23/02/2015

Thierry Ardisson défend le patrimoine parisien avec son association

C’est l’état désastreux des Arcades de la rue de Rivoli qui a incité Thierry Ardisson à créer son association pour réunir des riverains et tous ceux qui aiment Paris et faire face à la situation. L’ADAR (Association de Défense des Arcades Rivoli) compte dans ses membres fondateurs des célébrités comme Antoine de Caunes, Daphné Roulier, Marc Lavoine et Sarah Poniatowski, Anne Poniatowski, la productrice Anne Marcassus et Maître Rémy Le Fur, commissaire priseur. L’association a aussi le soutien de la Maire de Paris Anne Hidalgo.

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La dégradation de cet espace patrimonial emblématique de Paris face au Louvre et au jardin des Tuileries, à proximité des hôtels Meurice, Saint James and Albany, le célèbre salon de thé Angelina ou la très select librairie Galignani, la différence du traitement entre la rue Saint-Honoré et la rue de Rivoli, suscitent l’indignation des parisiens qui habitent ou travaillent dans ce quartier. Et certainement, la goûte qui a fait déborder le vase est l’arrivée des fast-food et kebabs sous les Arcades !

Thierry Ardisson signale notamment que :

• Les trottoirs (dont les réfections sont à la charge des propriétaires) sont souvent défoncés et sans aucune unité de revêtement. On est loin des mosaïques qui donnaient aux Arcades un cachet si particulier…
• Les plafonds, recouverts de crasse et de toiles d’araignées, sont honteux dans un site patrimonial de cette importance.
• Les boutiques, outre le fait qu’elles empiètent sur les trottoirs bien au-delà de la limite légale, sont généralement dédiées à des commerces bas-de-gamme, souvenirs de Paris made in China, fast-foods, alors que la rue Saint-Honoré connaît un remarquable essor !

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Thierry Ardisson exprime le souhait de voir les commerces de souvenirs et de fast-foods quitter les Arcades pour être remplacés par d’autres, « dignes de ce lieu« . Dans un article que lui consacre Paris-Match, il précise que ce n’est pas l’installation des boutiques de luxe qu’il souhaite et affirme « Avant, ces arcades étaient destinées aux petits marchands d’art, aux antiquaires et aux souvenirs de qualité. C’est dans cet esprit que nous voulons les faire revivre aujourd’hui« .

L’animateur de télévision n’est pas à son premier acte militant de ce type. Il y a quelques jours, il confiait au Point : « Moi qui n’ai toujours milité que pour moi-même, j’ai découvert l’action collective quand, avec mes amis ornais, nous avons empêché l’activité de la plus grande déchetterie d’Europe que l’État a laissé se construire à quelques kilomètres du haras du Pin, joyau équin exceptionnel ! »

Petit rappel historique :  la rue de Rivoli est située sur l’emplacement de l’ancienne rue des Fossés-Saint-Germain-l’Auxerrois. Initialement rue Impériale (elle porte le nom d’une ville de victoire de Napoléon), elle a été dessinée par les architectes Percier et Fontaine en 1801. La construction de la partie de la rue de Rivoli qui contient les Arcades a duré de 1806 à 1835.

Thierry Ardisson aime Paris. Nous ne pouvons nous empêcher de relever ici, avec quelque malice, ses propos dans Paris-Match concernant la vue depuis chez lui : « D’un côté, j’ai la vue sur la sublime Tour Eiffel, et de l’autre sur l’immonde tour Montparnasse. Ce contraste me rappelle chaque jour qu’il faut se battre pour préserver les belles choses. »

Protéger l’architecture et le cadre de vie de ce lieu parisien unique est une noble cause et nous souhaitons vivement à cette jeune association de réussir ses objectifs !

MK

25/03/2015

Pour un urbanisme sensoriel, par Thierry Paquot

Nous avons mis en ligne le contenu de la conférence de Thierry Paquot, qui a suivi notre assemblée générale du 19 mars dernier.

