15/11/2016

Paris : la laideur ne fait pas de quartier !

Café de Flore, rue Saint Benoît et boulevard Saint Germain, 6e arrondissement. Sans commentaires !

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© Photo Leonard Pitt

14/11/2016

Une plage au lac Daumesnil ? Cherchez l’erreur !

Par Marie Karel

Posons sans détours la question numéro un : la présence d’une faune sauvage est-elle compatible avec l’aménagement d’une plage au bord du lac Daumesnil ?  

Ce lac fait partie du Bois de Vincennes. Avec le bois de Boulogne, ils sont définis comme des « ilots de verdure insérés dans le tissu urbain », profitant « de la proximité des grands massifs forestiers franciliens et constituent des réservoirs de biodiversité aux portes de la ville ».

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La Mairie de Paris avait pourtant signé le 26 avril 2003 la charte pour l’aménagement durable du Bois de Vincennes. Que faut-il comprendre aujourd’hui ? Qu’une signature de la Mairie de Paris peut-elle être reniée au gré des mandats municipaux ?

Le bois de Vincennes est classé au titre du Code de l’environnement, mais aussi défini par le PLU « espace boisé » et « zone naturelle et forestière ». Peut-il être déclassé d’un simple trait de… plume ?

Créé en 1858 par Jean-Charles Alphand, ingénieur des ponts et chaussées du Préfet Haussmann, ce bassin de dix hectares était à l’origine alimenté par la Marne ; aujourd’hui il reçoit l’eau du réseau non potable de la Ville de Paris. Son fond est recouvert par de la vase. 

Le projet de baignade d’Anne Hidalgo prévoit l’aménagement d’une plage comportant trois zones : »espace ludique et familial », « espace de baignade autonome », « espace de nage ». Elle devrait être ouverte au public de mi-juin à mi-septembre. Des équipements saisonniers seraient installés le long de la baignade et démontés hors période estivale.  On nous assure que l’aménagement du lac serait compatible avec ses usages traditionnels : le canotage et la pêche.

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Une baignade publique serait aménagée sur l’île de Bercy, interdite actuellement à la circulation en faveur de la protection des oiseaux qui y nichent et s’y reproduisent : canards, bernaches du Canada, poules d’eau, cygnes et de très nombreux autres espèces. 

Nous n’avons pas entendu la LPO (Ligue de Protection des Oiseaux) s’émouvoir du sort de cette faune condamnée à migrer ou disparaître. Serait-elle intimidée ? Considère-t-elle qu’elle « ne fait pas le poids » face à la Mairie de Paris ? 

De leur côté, les Verts de la Mairie de Paris, en ce moment, regardent ailleurs. 

Changer l’eau du lac pour le rendre propre à la baignade, avec tout le coût financier et environnemental que cela impose, ne fait pas fléchir la Mairie. 

Évoqué pour la première fois en 2011, ce projet est abandonné avant de refaire surface dans les promesses de campagne d’Anne Hidalgo. En 2014, son annonce avait déjà suscité la protestation des maires des communes limitrophes du bois de Vincennes : Saint-Mandé, Saint-Maurice, Charenton-le-Pont, Joinville, qui qualifiaient – assez justement -l’initiative : « aberrante », « idée de bobo » ou « supercherie ». 

 

Tout comme faire disparaître le mobilier urbain ancien, dénaturer le lac Daumesnil n’est qu’une preuve de plus de l’acharnement de cette municipalité à dénigrer l’héritage haussmannien. 

L’été prochain, une partie du bassin de la Villette, sera aménagée en baignade. Les conditions de cet endroit lui permettent d’être beaucoup plus facilement adapté à cet usage. Pourquoi ne suffirait-il pas ? Est-ce-que Paris manque vraiment de plages en été ? 

16/11/2016

Un exemple de mise en valeur du patrimoine

Lire notre article

Mise en valeur du patrimoine à Sainte Jeanne de Chantal (16ème) par Ghislaine Guérin

Extraits : « Le projet voit le jour grâce aux talents d’un trio choisi sur concours: Nathan Crouzet, architecte, Laurent Lecomte, historien et Jean-Louis Sauvat, peintre et sculpteur. » (…) C’est une première, aucun artiste n’avait utilisé jusqu’ici, ce procédé de vidéo-projection pour une oeuvre d’art sacré. Jean-Louis Sauvat a  réalisé aussi « Les Mystères Lumineux de la vie publique du Christ » le long du transept droit (…) Autre belle création à souligner : la vasque en cuivre des fonds baptismaux unique en son genre, travaillée avec les dernières techniques du repoussage, ciselage et polissage. »

14/11/2016

Expo : Merveilleuses Serres d’Auteuil

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L’exposition « Merveilleuses Serres d’Auteuil«  organisée par Lise Bloch-Morhange et la Mairie de Boulogne-Billancourt à la Bibliothèque Marmottan, 7 Place denfert Rochereau, 92100 Boulogne Billancourt, à deux pas du jardin botanique, se tiendra du 16 novembre 2015 au 21 janvier 2017.  

