08/01/2017

Les possibilités d’une Île (de la Cité)…

28/12/2016

L’Île de la Cité vivra sa « troisième époque » ?

Dans un vaste plan de marchandisation de tourisme massif du centre historique de Paris appelé « hypercentre » (authentique !), qui comprend la Canopée des Halles, les théâtres de Châtelet et de la Ville réaménagés, la Collection Pinault d’art contemporain dans le bâtiment de la Bourse de Commerce, l’Île de la Cité serait, elle aussi, « métamorphosée », transformée pour être plus précis, pour qu’elle vive sa « troisième époque ». Il s’agit bien sûr d’une redéfinition arbitraire des périodes historiques de l’urbanisme qui rappelle celle de Christian de Portzamparc pour son projet mis en oeuvre dans l’opération Paris Rive Gauche. (Depuis le siècle dernier, les oeuvres contemporains ont un besoin impératif d’un texte théorique – et autant que possible, beau- qui « justifie » leur existence).

Projet Île de la Cité par Dominique Perrault. Visuel publié sur le site de la Mairie de Paris

Visuel publié sur le site de la Mairie de Paris

Le projet devient possible avec le départ organisé des institutions présentes sur place (déménagement du Tribunal et du Quai des Orfèvres, « modification » des activités de l’Hôtel-Dieu, etc) et le nombre réduit d’habitants – propriétaires, entre autres. Le cadre historique et protégé, composé d’édifices classés, limitant la possibilité de constructions nouvelles – et « innovantes »,  c’est en grande partie au sous-sol que les aménageurs s’attaquent : le dessin d’une dalle de verre transparent laissant entrevoir le sous-sol aménagé du parvis de Notre-Dame, a déjà « fait le buzz » sur internet.

Pour justifier le besoin impératif d’une transformation de cette envergure du lieu historique, il fallait avancer des arguments critiques et pointer tous les aspects négatifs possibles : un espace délaissé…, déjà altéré par Haussmann… Leur constat :  l’île de la Cité, telle qu’elle est aujourd’hui, « n’est pas un objet patrimonial à part entière » (sic). Affirmation que si elle était annoncée dans un cadre juridique, elle aurait, faut-il croire, un poids certain…

 

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Les Parisiens pourront d’ores et déjà …se réjouir : « Un embarcadère serait créé au pied de Notre-Dame pour développer le transport fluvial et des péniches seraient implantées pour accueillir des activités : cafés, restaurants, loisirs ».  Mais aussi, inspirés de ce qui s’est fait au Carrousel du Louvre, « Des services en sous-sol seraient installés sous le parvis de Notre-Dame : vestiaires, sanitaires, accueil du public, centre de traduction (on pense à tout), commerces. Les surfaces libérées par les services de l’État permettraient d’accueillir des start-up, du tertiaire et des logements accessibles à tous. » (Une façon nouvelle de dire « logements sociaux » ?) Enfin le public sera certainement sensible au fait qu’il y aura « des équipements de jeux pour les enfants, des cafés et des restaurants solidaires ». Oui, vous avez bien lu, c’est bien ce qui est annoncé. Il s’agit apparemment d’une délicate attention de l’État pour les plus démunis et les SDF qui ne sont pas oubliés dans ce grand aménagement.

Les travaux commenceraient progressivement, dès 2017 : réaménagement de l’espace public en surface et en sous-sols, notamment du parvis de Notre-Dame, travaux de surface « plus lourds », pour s’achever en 2040… Curieusement, c’est une exposition à la Conciergerie, à partir du 14 février prochain, qui tiendra lieu de consultation des Parisiens.

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La liste des 35 propositions laisse entrevoir un projet certes audacieux et visionnaire, mais oubliant sa situation au coeur historique de Paris, ignorant le caractère particulier et intemporel de notre ville, méprisant son environnement hérité, puisant son inspiration dans l’architecture dite « internationale » et l’art contemporain du siècle dernier, avec une orientation affirmée : « tourisme de masse ».

Le projet est mené par le Centre des Monuments Nationaux (forcément !) et Dominique Perrault Architecture qui en ont remis, le 16 décembre dernier, un rapport au Président de la République, François Hollande.

« Les surfaces libérées par les services de l’État permettraient d’accueillir des start-up, du tertiaire et des logements accessibles à tous. » Palais de Justice de Paris

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Le rapport sur le projet remis à François Hollande  est à télécharger ici :

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Sources :

La présentation du projet Île de la Cité sur le site de la Mairie de Paris

Le site de Dominique Perrault Architecture

Lire aussi :

Notre article publié à l’annonce du projet en décembre 2015

Les 3 visuels du projet publiés ici sont proposés au téléchargement sur le site Mission Île de la Cité édité conjointement par Dominique Perrault Architecture et par Philippe Belaval – Centre des monuments nationaux, à l’exception du visuel de la Mairie de Paris. Photo du Palais de Justice de SOS Paris.

