24/06/2015

Défense du patrimoine : réponses aux commentaires les plus fréquents…

Notre combat pour la défense du patrimoine suscite, comme c’est normal,  aussi bien l’adhésion que les critiques. À ces dernières nous devons fournir des réponses en essayant d’être mieux compris…

"Une ville dans le formol"

« Une ville dans le formol »

Les arguments qu’on nous « balance » ne varient pas. Un commentaire fréquent, entendu à plusieurs reprises dans des réunions ou sur les réseaux sociaux, c’est … la tour Eiffel ! En 1889, les réactions étaient les mêmes paraît-il… On doit répondre aussi des destructions du Baron Haussman (oui, c’est curieux !) quand il ne s’agit pas de notre volonté de « muséïfier » Paris ou pire : « mettre Paris dans le formol » ! Et bien évidemment : pourquoi on s’oppose aux « immeubles modernes ». Prenons une respiration pour répondre dans l’ordre :

La tour Eiffel avait fait l’objet d’une souscription nationale, elle n’a pas été construite avec l’argent du Qatar ! Elle était désirée et voulue par le grand nombre. Elle était conçue selon l’acceptation européenne d’une tour: nombre d’étages limité sans rapport avec la hauteur, pas de logements, sa fonction ayant un sens public… Les oppositions, bien que rapportés dans la littérature, avaient été épisodiques. Emblème de Paris pour les touristes, la tour Eiffel n’en est pas, néanmoins, le monument le plus important. La comparaison avec les projets des tours actuels n’est donc pas de mise ! Quant à Haussmann, il est autant critiqué qu’admiré ! Humaniste, il a dessiné la place de l’Étoile avec autant de soin que la place de la Nation. Se ranger du côté des défenseurs ou des critiques ? Dilemme cornélien que nous ne sommes pas tenus de résoudre !

Plusieurs époques historiques et architecturales s’entrecroisent à Paris et cohabitent harmonieusement. Ce n’est qu’à partir des années 60 qu’on a commencé à construire des immeubles en rupture totale avec leur environnement bâti, méprisant vis-à-vis de l’héritage architectural et urbain existant, et la tendance s’est emplifiée ces dernières années. Une tour de bureaux « pourrit » son environnement et détruit la vie de quartier. À Paris et dans son entourage, elle abîme aussi sa ligne d’horizon.

« Une ville dans le formol » c’est le refrain classique de nos opposants qui estiment que nous défendons un Paris qui « rejette en bloc l’architecture contemporaine » et ne donne pas la possibilité aux jeunes d’y habiter ou d’y avoir un logement correct. Faut-il rappeler que la défense de l’environnement architectural patrimonial est étrangère au prix de l’immobilier à Paris ? Qu’il n’est pas souhaitable de construire des laideurs en béton juste pour faire baisser la valeur immobilière de Paris ? Et que ce sont les puissances financières qui s’attaquent au patrimoine parisien et qui favorisent la gentrification des vieux quartiers populaires parisiens ?

Paris est une ville patrimoniale, l’ignorer c’est se priver de la richesse de son héritage ! Habiter une ville patrimoniale est une chance ! On estime que Paris n’a pas à singer les mégapoles asiatiques toutes récentes ! Paris est dès l’origine une « ville durable » avant l’heure…

Certains nous opposent Londres et ses « magnifiques tours »… Nous avons déjà publié des articles sur la remise en cause de ces tours par les londoniens eux-mêmes. Là on peut se contenter de rapporter le dernier article lu sur le développement urbain de Londres :

Epuration sociale : comment Londres se débarrasse des pauvres… et des classes moyennes

Car Londres inspire nos édiles et les architectes parisiens… Voici le début de l’article : « Son ascension vertigineuse enchante autant les investisseurs immobiliers qu’elle suffoque les moins fortunés. Depuis la crise de 2009, l’immobilier londonien a vu sa valeur augmenter de 55%. Tandis que millionnaires et spéculateurs financiers sont accueillis à bras ouverts dans la capitale britannique, un nombre croissant de ses habitants sont progressivement évincés de leurs quartiers, toujours plus loin en périphérie ou en province. Les conservateurs ont beau invoquer les « forces irrésistibles » du marché pour se délester de leurs responsabilités, le « nettoyage social » de la capitale n’aurait pas lieu sans une once de volonté politique. Il y a ici tout ce que l’urbanisme londonien peut compter d’assommant… »

En de multiples domaines, le retour du passé
provoque un énorme bond en avant.
Jean Delumeau
(La civilisation de la Renaissance)

M.K.