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Thierry Paquot, philosophe de l'urbain

Thierry Paquot, philosophe de l’urbain

Extraits : »Pour un urbanisme sensoriel« …  » « Adolescent, j’étais attiré par les puces de Saint-Ouen, le Quartier Latin et surtout par tous les dénivelés, les rues munies d’escaliers (en particulier autour de Montmartre), une ville pour moi, alors, affichait son relief, il fallait monter et descendre pour la conquérir ! Lycéen à Turgot, je me perdais dans le dédale des passages et admirais, à l’instar des surréalistes, ces deux portes sans fortification que sont Saint-Martin et Saint-Denis. Étudiant, combien de fois ai-je longé la Seine en flirtant ou en conversant, imaginant refaire le monde ? À cette époque, toutes les voies que j’empruntais me conduisaient d’un bouquiniste à un autre et m’orientaient toujours vers Odéon, sur la rive gauche. Là, j’étais chez moi. Le musée Delacroix, place Furstenberg, n’est-il pas charmant ? Et la rue Tournefort ou la moud ? Plus tard, j’ai appris à apprécier des portions de rue (l’avenue Leclerc de la porte d’Orléans à l’église de Montrouge, la rue Lanneau qui conduit à la rue Valette…), des vues particulièrement cadrées (la place du marché Saint-Honoré, la place Dauphine, la place Sainte-Catherine…), des paysages urbains (la rue Myrha et alentours, la rue du faubourg Saint-Antoine avec sa courbure finale qui retarde l’arrivée de la Bastille, la rue de Charenton bien longue…), ce sont des lieux simples, parfois hétérogènes dans leurs façades, leurs coloris, leurs ambiances, mais justement »…

« Il existe de très nombreux architectes et d’urbanistes, restés à l’écart du star system, qui bâtissent un logement ou un quartier en prenant comme « matériaux » les sensations de leurs résidants. Ils combinent alors le climat de la météorologie au climat de la psyché humaine. Non sans mal, du reste, car une telle ligne de conduite n’appartient pas à l’air du temps. »   (Extraits)

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24/03/2015

Paris et New York, même combat pour la qualité de vie et contre les hauteurs démesurées

Une conférence de presse sur les marches du City Hall de New York s’est tenue le 25 mars pour protester contre le Projet de surélévation des hauteurs des gratte-ciel, qui avantagera les promoteurs immobiliers au détriment des habitants de tous les quartiers. La remise en question des règles actuelles, affaiblirait la protection durement gagnée dans la ville de New York, au cours de décénnies. (Mise à jour le 26.03.2015). 

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Dans la West 70th Street, un typique Brownstone-scale midblock, protégé par les règles actuels.

Dans la West 70th Street, un typique Brownstone-scale midblock, protégé par les règles actuels.

22/03/2015

Manifestation pour la défense des Serres d’Auteuil: photos, revue de presse

La manifestation annoncée a réuni plus de 500 participants hier aux Serres d’Auteuil, parmi lesquels des personnalités politiques et du monde associatif : Agnès Popelin (France nature environnement), Yves Contassot, (EELV), Bertrand-Pierre Galey, (maire-adjoint de Boulogne-Billancourt), pour ne citer que trois…

Par Cabu, ancien adhérent et ami de SOS Paris...

Par Cabu, ancien adhérent et ami de SOS Paris…

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Olivier de Monicault, président de SOS Paris

Olivier de Monicault, président de SOS Paris

À lire sur le net (liste non exhaustive) :

Les associations et les politiques manifestent pour les Serres d’Auteuil

Manifestation aux Serres d’Auteuil 

Un rassemblement pour dire « non » au projet de modernisation voulu par la FFT

Les défenseurs des serres d’Auteuil marquent un point

Manifestation contre l’extension de Roland Garros

Mobilisation pour sauver les serres d’Auteuil (Paris 16e)

 

19/03/2015

Assemblée générale 2015 de SOS Paris

Article mis à jour le 20/03/2015 à 00h42

Assemblée Générale de SOS Paris à la Mairie du 5e aujourd’hui à 17h30, suivie de la conférence de Thierry Paquot : « Le charme de Paris… » et clôturée par notre verre d’amitié.

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16/03/2015

Téléchargez le dernier numéro du bulletin de SOS Paris !

Le bulletin N° 93 de SOS Paris vient de paraître et nos abonnés le reçoivent par la poste. Il est également disponible à notre secrétariat +33 (0)1 45 44 63 26, 103, rue de Vaugirard, 75006 Paris. E-mail : sos.paris@orange.fr

La version électronique du bulletin est à télécharger au format PDF ici : SOS PARIS-N°93

10/03/2015

Serres d’Auteuil : appel à manifester samedi 21/03

Mis à jour le 25/03/2015

Avec le soutien des écologistes et notamment d’Yves Contassot les défenseurs des Serres d’Auteuil se mobilisent et appellent à une manifestation le samedi 21 mars à 15h sur place, dans le jardin. 

