23/02/2015

Thierry Ardisson défend le patrimoine parisien avec son association

C’est l’état désastreux des Arcades de la rue de Rivoli qui a incité Thierry Ardisson à créer son association pour réunir des riverains et tous ceux qui aiment Paris et faire face à la situation. L’ADAR (Association de Défense des Arcades Rivoli) compte dans ses membres fondateurs des célébrités comme Antoine de Caunes, Daphné Roulier, Marc Lavoine et Sarah Poniatowski, Anne Poniatowski, la productrice Anne Marcassus et Maître Rémy Le Fur, commissaire priseur. L’association a aussi le soutien de la Maire de Paris Anne Hidalgo.

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La dégradation de cet espace patrimonial emblématique de Paris face au Louvre et au jardin des Tuileries, à proximité des hôtels Meurice, Saint James and Albany, le célèbre salon de thé Angelina ou la très select librairie Galignani, la différence du traitement entre la rue Saint-Honoré et la rue de Rivoli, suscitent l’indignation des parisiens qui habitent ou travaillent dans ce quartier. Et certainement, la goûte qui a fait déborder le vase est l’arrivée des fast-food et kebabs sous les Arcades !

Thierry Ardisson signale notamment que :

• Les trottoirs (dont les réfections sont à la charge des propriétaires) sont souvent défoncés et sans aucune unité de revêtement. On est loin des mosaïques qui donnaient aux Arcades un cachet si particulier…
• Les plafonds, recouverts de crasse et de toiles d’araignées, sont honteux dans un site patrimonial de cette importance.
• Les boutiques, outre le fait qu’elles empiètent sur les trottoirs bien au-delà de la limite légale, sont généralement dédiées à des commerces bas-de-gamme, souvenirs de Paris made in China, fast-foods, alors que la rue Saint-Honoré connaît un remarquable essor !

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Thierry Ardisson exprime le souhait de voir les commerces de souvenirs et de fast-foods quitter les Arcades pour être remplacés par d’autres, « dignes de ce lieu« . Dans un article que lui consacre Paris-Match, il précise que ce n’est pas l’installation des boutiques de luxe qu’il souhaite et affirme « Avant, ces arcades étaient destinées aux petits marchands d’art, aux antiquaires et aux souvenirs de qualité. C’est dans cet esprit que nous voulons les faire revivre aujourd’hui« .

L’animateur de télévision n’est pas à son premier acte militant de ce type. Il y a quelques jours, il confiait au Point : « Moi qui n’ai toujours milité que pour moi-même, j’ai découvert l’action collective quand, avec mes amis ornais, nous avons empêché l’activité de la plus grande déchetterie d’Europe que l’État a laissé se construire à quelques kilomètres du haras du Pin, joyau équin exceptionnel ! »

Petit rappel historique :  la rue de Rivoli est située sur l’emplacement de l’ancienne rue des Fossés-Saint-Germain-l’Auxerrois. Initialement rue Impériale (elle porte le nom d’une ville de victoire de Napoléon), elle a été dessinée par les architectes Percier et Fontaine en 1801. La construction de la partie de la rue de Rivoli qui contient les Arcades a duré de 1806 à 1835.

Thierry Ardisson aime Paris. Nous ne pouvons nous empêcher de relever ici, avec quelque malice, ses propos dans Paris-Match concernant la vue depuis chez lui : « D’un côté, j’ai la vue sur la sublime Tour Eiffel, et de l’autre sur l’immonde tour Montparnasse. Ce contraste me rappelle chaque jour qu’il faut se battre pour préserver les belles choses. »

Protéger l’architecture et le cadre de vie de ce lieu parisien unique est une noble cause et nous souhaitons vivement à cette jeune association de réussir ses objectifs !

MK

06/05/2015

Musée Hebert (6e): imbroglio juridique et financier

Par Colette de Wiljes

À trop vouloir bien faire, tout se trouve ficelé et impossible à démêler … C’est un peu le constat que l’on peut faire quand la curiosité vous pousse à vouloir connaître le pourquoi de la fermeture depuis plusieurs années du charmant Musée Hébert rue du Cherche-Midi, fermeture qui s’accompagne de la mise sous filet d’une partie de la façade.

Ernest Hébert (1817-1908) a été un peintre en vogue au Second Empire et sous la IIIème République. Il a connu la célébrité, notamment pour ses portraits mondains et ses scènes paysannes inspirées de l’Italie qu’il aimait beaucoup.