12/07/2015

Une pétition contre le projet contesté de la « tour Triangle » à Paris !

Une pétition de dernière chance CONTRE le projet de la « tour Triangle » à Paris, à signer sans tarder par ceux qui aiment Paris avec son cadre urbain et son patrimoine !

Cette tour de bureaux de forme pyramidale implantée à la Porte de Versailles, est projetée par la SCI Tour Triangle, filiale de Viparis, holding qui fait partie du groupe Unibail-Rodamco SE, et « société sœur » de la société d’exploitation du parc des expositions de la Ville de Paris, porte de Versailles.

Une vague allusion à a forme de la Tour Eiffel ? Multiplier les tours en tout sens à l'intérieur même de Paris ? Qui gagne , qui perd ?

Une vague allusion à la forme de la Tour Eiffel ? Multiplier les tours en tout sens à l’intérieur même de Paris ? Qui gagne ? Qui perd ?

Unibail-Rodamco est le premier groupe coté de l’immobilier commercial en Europe, présent dans 12 pays de l’Union européenne, membre du CAC 40 à Paris, de l’AEX à Amsterdam et du Euro Stoxx 50. Il détient 73 centres commerciaux, dont le Carrousel du Louvre, le Forum des Halles, la Galérie Gaité, à Paris, Vélizy 2, La Défense – CNIT,  La Défense – Les Quatre Temps, Aéroville, Rosny 2, Usines Center, Bay 1 Loisirs, Parly 2, Carré Sénart, Ulisse 2, Côté Seine, en région parisienne, sans compter ceux des 16 autres villes françaises. Sans non plus citer les centres commerciaux à l’étranger (Suède, Pays-Bas, Espagne, Pologne, République Tchèque, Autriche). Auxquels il aurait fallu ajouter les centres de congrès et les salons internationaux dont elle gère les sites d’accueil et l’organisation via ses filiales Viparis et Comexposium. Le groupe Unibail-Rodamco fait appel régulièrement aux cabinets d’architecture contemporaine mondialement connus.

Le projet Unibail-Rodamco/Viparis pour la Tour Triangle est planifié dans le cadre d’un bail à construction de 80 ans. Projet démesuré et à court terme, pour une ville qui dure depuis plusieurs siècles !

Projet jugé trop « énergivore », par les écologistes il est aussi désapprouvé par les parisiens qui aiment leur ville et qui rejettent les immeubles de grande hauteur, le considérant comme la porte ouverte à toutes les « démesures géométriques, prosaïques, archaïques et inhumaines » à venir, la modification du PLU engagée par la Mairie actuelle, le permettant désormais.

La question de la pertinence de la multiplication des bureaux à Paris, ville qui compte déjà un grand nombre de bureaux inoccupés, et à l’heure où les tours de la Défense se vident, n’a pas non plus fait fléchir les défenseurs du projet.

Rejetée une première fois par vote au Conseil de Paris, la tour Triangle a été soumise une deuxième fois aux élus de Paris le 30 juin dernier. Ce deuxième scrutin a vu des élus UDI et LR (ex-UMP) changer leur vote et le projet a fini par être adopté.

Officiellement, le chantier commencerait début 2017, pour une livraison au premier trimestre 2020…

Extrait du texte de la pétition : « La maquette ne ressemblera en rien au projet final, cette tour ne sera pas transparente, elle finira comme la Bibliothèque nationale de France, recouverte de rideaux opaques afin de préserver les bureaux de la lumière et de sa chaleur. Il y a des millions de m² de bureaux vides dans Paris, en construire de nouveaux est une aberration. Le verre n’est pas l’isolant idéal, il faudra produire plus d’énergie pour chauffer et refroidir les espaces de vie et de travail. La nuit venue, il en faudra d’avantage pour rendre la tour éclatante. Sa lumière parasitera visuellement et l’horizon et les faisceaux du phare de la tour Eiffel. Cette énergie gaspillée au nom de la mégalomanie participera au réchauffement climatique. Nous ne voulons pas d’un bâtiment énergivore à l’heure d’une catastrophe annoncée et de ses conséquences sur la biosphère, c’est un contresens ! »

Pétition à signer sur ce lien

Articles en rapport :

Au-delà de la Tour Triangle à Paris, un débat sur la métropole durable de demain, avec Thierry Paquot

Les tours, une menace pour Paris

La ligne d’horizon de Londres remise en cause par… The Economist !