23/01/2017

Jardin des Jeunes Pouces de Ménilmontant : passage en force et destructions au bulldozer

Communiqué de presse 
Les associations SOS Paris et Paris Nature Environnement dénoncent le passage en force systématique de la Ville de Paris pour des projets dont les recours ne sont pas jugés et dont l’intérêt général est largement contesté. Ces méthodes violentes ne sont pas dignes d’une municipalité civilisée.
Au jardin des Jeunes Pouces, 49-53 boulevard de Ménilmontant, comme aux Serres d’Auteuil, la Mairie de Paris préfère user de force plutôt que de revoir son projet. Mais ce n’est pas parce qu’on détruit que l’on a raison: les recours ne sont pas jugés. En effet, cette vaste opération d’aménagement sans rapport avec le projet vert et vertueux présenté initialement ne répond ni aux attentes des habitants ni aux nécessités environnementales qui devraient orienter le développement durable de Paris.
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Aujourd’hui la Ville de Paris détruit un jardin partagé et un terrain de sport ouvert et apprécié par tout le quartier pour densifier massivement l’un des endroits les plus denses de Paris, en y ajoutant une déchetterie. La vue d’un jardin détruit, d’un terrain de sport arasé et bétonné, d’arbres inutilement abattus submerge nos coeurs d’un détestable sentiment de désolation, d’absurdité et de colère. Chaque pouce de sol bétonné est définitivement perdu pour la biodiversité.
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Détruire un jardin partagé, un terrain de sport pour densifier, c’est se tromper d’objectifs: la valeur inestimable de ces lieux c’est le lien social, humain dont ils sont l’écrin, les projets d’événements dont ils font l’objet. Voilà pourquoi il est si insupportable d’assister à cette violence. Venir détruire à coup de bulldozers, pour bétonner et faire de l’argent, c’est hypothéquer l’avenir de nos enfants et celui de Paris.
Cette conception du développement de la ville est nuisible. Elle tend vers un Paris hors sol en grignotant tous les espaces verts disponibles. Elle produit une congestion des flux et supprime les espaces de respiration de la ville, avec augmentation inéluctable de la pollution.
Une ville conçue par et pour les habitants plutôt que pour les promoteurs éviterait le spectacle tragique d’un charmant jardin détruit à coup de bulldozer.
En attendant ces nouvelles pratiques vertueuses, il se pourrait que le jugement soit favorable aux associations car le dossier de la ville est ici particulièrement fragile et vivement dénoncé au niveau politique !
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Lire aussi :

« Des habitants trompés, des espaces publics confisqués,  les Parisiens et l’environnement méprisés. Le quartier du Père-Lachaise se révolte pour défendre son jardin ! (…) Sans aucune gêne ni pour les riverains, ni pour les Parisiens qui vivraient dans les nouveaux logements, le projet prévoit d’implanter des dizaines de chambres à coucher juste au-dessus d’une longue rampe d’entrée dans la déchetterie devant être empruntée 7/7 de 6h à 19h par un ballet de camions bennes et de fourgonnettes remplies de gravats. Le projet avait été présenté comme un « projet pilote » pour le nouveau plan biodiversité de la Ville de Paris avec un vaste jardin public arboré. Les plans du PC ne prévoient plus que deux arbres plantés sur une dalle de parking au milieu que de voies de circulation pavées et de jardinières en béton. »

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23/01/2017

Le scandaleux projet sur le stade Ménilmontant

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La Ville de Paris a projeté de construire sur le terrain de sport et le jardin public du quartier du Père Lachaise (XIe) un ensemble immobilier empilant 84 logements sociaux au-dessus d’un gymnase et d’une déchetterie tout en ayant fait croire qu’il serait possible de restituer les terrains de foot, de basket et les espaces verts qui existaient. Pour convaincre les habitants du bien fondé de sa démarche, la Mairie avait distribué un prospectus vantant un « projet innovant », mettant « l’espace public au cœur du projet ». Dans le souci  de restituer  des espaces existants à la qualité environnementale reconnue, il devait être un « projet pilote du plan biodiversité ». Ce que la Mairie avait mis en avant pour vendre ce projet n’a rien à voir la triste vérité contenue dans les plans du permis de construire finalement délivré : Un jardin public arboré ?  Juste des pavés, des grilles et des jardinières en béton tristes à mourir. Ce « jardin public » se résume en fait à la voie de circulation passant entre les bâtiments et à un talus bétonné flanqué de jardinières pour intégrer l’issue de secours et le système de désenfumage de la déchetterie. 

« Chouette une prairie où s’étendre au soleil » 

« Oui, enfin, sous une dalle de béton et en plein dans le passage »

Aujourd’hui, la mairie multiplie les tentatives de détruire le Jardin des Jeunes Pouces  seul lieu encore préservé de cet espace.