Lire l’article

 

Jardin des Serres d'Auteuil dans le Bois de Boulogne

Jardin des Serres d’Auteuil dans le Bois de Boulogne

La pétition « Sauvons les serres d’Auteuil » est lancée pour défendre la préservation du site, par son Comité de soutien,  et elle a déjà réuni à ce jour plus de 61.320 signatures. Elle peut être signée en ligne sur ce lien

04/03/2015

Compte-rendu de la conférence « Pour l’amour de Paris » sur les gratte-ciel

Notre conférence « Pour l’amour de Paris » s’est déroulée le 25 février sur le thème de la question des tours, en projet, à Paris. Retrouvez son compte-rendu détaillé sur ce lien

Vision hypothétique des tours Duo depuis le Pont National

Vision hypothétique des tours Duo depuis le Pont National

 

02/03/2015

L’impasse des Arbalétriers, en plein Marais historique, voué au vandalisme

Impasse des Arbalétriers (3e arrondissement)

Impasse des Arbalétriers (3e arrondissement)

L’impasse des Arbalétriers qui est l’une des plus vieilles rues de Paris avec ses encorbellements datant du haut Moyen-Âge, est victime d’un vandalisme et d’une destruction qui vont en s’accélérant. Situé au niveau du 44 rue des Francs Bourgeois,  à côté du Centre culturel suisse. sa protection fait l’objet d’une association récemment créée : Pour la sauvegarde du passage des Arbalétriers Paris – le Marais. 

Lire notre article sur ce lien

 

02/03/2015

Tour TGI (17e) : Dans les réunions, les habitants étaient matraqués par l’argument qu’elle donnera une identité au quartier !

CorinneLaBalme Par Corinne LaBalme

Ancienne New-Yorkaise, je suis venue m’installer aux Batignolles il y a dix ans. Pour les habitants de Manhattan, les Batignolles ressemblent au Lower East Side, avec toutefois moins de boutiques de ‘croissants-gourmets’. C’est une enclave, autrefois sans chic, mais où des immeubles modestes se sont embourgeoisés à la vitesse de la lumière.

Les Batignolles avaient un atout rare : un espace ferroviaire abandonné qui était destiné à devenir un village Olympique mais qui est maintenant devenu un sanctuaire de grues. Comme chacun, dans ce quartier minuscule, j’essaie de m’habituer à la proximité de l’énorme site de construction de 62 hectares tout près, à quelques pâtés de maisons. (Pour avoir une idée, 62 hectares représentent à peu près la surface de tout le 2ème arrondissement !). Déjà, 12 de ces hectares ont été attribués aux espaces verts et de récréation, ce que tout le monde apprécie. Plus tard, 3.385 appartements y seront construits, et qui oserait s’opposer à de nouveaux logements ?

Cependant, le gratte-ciel de 160 mètres qui abritera le TGI (Tribunal de Grande Instance), conçu par Renzo Piano, qui deviendra (au sens propre et au sens figuré) la Cour de Justice la plus haute de France, est un peu moins populaire. Dans les réunions, les résidents étaient continuellement matraqués par l’argument que cette tour donnera une identité à notre quartier. Franchement, nous pensions que nous en avions déjà une… peut-être les habitants du quartier Montparnasse pourront nous éclairer sur ce sujet ?

ZAC Clichy Batignolles

ZAC Clichy Batignolles

Mais il y a de plus grands problèmes pour cette Tour TGI toute couverte de verre, dont la construction a été approuvée dans le denier souffle de la présidence Sarkozy. Dès le départ, le TGI n’a pas été présenté comme « juste encore une tour en verre » mais comme la Très Symbolique Tour de Verre qui incorpore la glasnost judiciaire. Et c’est cela qui nous fait peur parce que le dernier projet choisi à Paris purement pour sa valeur symbolique était une bibliothèque qui grille ses livres !

Le premier groupe à protester bruyamment contre le TGI était une organisation d’avocats appelé La Justice dans la Cité. Eux-mêmes férus de symbolisme, ils ont postulé que la justice est mieux rendue dans les salles d’audience centenaires. Ils ont proposé de nombreuses alternatives raisonnables à un nouveau gratte-ciel aux coûts exorbitants, notamment la relocalisation d’archives existantes et l’annexion d’espaces vides adjacents à l’ancien Palais de Justice.

ZAC Clichy Batignolles

ZAC Clichy Batignolles

Ce sont de bonnes suggestions en raison du prix affiché du TGI – € 2,7 milliards – montant ahurissant dans une économie en récession. C’est comme la pointe de l’iceberg puisqu’il y a aussi un bail de 27 ans (€ 90 millions/an) plus les frais de maintenance (€ 12,8 millions/an) à considérer.

