moins c’est ce qu’on aime croire…)

 

Marie Karel

20/04/2016

Détruire l’escalier de la BNF Richelieu classée monument historique, un saccage de plus à subir par le patrimoine parisien !

Communiqué de presse de SOS Paris

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On a beaucoup parlé de la rumeur de la démolition de cet escalier, construit par Jean-Louis Pascal (1837-1920) autour de 1908 en prolongement de l’escalier d’honneur conçu par Henri Labrouste. Il mène au « Cabinet des Médailles et Antiques », le plus ancien musée de France (*).

Il y a déjà longtemps, la DRAC avait pris la décision de démolir cet escalier et de le remplacer par un concept moderne de l’architecte Bruno Gaudin. Mais aujourd’hui nous pouvons constater qu’après des années de travaux de rénovation, de pétitions pour le conserver et d’hésitations, l’escalier est toujours là ! Cet escalier a été classé monument historique en 1983. Lors de son classement, on vantait son aspect monumental, ses lignes et la qualité de sa réalisation. Maintenant, 33 ans plus tard, serait-il tout d’un coup devenu un vulgaire objet gênant qu’il faut éliminer ?
L’aspect de l’escalier est certes monumental ; oui, il « mange » un peu le hall d’entrée par son volume mais il est en parfait état. Sa belle rampe conserve encore des éléments de l’escalier du XVIIIème siècle construit par Robert de Cotte (1656-1735). Pourquoi le remplacer quand l’argent manque ? N’avons-nous pas d’autres priorités ?
On nous objecte que l’escalier n’est pas pratique pour donner accès aux divers niveaux, qu’il est en partie « monté à l’envers » etc. Il est évident que l’escalier occupe un espace important et que son articulation avec le reste du bâtiment n’est pas parfaite. Cela justifie-t-il pour autant sa démolition ?
Même sans parler de la valeur patrimoniale de l’escalier, sa disparition détruirait irrémédiablement l’harmonie d’un ensemble. Nous espérons que si la DRAC n’a toujours pas joint l’acte à la parole, c’est qu’elle a des remords sur la validité de sa décision et pourrait un jour l’annuler!

Contact de presse:

Christine Nedelec, 06 84 18 65 21,

e-mail : sos.paris@orange.fr

________________________________

(*) Le Cabinet des Médailles et Antiques est le plus ancien musée de France. Ouvert dès le XVIIème siècle, il a pour point de départ le trésor des rois de France. Au fil des siècles, il s’est enrichi de collections de premier plan (antiques du comte de Caylus, donation du duc de Luynes, legs Froehner…), et au travers des saisies révolutionnaires (trésor de l’abbaye de Saint-Denis). Particulièrement riche en céramique grecque, pierres fines, numismatique, marbres romains, orfèvrerie, ivoires, bronzes de toutes époques, ses collections font référence dans tous ces domaines.

16/04/2016

La Canopée (qui prend l’eau) etc… Revue de presse française mise à jour

Dire que Napoléon III réclamait pour les Halles « de vastes parapluies »C’est RATÉ ! L’appel à des parapluies de l’empereur semble pourtant avoir été plutôt entendu par les architectes de nos jours, qui ont fabriqué quelque chose qui s’en approche… MAIS leur Canopée laisse finalement passer la pluie !!!

La Canopée des Halles. Photo libre de droits

Quelques jours à peine après son inauguration, cette fâcheuse constatation ne pouvait pas laisser la presse muette. En voici un florilège d’articles qui montrent que les parisiens sont vraiment des contestataires en permanence qui aiment trouver à redire à chaque occasion :