Nouvelles tours à Manhattan: les New-Yorkais pestent contre la perte de lumière

(Pas de photo autorisée du projet de la tour Triangle)

09/07/2015

Modification du PLU : jusqu’au 10 juillet pour noter vos observations dans les mairies

Modification du PLU (Plan Local d’Urbanisme) : Un petit mois offert royalement aux Parisiens pour analyser cet énorme dossier et découvrir les modifications apportées c’est beaucoup trop de place laissée aux citoyens vous ne trouvez pas ? Il ne vous reste donc que jusqu’au 10 juillet pour noter vos observations sur les registres d’enquête publique des mairies d’arrondissement…

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Lettre aux Conseillers de Paris  : Comme notre ami Colum Mulhern ne vous privez pas de les interpeller sur ce sujet brûlant…

Rapport de présentation de la modification du PLU – Projet 2015 soumis à enquête publique

Luxembourg, le 09 juillet 2015
Madame la Conseillère, Monsieur le Conseiller,
La consultation discrète du public dans le cadre de la modification des PLU se termine demain. Une lecture du Rapport de Présentation montre qu’il est bien possible de planter n’importe quelle bombe à retardement parmi les multiples références et renvois, comme par exemple dans l’Annexe II du Tome 3.
Monsieur Delanoë a ouvert une véritable boîte de Pandore quand il s’est penché sur l’urbanisme de Paris, et surtout sur la question de la hauteur des bâtiments. Vous avez, en tant que Conseillères et Conseillers, la possibilité de refermer la boîte et de créer les conditions réglementaires pour préserver la vraie grandeur de Paris. Peut-être qu’il serait même possible d’éviter la construction future de gratte-ciels en incluant les bons textes dans les PLU et en définissant une hauteur maximum de 20 mètres pour toute nouvelle construction.
Depuis le Moyen-âge Paris a été bâti d’une manière très dense avec des immeubles collectifs ayant une hauteur de façade de 17 à 18 mètres. Entre la Révolution et la fin du XX siècle les hauteurs étaient de 18 à 20 mètres avec 1 niveau dans une mansarde. Ces dimensions sont restées d’usage, sauf pour l’augmentation du nombre de niveaux permis dans les mansardes, jusqu’aux années ’60-70 quand la législation a été adaptée afin de se conformer à “l’esprit du temps“. Déjà en 1977 cette nouvelle législation a été modifiée en raison de effets désastreux qu’elle avait sur la structure urbaine de Paris, mais la hauteur maximum n’a malheureusement pas été ramenée aux 20 mètres, Et pourtant c’est ce qui aurait été le mieux pour préserver le caractère de Paris.
Les dégâts avaient été limités, mais pas évités, car après on a continué quand-même à construire des ensembles de barres et de tours malgré les expériences ratées. Aujourd’hui vous avez la possibilité de corriger une fois pour toutes les erreurs du passé. La majorité actuelle, qui a finalement été atteinte par le discours stérile du “modernisme“, fait le contraire et propose de ressusciter la législation néfaste qui avait été abandonnée à la demande de presque tous. Elle encourage la réalisation de gratte-ciels, aussi calamiteux que la Tour de Montparnasse, et favorise le remplacement du patrimoine architectural par des “traitements architecturaux contemporains“.
Tome II, p. 38 du rapport de présentation indique que c’est depuis “les années 1960 – 1970, des îlots du centre et des faubourgs anciens, ……………. sont détruits, de même que des sites industriels, au profit de nouveaux ensembles de logements et de bureaux. Le nouvel urbanisme qui se concrétise à travers le Plan d’urbanisme directeur (PUD)5, basé sur les préceptes du mouvement moderne codifiés dans la « charte d’Athènes », va alors produire des formes urbaines très différentes, constituées de tours et de barres diversement disposées sur des espaces verts, des dalles et des parcs de stationnement à ciel ouvert.“ 