Lorsque le gouvernement a changé, la nouvelle ministre de la Justice, Christiane Taubira, se déclarait choquée par les coûts, mais après quelques retards, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a confirmé le contrat. Peut-être n’avait-il pas beaucoup de choix car il est rapporté que le contrat initial promettait aux développeurs beaucoup d’argent, que le TGI soit construit ou non.

ZAC Clichy Batignolles

ZAC Clichy Batignolles

La vidéo officielle du projet (qui peut être consultée ici : http://www.dailymotion.com/video/xs66rq_projet-en-ppp-futur-palais-de-justice-de-paris_news) présente un immeuble très attrayant (rempli de lumière ! symbolique !) dont les aspects modulaires seront utiles dans l’avenir. Après cela, les images montrent des vues panoramiques béatifiques dont les avocats et les magistrats pourront profiter des bureaux, des jardins sur les toits, et de l’ascenseur en verre.

Je rêve de savoir si les recettes fiscales n’auraient pas pu être mieux dépensées sur de profondes améliorations sociales en vue d’abaisser le crime, plutôt que de construire un site pour le poursuivre avec plus de glamour. Toutefois, cette ligne de pensée ne nous donne pas « une cathédrale baignée de lumière » comme Renzo Piano la décrit, ou un havre où les gens « ne doivent pas craindre la justice ».

Paradoxalement, cette incarnation du TGI me laisse un sentiment de peur pour la justice. Une tour si délicate, seule dans son espace (même avec des vues panoramiques magnifiques), est-elle vraiment la meilleure solution (‘la forme suit la fonction’) pour permettre au gouvernement de conduire des investigations volatiles dans le terrorisme, le crime organisé et la corruption financière ? Un style « Bunker Baroque » n’aurait-il pas été un choix qui montre plus de jugeote ?

Ou peut-être, on aurait pu juste se contenter des pierres existantes (moins transparentes il est vrai) sur l’Ile de la Cité…

Traduit par Jan Wyers

Corinne LaBalme est une journaliste ‘Made in New York’

 

23/02/2015

Avec les nouvelles tours dans le 13e, le retour des années ’70 tant décriées !

Article mis à jour le 26.03.2015

Les années ’70, tant décriées sur le plan architectural, reviennent à Paris ! Pour la première fois depuis cette époque, une tour de logements de 50m de hauteur voit le jour à Paris !

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… ça c’est Paris !…

Dans le 13ème arrondissement, le quartier de la ZAC Paris Rive Gauche (vous avez dit « quartier » ? oui, on est à Paris, donc c’est un quartier, pas une zone !) est celui de toutes les expérimentations, pour le meilleur et pour le pire… Dans le Sud de cet espace en devenir, une première tour de logements vient d’être terminée au 56 de l’avenue de France. Réalisée par Bouygues Immobilier pour un coût de 24,5 millions d’euros, elle comprend 96 logements en accession et 92 logements sociaux. Les acquéreurs auront à régler un prix calculé sur une base de 10.000 euros le m².

Concernant le style d’architecture, en purs héritiers du brutalisme architectural, les concepteurs ont opté pour une forme en « déhanchement » rappelant celui envisagé pour les tours Duo voisines en projet (comment ce n’est pas du brutalisme ? ça y ressemble fortement en tout cas !). C’est sans doute pour évoquer quelque chose de gracieux qu’on a choisi de présenter l’édifice comme une tour qui « twiste », là où on aurait pu, plus simplement,  dire une tour « tordue ».

L’ensemble est déconnecté du contexte parisien, comme une bonne partie de ce qui se construit dans la ZAC Paris Rive Gauche depuis 25 ans, quartier qui affiche un échantillonnage de visions d’architectes imbus de visions de grandeur et « d’innovation », portant des oeillères devant l’environnement bâti d’une ville patrimoniale que, visiblement, ils méprisent.

Des solutions techniques particulières ont dû être recherchées et mises en oeuvre pour l’isolation de cet ensemble de 50m de hauteur, des vibrations dûes à la proximité des rails du réseau ferré de la gare d’Austerlitz, et le double bâtiment répose sur des boîtes à ressorts.

L’édification de cet édifice de grande hauteur et des immeubles qui suivront à ses côtés, est la conséquence du déplafonnement en 2011 de la hauteur légale de la construction à cette partie de Paris. Avec la modification en cours du PLU (plan local d’urbanisme), la Mairie s’attend à se débarrasser des derniers obstacles pour donner libre cours à « l’innovation » et à la « modernisation » d’un Paris qu’elle juge dépassé et « dans le formole » ! C’est d’ailleurs l’objectif affiché de l’appel à projet « réinventer Paris » qui promet…

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17/02/2015

Les questions qu’une surélévation des toits de Paris souleverait… Le charme perdu…

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Par Olivier de Monicault

Président de SOS Paris

 

Ces derniers mois la discussion a été très animée au sujet de la reprise de la construction de tours dans Paris intra muros et la défense de la skyline. Au moment où nous mettons sous presse, un nouveau débat est lancé par l’APUR (Atelier Parisien d’Urbanisme) au sujet de la surélévation des immeubles parisiens.(Article du JDD ci-dessous NDLR).