DERNIÈRE MISE A JOUR

Par Antoine Garbay. Le Nouvel Économiste 22/04/2016

« Depuis son inauguration, le nouveau “toit” des Halles est vertement critiqué. Le mécontentement des Parisiens s’est d’abord appliqué à la couleur “jaunâtre” voire “pisseuse” de l’édifice. (…) Élisabeth Bourguinat, représentante des associations du quartier au sein du jury du concours d’architecture de 2007 qui a donné naissance au projet Canopée, a pris la plume dans ‘Le Courrier de l’architecte’ du 13 avril où elle fait part de son mécontentement. Selon elle, Unibail, groupe européen d’immobilier commercial qui exploite le centre commercial des Halles, “a exigé la suppression des grandes toilettes publiques prévues au rez-de-chaussée de la Canopée”? (…) Pour Élisabeth Bourguinat, “la couleur jaune pipi de la Canopée érige ainsi en emblème ce qui était l’une des caractéristiques de ce quartier avant les travaux et le restera […] : des flots d’urine partout dans les rues…” (…)

« Autre point de mécontentement, et non des moindres, la Canopée n’est pas étanche. Tout d’abord, l’évacuation de l’eau tombée sur les 10 000 m² de toiture en verre se fait par une cascade d’eau, sur sept mètres de dénivelé, qui se déverse dans un bassin situé au niveau du sol. Ce faisant, la cascade arrose copieusement les passants, et par journée venteuse, le dispositif se transforme en un désagréable brumisateur d’eau sale. »

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Structure de la Canopée des Halles.

Par Michel Guerrin. Le Monde 15/04/2016

« Le parapluie géant qui coiffe le Forum des Halles, au cœur de Paris, cette vague chaloupée de fer et de lames de verre, n’est pas étanche. »  (…) « Voulue ou pas, une eau qui tombe d’un toit qui a coûté 216 millions d’euros, avec, en prime 450 000 euros d’entretien annuel, ça fait tache. »  (…) « On est loin de la « feuille translucide et légère » annoncée ; plutôt un pudding pesant. Il y a aussi la couleur jaune. Au jeu subtil des comparaisons, on voit qui aime ou pas. Les premiers évoquent le bronze, la pierre de Bourgogne ou le champagne. Les autres, bien plus nombreux, parlent de couleur jaunasse, pisseuse, blafarde, lavasse, évoquent une crème anglaise… »

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FranceTV Info le 15/04/2016

A peine inaugurée en plein cœur Paris, la nouvelle Canopée des Halles est une source inépuisable de critiques. Après sa couleur jaune, voire « jaunâtre », et sa forme taxée de « massive et laide », voilà le nouveau toit du centre commercial parisien accusé de se transformer en « chutes du Niagara » dès qu’il pleut. (…)

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par Juliette Geenens dans Konbini 15/04/2016

« Un des architectes, Patrick Berger, confirme une anomalie. Des pièces vont être installées afin de remédier à ce souci technique. Des compléments de travaux, prévus depuis le début de la construction, auront bien lieu. » (…) « Des fuites anticipées dès 2007. Élisabeth Bourguinat, ancienne tête de liste EELV dans le 1er arrondissement et secrétaire de l’association Accomplir, raconte : “Nous avions ironisé sur le fait que la ville construisait un toit qui laisserait passer la pluie… Personne n’a voulu nous croire, mais nous avions raison ! ” (…) La Canopée est un projet qui a été controversé dès sa concecption. (…)  Certains lui reprochent sa couleur, d’autres critiquent sa forme, la jugeant peu fidèle à l’idée d’origine de ses concepteurs, qui la qualifiaient de “feuille translucide et légère”. Et ce n’est pas ce problème technique qui va améliorer son cas. »

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Le Point.fr le 14/04/2016 à 10:31 |

« La Canopée des Halles, projet pharaonique de la capitale française, prend l’eau. Et se salit à vitesse grand V, la pluie laissant derrière elle des traces brunâtres et peu ragoûtantes sur la structure. L’édifice, qui recouvre le forum des Halles, a pourtant coûté 240 millions d’euros, soit le double de ce qui avait été budgété. Gilles Pourbaix, de l’association de riverains Accomplir, se plaint ainsi d’un toit qui « ne sert à rien » et qui laisse passer les intempéries et le vent. » (…)