Elle permettra de voir les photos de Jean-Christophe Ballot extraites du livre Pour le Jardin des Serres d’Auteuil publié par les éditions Gallimard en soutien à leur sauvegarde.

Tous les amis de SOS Paris et les défenseurs des Serres sont invités au vernissage qui a lieu le mardi 15 novembre à 18h30. 

14/11/2016

Serres d’Auteuil : la Justice déboute les Formigé

 

Le communiqué de l’AFP

    10 novembre 2016

Après des années de conflit, la justice a tranché en faveur du projet d’agrandissement du stade de Roland-Garros, porté par la Fédération française de tennis (FFT), en déboutant jeudi les héritiers de l’architecte du jardin classé des Serres d’Auteuil.

Une extension « indispensable » pour la fédération qui veut doter Paris d’un grand stade à la hauteur du tournoi international du Grand Chelem. Un projet qui va « défigurer » l’oeuvre de l’architecte-paysager Jean-Camille Formigé (1845-1926) selon ses héritiers.

La FFT s’est réjouie d’une « nouvelle victoire » et a affiché son « objectif de jouer l’édition 2019 du tournoi dans le nouveau court », dans un communiqué.

L’avocat des descendantes de Formigé, Philippe Zagury, a quant à lui annoncé à l’AFP qu’il allait « faire appel de cette décision extrêmement décevante ». « Nous allons apporter des éléments supplémentaires, a-t-il promis, et montrer mètre carré par mètre carré ce qui est remarquable dans cette oeuvre. »

 

Le Comité de soutien des Serres d’Auteuil a aussi déploré « une très mauvaise nouvelle concernant la protection des espaces verts comme des sites patrimoniaux ».

 

Le tribunal a déclaré Laurence et Virginie Formigé, arrière-petites filles de l’architecte, et l’association Jean-Camille Formigé « irrecevables en leurs demandes fondées sur l’atteinte au droit moral » de l’architecte, « faute de qualité à agir ».

De même, il a débouté une autre héritière, bien reconnue comme « légataire universelle » mais jugée elle aussi irrecevable, « faute de décrire les caractéristiques du jardin et des serres d’Auteuil qui porteraient l’empreinte de la personnalité de Jean-Camille Formigé et donc d’établir que la partie noble du jardin est susceptible d’être considérée comme un œuvre protégeable au titre du droit d’auteur ».

Les plaignants ont en outre été condamnés solidairement à verser 40.000 euros au titre des frais de justice à la FFT, laquelle a en revanche été déboutée de sa demande de dommages et intérêts pour procédure abusive.

 « Sans ambiguïté »

Cette décision du Tribunal de grande instance (TGI) de Paris, la première sur le fond du dossier, clôt un chapitre important de la bataille juridique entre les défenseurs du patrimoine d’une part, la fédération de tennis et la mairie de Paris d’autre part.

Même si ce dossier est loin d’être refermé, avec un nouveau rendez-vous judiciaire déjà prévu début 2017, cette fois devant le tribunal administratif devant lequel des associations contestent le permis de construire.

Sur le terrain, les pelleteuses sont en action depuis plus de quinze jours, après l’autorisation de reprise des travaux par la 3e chambre civile du TGI le 18 octobre.

Le projet de la fédération, présenté en 2011 et qui a obtenu un permis de construire en 2015, prévoit un court semi-enterré de 5.000 places aux abords immédiats des serres historiques, entraînant la destruction de serres « modernes », bâties après 1980 et jugées sans valeur architecturale.

Le directeur général de la FFT Jérémy Botton a salué une décision « sans ambiguïté », expliquant à l’AFP attendre désormais « plus que serein » la « décision au fond du tribunal administratif qui devrait intervenir début janvier ». Sur le terrain, a-t-il ajouté, « les travaux avaient repris leur cours et ne devraient plus jamais s’arrêter ».

Lors de l’audience du 3 novembre, l’avocat des héritiers Formigé avait affirmé que le nouveau court allait, par sa taille, « devenir l’élément central du jardin », « écraser les perspectives » et « dénaturer un jardin original à l’ordonnancement rythmé ».

Au contraire, ceux de la FFT avaient vanté un nouveau court « jamais visible », « entièrement bordé de serres, pour s’intégrer dans la plus grande harmonie au jardin » et dont les accès ne seront ouverts au public à travers le jardin « que six semaines par an, le temps du tournoi ».

Un projet soutenu par la mairie de Paris « parce qu’il respecte les droits d’auteurs », a réagi son avocat Marc-Olivier Deblanc, qui avait rappelé à l’audience l’action continue de la ville pour préserver son patrimoine, en redonnant son lustre au cinéma Louksor et à son style antique années 1920, à la prestigieuse salle Pleyel ou au crématorium du Père-Lachaise conçu par Formigé, illustre architecte en chef des monuments historiques.

 

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AFP