Ce débat intervient au moment où Madame Anne Hidalgo rejette, ce n’est pas un hasard, la demande d’inscription des toits de Paris en zinc au patrimoine mondial de l’UNESCO proposée par la Maire de 9e arrondissement Delphine Bürkli .

"Toits Paris" by Masumi Kamiyama

Toits de Paris par Masumi Kamiyama

Le fond du problème porte sur le manque de terrains à construire et le désir de la Maire d’y remédier par une densité accrue alors que Paris est, parmi les très grandes villes du monde, une des plus denses avec plus de 22 000 habitants au kilomètre carré et la plus faible superficie d’espace vert par habitant.  D’où l’idée de surélever les immeubles. Il peut s’agir de simples modifications des toitures et lucarnes, de véritables surélévations, voire de remplacement de bâtiments bas par des immeubles plus élevés. Bien entendu l’APUR ne prétend pas généraliser ces mesures à toutes les rues et tous les quartiers, mais son étude suggère 8 850 parcelles sur 75 400 soit environ 11 520 bâtiments.

Le débat est ouvert. D’ailleurs la Commission du Vieux Paris envisage de créer un groupe de travail pour essayer de définir une doctrine en ce domaine. Mais cela pose deux questions de base : est-il souhaitable d’uniformiser les hauteurs, rue par rue, alors que le charme de Paris est lié à la variété des hauteurs ? Est-il raisonnable de densifier systématiquement ? Nous en doutons fermement.

Multiples seront les questions à poser : comment seront gérées les divergences de points de vue au sein des copropriétés? Les surélévations seront-elles discrètes, comme ce fut souvent le cas par le passé, ou résolument contemporaines avec une architecture de rupture ? des ascenseurs seront-ils à prévoir? Comment traiter les dents creuses ? Comment traitera-t-on le cas particulier et combien sensible des coins de rues ? Va-t-on multiplier les toits végétalisés ? Quelles impact sur la skyline (ligne d’horizon) ?
Nous aurons l’occasion dans un proche avenir de reparler de ce grave problème mais d’ores et déjà il nous semble inacceptable de se lancer dans une politique systématique de surélévation qui risque de créer uniformité et monotonie et porterait sérieusement atteinte à l’image de charme de Paris .

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Publié dans le JDD ce dimanche 15 février :

A Paris, 11.520 immeubles sont susceptibles d’être surélevés

Paris demain

Extrait :

Une étude de l’Atelier parisien d’urbanisme recense 11.000 immeubles susceptibles d’être rehaussés. Les écologistes sont contre. La droite voudrait classer les toits en zinc.

Paris manque de logements et de terrains pour construire? Qu’à cela ne tienne, rehaussons les immeubles de quelques étages. C’est l’intention d’Anne Hidalgo, qui se heurte toutefois aux réticences des alliés écologistes et d’une partie de la droite. Selon une étude de l’Atelier parisien d’urbanisme (Apur) que dévoile le JDD, pas moins de 12% des parcelles de la capitale pourraient faire l’objet d’une surélévation ; soit 8.850 parcelles sur 75.400. Ce qui représente quelque 11.520 bâtiments – 8,2% des 140.000 immeubles parisiens – susceptibles de croître de un à cinq niveaux. Certains pourraient ainsi être dotés de deux logements supplémentaires, d’autres d’une dizaine. Au final, le potentiel serait d’environ 40.000 nouveaux appartements familiaux de 50 à 70 m². Un gisement non négligeable pour la maire de Paris, qui a promis de créer 10.000 logements par an et d’atteindre les 30% de logements sociaux d’ici à 2030. 