Musée Hébert 21/03/2015

Musée Hébert 21/03/2015

A sa mort, le fils adoptif de sa veuve, Patris d’Uckermann voulut laisser à la postérité une belle collection de l’artiste et un lieu où l’exposer, l’Hôtel de Montmorency au 85 de la rue du Cherche-Midi (6ème arrondissement). Il légua également à l’État deux immeubles de rapport dont les revenus devaient assurer le financement du fonctionnement du musée … Ces donations échelonnées dans le temps ont été attribuées à des bénéficiaires différents, ainsi la collection de l’artiste est revenue au Musée d’Orsay, la propriété de l’hôtel de Montmorency à la Réunion des Musées Nationaux, RMN, et les immeubles de rapport à la Fondation de France …

Aujourd’hui, tout se trouve bloqué à la suite de la dégradation de l’état du musée. En effet, d’un côté, se trouve un propriétaire, RMN, qui n’a pas d’argent pour financer les lourds travaux de réhabilitation de l’Hôtel, d’un autre la Fondation de France qui bénéficie des rentrées financières des immeubles de rapport, mais ne se presse pas d’examiner le problème de la rénovation du musée… Heureusement, la collection Hébert qui comporte des tableaux et un fonds intéressant de photos d’Italie, elle, est bien entretenue par le Musée d’Orsay.

Yves Badetz, conservateur général du patrimoine, directeur de ce musée fantôme, estime que pour dénouer cet imbroglio juridique, il convient de respecter le souhait du donateur, qui était d’assurer l’exposition des œuvres d’Ernest Hébert dans l’Hôtel de Montmorency. Ainsi, sans s’engager dans l’idée de casser la donation, sa révision est envisagée avec l’accord de la Fondation de France, légataire universel. Une première étape serait de transférer la propriété des murs au Musée d’Orsay. Ensuite, viendra la question du financement des travaux, estimés à 14 M€, ce qui est beaucoup pour environ 1.800m2 de surface disponible ! Mais l’agencement des lieux est à revoir entièrement, avec au préalable le départ de locataires qui occupent une partie des lieux. Une question peut être posée : les biens remis à la Fondation de France sont-ils seulement inaliénables ou doivent-ils rester au service des intentions premières des donateurs ? Ne pourrait-on envisager la vente du ou des immeubles de rapport pour financer ces travaux ?

Il serait dommage que cet hôtel XVIIIème, dont la façade est inscrite aux Monuments Historiques ne retrouve pas sa vocation d’héberger les œuvres d’Ernest Hébert, et d’être ouvert au public, comme le souhaitait le donateur …

Et, à une autre échelle, lorsqu’on se promène le long de la rue du Cherche-Midi, bordée de nombreux hôtels célèbres, l’idée vient de proposer la création d’un comité de cette rue, pour en assurer la protection et le rayonnement, qu’en pensent les riverains ?

 

21/04/2015

Paris et Londres même combat contre les projets irrationnels et démesurés !

Create streets est une organisation sociale non partisane et un Institut de recherche indépendant qui se concentre sur l’environnement bâti. Create streets (« Créer des rues« ) défend la construction des maisons de ville, sur rue, des maisons avec appartements, plutôt que des immeubles complexes à plusieurs étages. L’article que nous avons choisi de signaler ici s’intitule : « London deserves better than this Why we’re building the wrong buildings in the wrong places » (« Londres mérite mieux que ça – Pourquoi nous construisons des mauvais immeubles aux mauvais endroits »).

Londres

Paul Murrain, son auteur, écrit : « Il n’y a rien qui illustre mieux la nivellement par le bas dans l’évolution de Londres que les deux tours de verre, résidentielles, de 50 étages, à l’extrémité Sud du Blackfriars Bridge.  Pourquoi 50 étages ? Quelle en est la raison ? D’où cela vient-il ? Est-ce-qu’un aménageur l’a joué à pile ou face ? »

Paul Murrain est un éminent designer urbain avec 30 ans d’expérience mondiale. Il a été maître de conférences au Joint Centre for Urban Design à Oxford, professeur invité à l’Université de Greenwich et directeur du design senior à la Prince’s Foundation pour l’environnement bâti.

L’article (en anglais) peut être téléchargé en PDF sur ce lien :

London deserves better by Paul Murrain

Le site de Create Streets : http://www.createstreets.com/home/4579560001

Le site fournit aussi une liste non exhaustive des associations et collectifs, anciens ou nouveaux, qui ont une présence sur les médias sociaux, et qui défendent un meilleur développement ou s’opposent à des projets démesurés controversés, aussi bien au centre ville que dans le Grand Londres :

http://www.createstreets.com/community/4587641871

Parmi eux, à signaler ici, The Skyline Campaignhttp://www.skylinecampaign.org/

03/04/2015

Île-de-France : d’où vient son nom ?

Après la diffusion cette semaine d’une belle émission entièrement consacrée à lÎle-de-France sur France 3, dans Des racines et des ailes : L’Île-de-France ne se résume pas à Paris, la question sur l’origine du toponyme semble d’actualité.