Certains d’entre vous se sont laissés convaincre que le “modernisme“ est par définition synonyme de progrès et d’innovation, alors qu’il s’agit simplement d’un style d’architecture (mouvement moderne) presque centenaire. Il est tellement ancré dans les écoles et institutions architecturales qu’il est proposé systématiquement pour tous bâtiments à construire dans n’importe quel contexte. Ainsi il y a confusion quant à l’utilisation du mot “contemporaine“ dans les textes car il est interprété par tous, y compris par les juges du Conseil d’Etat, comme indiquant “style moderne“.
Le même Tome II prévoit “une stabilisation de la population à 2,247 millions d’habitants à l’horizon 2030“. Alors il n’est nullement nécessaire d’augmenter la densité actuelle à Paris en construisant des tours et des ensembles brutaux de logements. Il faudrait simplement mieux utiliser le parc immobilier existant. Des bâtiments d’une hauteur ne dépassant pas 20 mètres ont pu accommoder une population d’environ 2,9 millions d’habitants entre 1911 et 1954. Oui, avant l’arrivée des “préceptes du mouvement moderne“. Si nous essayons de remplacer petit à petit tous ces bâtiments par ce qu’on nous propose depuis 60 ans il n’y aurait plus de raison de vouloir habiter Paris, car l’intérêt n’est pas d’habiter un point précis sur la surface de la terre mais de vivre dans un lieu agréable.
Si les PLU sont destinés à protéger le riche héritage architectural qui fait la vraie gloire de Paris, il faudrait saisir cette occasion pour enlever les mentions contradictoires qui ont provoqué l’erreur de jugement du Conseil d’Etat dans l’affaire de la Samaritaine. D’ailleurs ces textes (l’article UG.11.1.3) sont introuvables dans les 3 tomes mis à disposition pour l’enquête publique….
Il faudrait enlever d’urgence toutes les exceptions permises au nom de “traitements architecturaux contemporains“ et des “mises en œuvre innovantes“ qui donnent carte blanche à ceux qui nous ont donné depuis trop longtemps les bâtiments que nous détestons de plus en plus chaque jour. Car rien ne nous indique que ce qu’ils nous proposent aujourd’hui est mieux que ce qu’ils nous ont donné hier. Il faut juger du succès d’un bâtiment dans la durée car tout nous impressionne un peu quand il est nouveau.
Il faudrait également supprimer toutes mentions de “mimétisme architectural“ et de “pastiche“ dans les règlements qui ne veulent rien dire mais qui sont destinées à interdire toutes architectures qui ne viennent pas du “mouvement moderne“. Des véritables styles contemporains, comme le “Nouvel Urbanisme“ proposent l’utilisation sans complexe de l’architecture française comme seule solution pour préserver ou pour rétablir l’intégrité d’ensembles historiques à Paris.
Pour finir, il serait pour moi préférable de ne pas faire de distinction dans la façon de traiter les types de transformation envisageables en fonction des tissus urbains d’avant et après 1945 (p. 48 Tome II). Au lieu de transformer les quartiers d’après 1960 “dans le respect de leur caractère“ (p. 48, Tome II) il serait préférable de les traiter comme les bâtiments de la Samaritaine, côté rue de Rivoli (même manque de respect), mais de les améliorer en utilisant l’urbanisme et l’architecture français qui avaient donné tout le prestige de Paris avant la fracture délibérée et planifiée dans les années 1960.
Bien cordialement à vous,
Colum Mulhern, architecte, membre INTBAU