La Ville est en train de préparer une modification de son Plan local d’urbanisme (PLU), laquelle sera prochainement soumise à enquête publique et doit être adoptée fin 2015 par le Conseil de Paris. Les surélévations sont au programme, car elles sont facilitées par la suppression des règles de densité (COS), introduite par la loi Alur*. « Il s’agit de renouer avec la tradition parisienne », argue Dominique Alba, directrice de l’Apur. « Entre la fin du XIXe siècle et le milieu du XXe, près de 10% des immeubles sur rue ont été surélevés. Dans les années 1960-1980, on a préféré démolir et reconstruire. »

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10/02/2015

Refus de la Mairie d’appuyer le classement des toits de Paris au patrimoine mondial de l’Unesco : une analyse

Sans titre

  • L’information :
  • Delphine Bürkli, maire UMP du 9e,  a lancé la semaine dernière à la mairie du IXe un comité de soutien visant à convaincre l’Etat de porter la candidature des toits de Paris pour une inscription au patrimoine mondial de l’Unesco, un objectif qu’elle poursuit depuis la rentrée. Mais la maire de Paris Anne Hidalgo a annoncé à la presse; hier, désapprouver le projet,  affirmant ne pas vouloir « mettre Paris dans le formol ». « Je n’ai pas envie de mettre Paris dans le formol, d’autant que l’on veut faire de la végétalisation sur les toits, installer du photovoltaïque », a-t-elle affirmé. 

 

Par François Loyer

La réponse d’Anne Hidalgo met en évidence sa volonté d’intervenir de façon radicale sur le patrimoine existant. Végétaliser les toits, installer du photovoltaïque, c’est la partie avouée du discours, pour séduire la sensibilité écologique de la nouvelle bourgeoisie parisienne. Mais on ne doit pas oublier les projets de modification des combles pour y installer des logements supplémentaires, ce qui n’est pas une bonne idée du tout – suppression du « logement sociale de fait » que constituent les chambres de service, unification purement résidentielle du logement au détriment de toute diversité fonctionnelle ou sociale (d’autant que les étages de couronnement modifiés et pourvus de terrasse attireront le haut de gamme de la clientèle), disparition – et c’est bien cela qui nous préoccupe – du paysage des toits fait d’ardoise et de zinc qui est tout le charme de Paris.

On retrouve de très vieux débats sur le développement des combles tel que l’avait permis le règlement de 1902 – origine de spectaculaires conflits entre les associations et la Ville (rue de Rivoli, avenue de l’Opéra…). Et on retrouve, plus près de nous, l’idée chère aux architectes de transformer les toits de Paris en terrasses pour y attirer le logement de prestige – une position à laquelle Chirac s’était fermement opposé, ce qui nous a donné une vingtaine d’années de calme.

Ma conclusion est qu’on ferait bien mieux de bâtir des quartiers nouveaux, où les couvertures en terrasse auraient leur logique, dans tous ces territoires périphériques si mal exploités. Le nouveau Paris nous attend, comme il a commencé à se faire ici ou là (Bas-Meudon, Plaine Saint-Denis, parties non urbanisées jusqu’alors des boulevards extérieurs…), sans imposer la destruction de l’ancien – ce qui sera mieux et pour le paysage et pour le patrimoine !

03/02/2015

Pourquoi une architecture de rupture dans l’Institut de France quai Conti au coeur d’un monument classé ?

Par  Colette de Wiljes

C’est une réalisation en cours dont on parle peu … Et pourtant l’emplacement concerné est prestigieux, dépendant de l’Institut sur les bords de la Seine, Quai Conti. Les bâtiments XVII ème créés par Le Vau, avec notamment la célèbre Coupole sont bien sûr classés au titre des Monuments Historiques.

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Un Permis de Construire a été accordé le 25 juillet 2013 pour la réalisation d’un Auditorium de 450 places, accompagné de bureaux et salles de réunion. Il est situé sur une parcelle de 1.500 m2 environ, dite parcelle de l’An IV (1796). Le terrain avait fait à cette époque l’objet d’un transfert provisoire à l’Hôtel mitoyen de la Monnaie, car celui-ci manquait de place pour battre les nouvelles pièces révolutionnaires. La parcelle a été occupée par diverses constructions industrielles du XIX ème, dont une halle dite des « Nouveaux Ateliers » qui est classée.

La réalisation est prévue sur 4 niveaux (R – 1, et R + 2). L’autorisation a été accordée accompagnée que de deux prescriptions : la sauvegarde de la halle métallique des « Nouveaux Ateliers », et la réalisation d’une importante étude archéologique préalable aux travaux dans le sous-sol. En effet, le terrain se trouve en bordure de l’ancienne enceinte fortifiée de Philippe Auguste (vers 1200) et de son fossé défensif. La présence d’une tour, très probable, doit être vérifiée.