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Par Marie-Anne Gairaud, Le Parisien 12/04/2016

« En effet depuis le week-end dernier, le public découvre et s’étonne que le nouveau « monument » qui surplombe le Forum des Halles laisse en fait… passer l’eau. Le jour de sa présentation en juillet 2007, la Canopée n’avait-elle pas été présentée comme « un immense abri pour les Parisiens » ? « J’avais toujours entendu parler du nouveau toit des Halles. » (…)

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Par Alicia Paulet Le Figaro 12/04/2016

« Est-ce un toit ou une passoire? La Canopée des Halles inaugurée en grande pompe le 5 avril dernier, doit faire face à des dysfonctionnements et pas des moindres puisqu’il s’agit de fuites d’eau. (…) Dominique Hucher, directeur de l’office public qui pilote le chantier des Halles (SemPariSeine) : Il serait possible de faire des petits compléments de travaux pour fermer ces orifices. C’est à la ville d’en décider». 

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Par Sibylle Laurent, Métronews 13/04/2016

« Décidément, la Canopée n’en finit pas de faire parler. Après les critiques sur sa couleur « jaune lavasse », le manque de luminosité, voici qu’un nouveau problème pointe son nez : l’étanchéité de la structure. Mais ce toit aéré était-il prévu pour être étanche ? Pas forcément, rappelle Chris de Paris, un internaute, sous l’article du Parisien : « Il ne s’agit pas d’une fuite d’eau. Il n’a jamais été prévu que la canopée protège de la pluie« . Un toit doit-il protéger ?  » (…)

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Outre la pluie qui traverse la Canopée (et attendons de rire l’hiver prochain quand les clients du centre commercial déambuleront sous ce « toit » pleuvant et « ventant » pour faire du shopping), d’autres sujets ont suscité des articles plus ou moins critiques à son égard. Notamment :

par Elisabeth Bourguinat, Le Courrier de l’architecte 13/04/2016

La Canopée, ce mémorial de l’absurdité. Elisabeth Bourguinat, ancienne secrétaire de l’association d’habitants Accomplir, représentante des associations du quartier au sein du jury du concours d’architecture de 2007, a souhaité répondre à notre article ‘Aux Halles, le participatif, ce péché originel ?’. Tout d’abord, c’est faire beaucoup d’honneur à l’association Accomplir que de prétendre que c’est nous qui avons «imposé» le projet Mangin en 2004. Nous soutenions ce projet, c’est vrai, mais pour une raison simple : c’était le seul des quatre qui ne bétonnait pas le jardin des Halles.

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Par Alexandre Rousset, Le Point le 06/04/2016

Le coût du projet, les nuisances des travaux, la lourdeur de la structure, son jaune indéfinissable… Les détracteurs de la Canopée de manquent pas d’arguments.

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Par Béatrice de Rochebouet Le Figaro  07/04/2016

« La réalisation de cette immense feuille ondoyante, censée être une enveloppe légère, fluide et transparente englobant des espaces de commerce, de culture et de loisir, n’est vraiment pas une réussite architecturale digne d’une grande capitale. »

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11/04/2016

Contre le vandalisme des loges de l’Opéra Garnier, signez la pétition !

La direction de l’Opéra de Paris a procédé en août 2015 à la scandaleuse suppression et destruction des cloisons séparant les loges de la salle du Palais Garnier dont « l’architecture et les décors extérieur et intérieur » ont été classés au titre des monuments historiques par arrêté du 16 octobre 1923.