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12/01/2017

La nature disparaît peu à peu à Paris, malgré la « végétalisation » !

Par Christine Nedelec 

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La nature disparaît à la vitesse grand V à Paris malgré toutes les promesses de la Mairie, de petits toits végétalisés !

Images d’un jardin et terrain de plein air aux prises avec les pelleteuses.

La lutte a été âpre ce matin avec une dizaine de personnes empêchant les ouvriers de faire un travail qui n’était pas prévu (ils reviennent occuper le jardin demain).

Tout ceci au pied d’une basilique !

Rien que de très ordinaire en somme dans le Paris d’aujourd’hui avec la mairie d’aujourd’hui…

Hier c’était le jardin de la Goutte d’Or, aujourd’hui le TEP de Ménilmontant et demain le stade Léo Lagrange amputé et bordé de barres avec vue sur les tours de Bercy Charenton.

La nature disparaît à la vitesse grand V à Paris malgré les promesses de petits toits végétalisés !

31/12/2016

2016 dans le rétroviseur

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Serres d’Auteuil : Le 24 mars, le Tribunal administratif juge « incompatible » avec le lieu, en plein Bois de Boulogne, l’extension de Rolland Garros et suspend les travaux. Le 3 octobre le Conseil d’État autorise les travaux, avant que le TGI de Paris, saisi par les héritiers de l’architecte Formigé, ne les suspend le 6 octobre. Mais le 10 novembre le TGI tranche en faveur du projet de l’extension du stade et condamne les héritiers de Formigé à payer la somme (exorbitante) de 40.000 à la FFT.

Lire aussi : Serres d’Auteuil : réponse à Paul Chemetov par François Loyer

En mai, le projet du remplacement des kiosques typiquement parisiens suscite une vive controverse :  Revue de presse. La pétition d’une jeune parisienne recueille 40.000 signatures dans les premières semaines de son lancement. Lire : Kiosques parisiens : une authenticité culturelle à protéger

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SOS Paris lance l’appel : « Un jour, un kiosque » sur les réseaux sociaux, et publie les photos reçues.

Lire aussi : En dépit de l’attachement des parisiens le remplacement des kiosques haussmaniens est décidé par la Mairie

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La Canopée des Halles est inaugurée le 9 avril. Elle suscite des réactions critiques dans la presse, y compris anglophone. Dans les jours qui ont suivi son inauguration, les parisiens constatent qu’elle prend l’eau. Des critiques se lèvent et la presse en fait régulièrement l’écho…

Le 7 juillet la loi CAP (Projet de loi relatif à la liberté de la création, à l’architecture et au patrimoine) a été adopté définitivement par le Parlement. Lire notre article… 

En 2016, la Mairie de Paris modifie les modalités d’appel et de sélection de projets jusqu’ici effectués dans le cadre du Code des Marchés Publics : appel à projets, jurys de concours, pour les adapter aux nouvelles procédures : « Réinventer Paris » et « Réinventer la Seine ». Lire notre article…

Tour Triangle : l’enquête publique clôturée le 14 octobre, a connu une participation exceptionnelle. Pendant ce temps une autre enquête, celle du projet Bercy-Charenton est en cours. SOS Paris a publié sur ce site le texte de sa contribution.

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Île de la Cité : en décembre, le projet mené par Philippe Belaval (Centre des Monuments Nationaux) et Dominique Perrault (DPA) est remis au Président de la République. Il prévoit un réaménagement avec des changements radicaux qui devraient suivre le départ des différentes institutions et la libération de leurs édifices. Lire notre article…

Dans la liste des sujets qui soulèvent des questions, il faudra signaler le projet de transformation des bords du lac Daumesnil, lieu de biodiversité actuellement. Lire notre article…

Enfin, en 2016, SOS Paris perd deux de ses plus ferventes militantes.

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Geneviève Paultre

Geneviève Paultre nous a quitté le 29 juin. Lire notre article… 

Marie-Claude de Maneville (photo manquante) nous a quitté le 6 novembre. Lire notre article …

28/12/2016

Il y a juste un an : lancement de Paris Nature Environnement

Paris Nature Environnement a été créée le 27 novembre dernier et fédère plusieurs associations parisiennes – dont SOS Paris – particulièrement actives pour prendre parti et défendre les causes environnementales et celles  de la défense d’une capitale à taille humaine, la mise en place d’une réelle concertation avec les habitants, tout en s’attaquant à l’incohérence de la surdensification à l’oeuvre dans Paris et Grand Paris.

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Photo (Le Parisien) : Olivier Mansart (Asa Paris Nord Est ) à g., Christine Nedelec (SOS Paris) au c. et Agnès Popelin (Collectif Auteuil-les Princes) à d.  lors de la présentation de Paris Nature Environnement le 27 novembre 2015. 

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