Deux observations peuvent être émises à propos de ce chantier : la réalisation d’un tel équipement dans un secteur aussi sensible se justifiait-elle vraiment ? Depuis que l’Institut existe, soit plus de 200 ans, les 450 académiciens n’ont pas disposé d’un Auditorium, et son absence n’a pas porté atteinte au prestige de l’institution. Les rencontres en séances plénières des 5 Académies sont des évènements exceptionnels, et l’on peut se demander si Paris, ville où se tiennent tant de conférences et réunions nationales et internationales, ne pouvait pas offrir à l’Institut des lieux d’accueil extérieurs au Quai Conti.

Mais l’Institut souhaitait disposer d’un tel équipement, et le projet a pris forme grâce à la reprise des négociations à propos de la parcelle de l’An IV, avec le Ministère du Budget, tutelle de l’Hôtel de la Monnaie. Une convention de rétrocession a été suivie d’une remise de la parcelle à l’Institut en 2013.

 Le parti retenu

Quel a été le parti architectural retenu ? L’Institut a lancé en 2011 un concours international et le lauréat a été l’atelier de Marc Barani. On peut noter que dans la présentation du projet, l’architecte se montre sensible à la grandeur de l’enjeu : « L’Institut souhaite que ce projet s’inscrive dans la vie du Palais comme un troisième élément essentiel, symbolique, après la Coupole au XVIIème siècle et la grande salle des séances au XIX ème siècle, un projet conçu comme un geste architectural majeur et contemporain ».

On peut reconnaître que la parcelle de l’An IV sera débarrassée des constructions industrielles qui l’encombraient. La nouvelle disposition des bâtiments en fond de parcelle permettra de dégager de l’espace et retrouver en partie l’ancien « Jardin du Directeur », datant de l’époque du Collège des Quatre Nations, avant l’affectation des lieux à l’Institut.

Le parti architectural retenu est effectivement contemporain. Surtout pas de pastiche, (1) pas de tentation de copier le décor des bâtiments voisins, mais c’est une réalisation d’un fonctionnalisme tellement dépouillé qu’il semble manquer d’âme …

Le dessin qui accompagne le projet présente le bâtiment d’accueil comme une construction de type rectangulaire, aux angles droits, sans fioriture aucune, avec une entrée d’une simplicité extrême, une mince baguette de pierre entourant l’ouverture d’un format presque carré. En ce qui concerne les matériaux retenus, si un léger soubassement est en pierre, les parois sont des baies vitrées avec la présence sur la façade d’accueil « d’une occultation motorisée permettant la théâtralisation de l’espace du foyer ». Le bois est aussi présent à l’extérieur en « sur-toiture horizontale » sur l’auditorium et les bureaux. Des dalles «  béton sur plots » sont prévues sur la toiture-terrasse en fond de parcelle, le béton semble avoir été aussi retenu pour les 3 marches de très grande surface qui donnent accès au foyer. Enfin, il est indiqué qu’un « volume technique pour la production de froid émerge de la toiture-terrasse » du foyer …

Le projet, estimé à 20 M €, est financé entièrement par l’Institut, à partir de ses fonds propres, et par appel au mécénat.

Il n’est pas sûr que cette réalisation marquera autant les esprits et suscitera autant d’admiration que la majestueuse entrée de l’Institut et sa Coupole, un des ornements des quais de Paris.

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NDLR

(1) Le pastiche, mot que tant d’architectes contemporains emploient avec mépris, et qui sert à masquer leur ignorance en histoire de l’architecture, et en techniques et matériaux naturels et durables qu’ils sont incapables d’utiliser aujourd’hui. Et surtout en parlant de pastiche, ils réussissent à intimider une partie du public d’une part et obtenir de la part des autorités des permis de construire pour des projets ineptes, insolents et  hors contexte. 

 

19/01/2015

Enquête publique sur le permis des tours Duo: c’est jusqu’au 20 mars. Vous avez la main !

Article mis à jour le 09/02/2015

Ce lundi 9 février, la Mairie de Paris a lancé l’enquête publique préalable à la délivrance du permis de construire concernant le projet des deux tours « Duo » dans le 13ème arrondissement.

Photo du Dossier de Presse

Photo Dossier de Presse

Le projet prévoit deux tours de 180 et 122 mètres de hauteur respectivement, qui seraient construites dans la ZAC Paris Rive Gauche sur le terrain situé au 51, rue Bruneseau, à Paris 13e, qui jouxte le boulevard périphérique. La parcelle de 8 794 m2 (dont 2 466 m2 au-dessus des voies), considérée comme « actuellement en friche », se situe à l’extrémité sud-est de l’avenue de France, à la limite des voies du chemin de fer de la Gare d’Austerlitz. Ces tours, dont la première aurait 39 étages et la seconde 27, abriteraient des bureaux, un auditorium, des halls, un hôtel, des commerces au sous-sol, au rez-de-chaussée et au premier étage.