24/06/2015

Pour moderniser Paris, la solution du géant de verre…

… ou vendre son âme pour la tour Triangle !

Un billet d’humeur de Christine Nedelec

Samaritaine : La solution du cube (géant) de verre… pour moderniser Paris ! 
Tour Triangle : la solution de la pyramide (géante) de verre… pour moderniser Paris ! 
Serres d’Auteuil: la solution du court de tennis (géant) de verre.. pour moderniser le jardin botanique de Paris !


Quand on n’a pas d‘idées il suffit d’un vieux cliché (géant), de verre rhabillé ! Face à l’irrésistible cube de verre ondulé et son onde médiatique forcenée, le Conseil d’Etat s’est incliné, en dépit des précédents décisions de justice administrative, en faveur du respect du patrimoine parisien et des règles urbaines définies pourtant pour tous, même les plus puissants. Avec ce jugement permissif sur la Samaritaine, la banalisation de Paris tant voulue par la Mairie peut continuer à marche forcée, à grand coup de formules magiques qui verdissent le béton et bétonnent les espaces verts ! 

Zollverein Kubus (formerly Zollverein School of Management and Design), Zeche Zollverein, Essen, Germany designed by SANAA (Kazuyo Sejima and Ryue Nishizawa) oeuvre de l'agence du projet LVMH pour la Samaritaine

Zollverein Kubus (formerly Zollverein School of Management and Design), Zeche Zollverein, Essen, Germany
designed by SANAA (Kazuyo Sejima and Ryue Nishizawa) oeuvre de l’agence du projet LVMH pour la Samaritaine

Mais c’est oublier que Paris et les Parisiens sont prêts à résister comme ils l’ont toujours fait par le passé… Car, oui, les Parisiens sont attachés à leur vieux Paris et ce sentiment loin de les ringardiser, les honore. Et Non, ils ne veulent pas que leur ville soit défigurée par une architecture banalisée ou ces tours de bureaux qui encombrent inutilement le paysage et que la Mairie de Paris veut contre leur gré leur infliger! 
C’est pourquoi, Mesdames et Messieurs les Conseillers de Paris, il est urgent d’écouter vos administrés : respectez les idées des Parisiens, soyez sourds aux sirènes de verre et de béton qui vendent du bureau au kilomètre sans les emplois qui vont avec ! Ne favorisez plus ces projets contraires à l’intérêt général et contre lesquels il est si difficile pour la population civile de lutter. 
Ne vendez pas votre âme pour la Tour Triangle… Si belle soit son image illusoire de verre !

19/06/2015

Samaritaine : Christine Nedelec (SOS Paris) au JT de France 3. Et rectification du commentaire !

France 3 a ouvert son JT de 19h30 ce soir (19/06/2015) sur l’affaire de la Samaritaine. La décision du Conseil d’État annulant l’arrêt de la Cour d’Appel Administrative de Paris du 5/01/2015, et autorisant la construction du projet LVMH rue de Rivoli a été commentée par Anne Hidalgo, Jean-Jacques Guiony directeur financier de LVMH et Christine Nedelec pour SOS Paris.

Il faut signaler toutefois que le commentaire de France 3 Paris Ile-de -France comporte une grossière erreur qu’il est impératif de corriger : la journaliste, en effet, avance en toute ignorance : « l’établissement devient vétuste et en 2005 il ferme pour des raisons de sécurité, cinq ans plus tard la Samaritaine devient la propriété d’un grand nom français du luxe qui veut donner une seconde vie au grand magasin ».

Mettons les points sur les « i » : Le grand magasin de la Samaritaine a été racheté en 2001 par LVMH (B. Arnaud), propriétaire également de Conforama, situé juste en face, et du grand magasin Le Bon Marché. C’est LVMH qui décide en 2005 de fermer la Samaritaine pour mise en conformité des bâtiments aux normes modernes de sécurité, avant que cette la fermeture ne devienne définitive. Trois ans plus tard, en 2008 LVMH vient présenter son projet d’aménagement de la Samaritaine en modifiant son usage : bureaux, hôtel 5 étoiles et logements sociaux. (Il se peut que des places de crêches soient rajoutées à sa dernière version, info significative à vérifier…).

Ce déguisement de la réalité n’est pas anodin et a comme effet de présenter LVMH comme le « sauveur » de la Samaritaine, et, si on tient compte des propos qui circulent sur les réseaux sociaux, comme le « sauveur » des emplois qu’il a lui-même supprimés !

Voici l’émission :

La transcription du commentaire du sujet : « Le Conseil d’État valide le projet de rénovation de La Samaritaine » de France 3 Paris Ile-de-France, diffusé le 19/06/2015 peut être téléchargée sur ce lien :

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19/06/2015

Le Conseil d’État rejette le recours en annulation contre le permis de construire de la Samaritaine

Le Conseil d’État vient de prononcer la cassation de l’arrêt de la Cour d’Appel Administrative de Paris et juge légal le permis de construire du 17 décembre 2012 d’un immeuble en verre ondulé du projet LVMH associée à la Mairie de Paris pour la Samaritaine, rue de Rivoli.

Cette décision ouvre la porte à l’introduction de l’architecture dite « style international » et la rupture architecturale dans le coeur de Paris…

Lire le communiqué du Conseil d’État sur ce lien

Le communiqué commun de SOS Paris et SPPEF :

communiqué SOS PARIS SPPEF

 

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Rappel : arrêt de la Cour administrative d’appel de Paris du 5/01/2015 sur ce lien 

Lire aussi :

Rappel de l’affaire 

Un article de l’architecte Luc Dupont sur la Samaritaine

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