Opéra Garnier

Opéra Garnier

La SPPEF a saisi le juge pénal sur cette affaire et l’Opéra national de Paris comparaîtra devant le Tribunal de grande instance le 13 septembre prochain. Sont appelés à comparaître : Stephane Lissner, directeur, Jean-Philippe Thiellay, directeur adjoint, Pierre Prunet architecte en chef des monuments historiques. Selon la SPPEF : « Cette transformation pose une question de principe, celle du démantèlement des monuments historiques. »

Une pétition a été lancée pour la défense du patrimoine de l’Opéra et déjà réuni 33600 signatures. Nous invitons nos adhérents et amis à signer cette pétition :

http://chn.ge/1XqGtF3

Lire : 

Sur le site de la SPPEF :

11/04/2016

Poste du Louvre : les travaux ont démarré (au grand dam des associations !)

Les travaux de transformation de La Poste du Louvre (1er arrondissement) viennent de commencer. Propriété du groupe postal, le magnifique immeuble du 52 rue du Louvre (voir l’article de François Loyer) est destiné à être « modernisé » par Dominique Perrault, architecte de la BNF, qui s’est vu confier récemment par le Ministère de la Culture et la Ville de Paris, la transformation programmée de l’Île de la Cité !

La poste du Louvre construite en 1888 par l’architecte Julien Guadet

La poste du Louvre construite en 1888 par l’architecte Julien Guadet

Les travaux vont durer 32 mois, jusqu’à fin 2018.

Le centre historique et patrimonial de Paris est une fois de plus brutalement touché, le remaniement de ces immeubles anciens et emblématiques, ne fait que déprécier leur environnement et les bâtiments eux-mêmes, pour un profit à court terme.

 

09/04/2016

Canopée : revue de presse anglophone mise à jour, extraits traduits

Anglais et américains n’ont pas leur langue dans la poche !

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A Canopy Where Les Halles Once Reigned Gets Parisian Welcome

« Un auvent là où Les Halles régnaient jadis, devient la porte d’entrée de Paris »

Par Adam Nossiter dans The New York Times le 21 avril 2016

(Avec photo rare du Pavillon du marché des légumes aux Halles en 1944, moins d’un mois après la libération de Paris).

Extraits traduits :

« Paris ne s’est jamais tout à fait remis de la destruction des Halles. Dans un spasme morbide de rénovation urbaine dans les années 1970, une fois dégagé le marché alimentaire de verre et d’acier du 19ème siècle, de style Liberty – cœur palpitant de la ville – il a cédé sa place à un centre commercial souterrain claustrophobe et à des fragiles pavillons au niveau de la rue. Depuis, chaque tentative de Paris pour guérir la plaie inguérissable ne semble qu’attire davantage l’attention sur le péché originel. Les urbanistes n’ont jamais été pardonnés pour une erreur qui, presque instantanément, a pris place dans le panthéon des grandes bévues architecturales, juste à côté de la destruction de l’ancienne gare de Penn Station de New York. Maintenant vient la dernière salve – ce qu’on appelle La Canopée – un gigantesque parapluie courbe métallique haute de 72 pieds au-dessus ce qui était autrefois non seulement le cœur de Paris, mais aussi son âme et le ventre. Elle aussi a déjà provoqué des lamentations sur ce qui n’est plus là. « (…)

Exposition Baltard au Musée d'Orsay (2012)

Pavillons Baltard depuis les hauteurs de Saint-Eustache

«Il est impossible de se consoler de la mort stupide de ce site», écrit l’historien Eric Hazan dans son livre « L’invention de Paris. »(…)

« La municipalité mise dans un conservatoire de musique, un centre hip-hop, une bibliothèque, des espaces de répétition et d’autres installations publiques pour atténuer les doutes quant à la vocation commerciale de La Canopée. Mais l’association de quartier n’est pas convaincu’. « Une inauguration au goût amer, » titraot dans son bulletin. « Le tout est à l’échelle pharaonique», a déclaré Gilles Pourbaix, l’un des responsables de l’association. «C’est un temple du commerce. Une couverture monstrueuse de l’acier. Il aurait été OK à côté d’une autoroute. Mais au milieu de Paris? «  (…)

« L’un des côtés fait face à un panorama de ciel, les hauteurs de l’église Saint-Eustache du 16ème siècle et la rondeur de la Bourse de Commerce. L’autre côté donne sur vieilles pierres des bâtiments résidentiels et commerciaux de la rue Pierre Lescot. » (…)

« Les poutres en acier épais ne se souviennent pas des ferronneries aérées de Baltard dans les Halles originales ».