Le maître d’ouvrage et investisseur unique est la société Ivanhoé Cambridge Investissements. Il s’agit d’une entreprise de promotion immobilière d’envergure mondiale, dont le siège se situe à Montréal, présente dans toutes les disciplines de l’immobilier. À travers ses nombreuses filiales localisées pour la plupart au Canada, aux États-Unis, en Europe, au Brésil et en Asie, la société affichaient plus de 40 milliards de dollars, fin décembre 2013. Ivanhoé Cambridge Investissements est une filiale immobilière de la Caisse de Dépôt et Placement du Québec, gestionnaire de fonds institutionnels. Elle détient dans son portefeuille des centres commerciaux, des immeubles de bureaux et des propriétés multirésidentielles. Ivanhoé Cambridge Europe est sa filiale, une société par actions simplifiée à associé unique créée en 2001. La société possède et gère en Europe un ensemble de 11 immeubles de bureaux (pour un total de plus de 364 100 m2) et 6 centres commerciaux (surface qui dépasse les 388 200 m2). Parmi ces propriétés, elle compte la tour T1 à La Défense.

Ivanhoé Cambridge a déjà commencé la commercialisation des locaux de deux tours jumelles en projet, sans attendre le résultat de l’enquête publique, pas plus que la délivrance du permis de construire. Des détails, sans doute, pour une société de cette stature…

 

Les tours Duo depuis le Pont National

Les tours Duo depuis le Pont National

Avec les tours Duo, Ivanhoé Cambridge ambitionne de construire et d’exploiter un ensemble de deux gratte-ciel, une sorte de tours jumelles de Paris, qui en plus de leur hauteur extravagante, jamais autorisée à Paris jusqu’à une date récente, elles exhiberaient une architecture insolante de deux tours « penchées », en désaccord total avec le cadre parisien existant, une vraie insulte pour la ville et une atteinte à sa skyline (ligne d’horizon). Est-il besoin de rappeler que ces deux tours seraient visibles de tout Paris, y compris depuis les monuments historiques ?

L’enquête publique a lieu du 9 février au 20 mars 2015, soit 40 jours consécutives. Le dossier d’enquête sera déposé en Mairie du 13e arrondissement et sera mis à la disposition du public. Toute personne intéressée pourra en prendre connaissance et consigner ses  observations sur les registres déposés à cet effet les lundis, mardis, mercredis et  vendredis de 8 heures 30 à 17 heures, les jeudis de 8 heures 30 à 19 heures 30 et, les samedis 7 et 14 mars 2015 exceptionnellement de 9 heures à 12 heures (bureaux  fermés les samedis et dimanches, habituellement).

Les observations du public pourront également être adressées par écrit, à l’attention de Mme Marie-Claire Eustache, commissaire enquêteur titulaire, à la Mairie du 13e arrondissement, 1, place d’Italie, 75634 Paris Cedex 13, en vue de les annexer aux registres.

Madame le Commissaire enquêteur sera à la disposition du public et assurera ses permanences à la mairie du 13e arrondissement aux horaires suivants :
— lundi 9 février 2015, de 9 h à 12 h;
— jeudi 19 février 2015, de 16 h à 19 h;
— mercredi 25 février 2015, de 14 h à 17 h;
— samedi 7 mars 2015, de 9 h à 12 h;
— samedi 14 mars 2015, de 9 h à 12 h;
— vendredi 20 mars 2015, de 14 h à 17 h.

 

Vue imagée des tours Duo basée sur les données annoncées

Vue imagée des tours Duo basée sur les données annoncées

Durant l’enquête publique, des informations sur le dossier peuvent être demandées par écrit auprès de la Mairie de Paris, Direction de l’Urbanisme, sous-direction du Permis de construire et du paysage de la rue, 6, promenade Claude Lévi-Strauss, CS 51388, 75639 Paris Cedex, à Mme Sophie Abisset. Il est aussi possible de demander ces informations par e-mail : sophie.abisset@paris.fr 

L’arrêté de la Mairie de Paris précise : « A l’expiration du délai fixé à l’article premier, les registres seront clos et signés par le commissaire enquêteur qui établira un rapport et rendra ses conclusions motivées au titre de la demande de permis de construire soumise à l’enquête, dans un délai de 30 jours à compter de la clôture de l’enquête, à la Mairie de Paris, Direction de l’Urbanisme ».

L’autorité compétente pour prendre la décision sur les demandes de permis de construire est la Maire de Paris, Madame Anne Hidalgo.

 

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