Château de Dampierre

Château de Dampierre

Le terme « Île-de-France » n’est pas un nouveau mot composite  pour désigner une division administrative de l’ère moderne, mais nous vient directement du Moyen-Age. C’est vers 1387 que Jean Froissart (1333- v. 1405) évoque dans ses « Chroniques » le terme « Île-de-France » pour remplacer le traditionnel « pays de France »  utilisé pour nommer la province dont la ville première est Paris, capitale des rois Francs. Cet auteur, un des chroniqueurs les plus lus du 14e siècle, fournit la première source écrite du nom de la région. Aujourd’hui, issue du domaine royal constitué depuis le 10ème siècle par les rois Capétiens, la région Île-de-France actuelle en reprend les contours.

Si on comprend facilement que le mot « France » fait référence aux Francs, en revanche « île » ne semble pas avoir d’explication évidente. Selon une première hypothèse, il semblerait évoquer une île car la région et cernée par des fleuves : on doit traverser l’eau pour accéder en Ile-de-France. Il s’agit bien de la Seine, de la Marne et de l’Oise auxquelles s’ajoute l’Epte, au Nord, qui a, depuis toujours, établi la frontière avec la Normandie. (…)

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Villarceaux

Villarceaux

29/03/2015

Le projet de la Samaritaine – l’érosion lente du caractère de Paris

Par Daniel Morales
architecte
 
Il est difficile de croire que ceci se passe à Paris, parce que le plan de masse du projet qui doit remplacer les bâtiments détruits de la Samaritaine est à peine différent de l’original, au contraire de ce qui se passe à Washington où toujours plus de hauteur est réclamée. 
Le projet pourrait être excusable s’il s’agissait d’un site marquant comme le Centre Pompidou, mais dans le tissu de la rue de Rivoli, la dissonance est bien plus apparente. C’est le goutte-à-goutte de l’érosion du caractère de la ville, qui pourrait apparaître peu important s’il se produisait ici et là, mais qui atteint un point de basculementlorsque l’âme d’un lieu disparaît, comme cela est arrivé à tant de centres-villes américains.
 
... à droite, le Louvre... Photo Harold Hyman

… à droite, le Louvre… Photo Harold Hyman

Considérant le bâtiment voisin, de belle apparence début 20ème, il est étrange qu’un remplacement strictement haussmannien n’ait pas été proposé. Mais cela est un produit de notre endoctrinement architectural actuel qui affecte tous ceux qui ont des prétentions progressistes, même s’ils choisissent de vivre eux-mêmes dans une maison traditionnelle dans une ville traditionnelle.
Je ne suis pas sûr que les architectes l’aient voulu, mais le projet ressemble au fantôme d’un immeuble mort…
 
Daniel Morales, architecte et designer à Washington DC, USA.
25/03/2015

Pour un urbanisme sensoriel, par Thierry Paquot

Nous avons mis en ligne le contenu de la conférence de Thierry Paquot, qui a suivi notre assemblée générale du 19 mars dernier.

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Thierry Paquot, philosophe de l'urbain

Thierry Paquot, philosophe de l’urbain

Extraits : »Pour un urbanisme sensoriel« …  » « Adolescent, j’étais attiré par les puces de Saint-Ouen, le Quartier Latin et surtout par tous les dénivelés, les rues munies d’escaliers (en particulier autour de Montmartre), une ville pour moi, alors, affichait son relief, il fallait monter et descendre pour la conquérir ! Lycéen à Turgot, je me perdais dans le dédale des passages et admirais, à l’instar des surréalistes, ces deux portes sans fortification que sont Saint-Martin et Saint-Denis. Étudiant, combien de fois ai-je longé la Seine en flirtant ou en conversant, imaginant refaire le monde ? À cette époque, toutes les voies que j’empruntais me conduisaient d’un bouquiniste à un autre et m’orientaient toujours vers Odéon, sur la rive gauche. Là, j’étais chez moi. Le musée Delacroix, place Furstenberg, n’est-il pas charmant ? Et la rue Tournefort ou la moud ? Plus tard, j’ai appris à apprécier des portions de rue (l’avenue Leclerc de la porte d’Orléans à l’église de Montrouge, la rue Lanneau qui conduit à la rue Valette…), des vues particulièrement cadrées (la place du marché Saint-Honoré, la place Dauphine, la place Sainte-Catherine…), des paysages urbains (la rue Myrha et alentours, la rue du faubourg Saint-Antoine avec sa courbure finale qui retarde l’arrivée de la Bastille, la rue de Charenton bien longue…), ce sont des lieux simples, parfois hétérogènes dans leurs façades, leurs coloris, leurs ambiances, mais justement »…

« Il existe de très nombreux architectes et d’urbanistes, restés à l’écart du star system, qui bâtissent un logement ou un quartier en prenant comme « matériaux » les sensations de leurs résidants. Ils combinent alors le climat de la météorologie au climat de la psyché humaine. Non sans mal, du reste, car une telle ligne de conduite n’appartient pas à l’air du temps. »   (Extraits)

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