Une impression de lourdeur que le discours des architectes ne peut démentir.

Une impression de lourdeur que le discours des architectes ne peut démentir.

« Pourtant, dans une ville où la beauté architecturale et l’uniformité ont été  confrontées à un catalogue d’ajouts modernes, douteux ou honteux : l’intrusif gratte-ciel de la Tour Montparnasse, l’informe Opéra Bastille, ou le quartier des affaires glacial de La Défense, les zigzags en douceur de La Canopée semblait pouvoir au moins trouver une faveur mitigée… »

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A custard-coloured flop: the €1bn revamp of Les Halles in Paris

« Un fiasco en crème colorée : la refonte à un milliard des Halles à Paris » 

par Oliver Wainwright dans The Guardian le 6 avril 2016

Extraits traduits :

« Un fiasco en crème colorée : la refonte des Halles d’un milliard à Paris. Après avoir attendu des décennies pour un lilting du ‘trou des Halles », le parapluie de 7.000 tonnes d’acier et de verre de Patrick Berger paraît insipide, institutionnel et surexcité. Les pavillons en fer forgé et verre des Halles, conçus par l’architecte officiel Victor Baltard, ont été tragiquement rasés dans les années 1970 et remplacés par un centre commercial souterrain sombre, surmonté de verres lourdingues, dans l’un des pires actes de vandalisme urbain du siècle. Surnommé «le trou des Halles », avec un parc qui est devenu une attraction pour le trafic de drogue, le lieu a été un fardeau national depuis. » (…)

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« L’architecte Patrick Berger dit de sa structure qu’elle « ouvre un axe est-ouest », avec vue sur le parc à proximité à remanier bientôt dans l’alignement Les Halles, du Centre Pompidou, du le Palais-Royal et du Louvre, des grands édifices que la Canopée tente d’égaler dans l’échelle de son ambition – mais pas, malheureusement, dans la qualité de son exécution. » (…)

« Le tout est d’un statisme désespéré vu de l’ouest, comme s’il était affaissé sous le poids de l’attente. Pas plus d’aide côté couleur. Virant entre le sable et le beurre rance selon la lumière, la charpente métallique jaune jette une pâleur maladive à travers la scène, prêtant à l’intérieur un d’air décidément institutionnel. » (…)

« Il était facile de prédire que le projet finirait comme un compromis, compte tenu de sa gestation en jeu d’échecs. »(…)

Oliver Wainwright, architecte de formation, est un critique d’architecture du quotidien britannique  The Guardian. Il écrit en outre sur l’architecture  dans plusieurs publications internationales.

Lire l’article 

Autres articles sur le sujet publié dans The Guardian :

Sold for scrap: great city buildings that were stupidly demolished

« Vendu pour de la ferraille: des grands bâtiments de la ville qui ont été stupidement démolis. Avec le réaménagement des Halles cette semaine, Paris espère clore un chapitre sur la destruction embarrassante du bâtiment d’origine – une structure urbaine magnifique. La destruction en 1972 des Halles, le marché décrit par Zola comme «le ventre de Paris », était un acte de sabotage contre la ville. Il a été « l’acte le plus violent jamais commis contre le patrimoine de Paris, » selon l’historien Donato Severo – mots forts étant donné ce que Haussman a fait un siècle plus tôt. A sa place, on a construit un complexe de transport et de shopping, presque universellement vilipendé pour son esprit moyen. »…

Paris hopes €1bn revamp of Les Halles can become city’s ‘beating heart’

« Paris espère qu’avec ce réaménagement  à 1 Md €,  les Halles peuvent devenir le «cœur qui bat» de la ville »

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