Une nouvelle vie pour la Petite Ceinture : soudaine résurgence

Dans le monde associatif autour des municipalités parisiennes, une nouvelle fois l’idée de rouvrir la Petite Ceinture au transport ferroviaire se fait entendre.

« Un tramway sur les maréchaux et un train (*) sur la Petite Ceinture » ! C’était un des points de vue défendus (parmi d’autres plus connus) par diverses associations et qui paraissait comme de la science-fiction dans les années quatre-vingt-dix. Voilà qu’il en est question de nouveau. L’ASPCRF (Association de Sauvegarde de la Petite Ceinture et de son Réseau ferré) milite depuis le début des années ’90 pour sa préservation. Il y a même un site Web lancé par la Mairie, pour reprendre une discussion qui semblait morte.

Pourquoi tout cela ressurgit ? Hormis les raisons politiques, il y a un aspect administratif : le protocole d’accord signé entre le Réseau Ferré de France (RFF) et la Ville de Paris en juin 2006, arrive à expiration en juin 2013. Il prévoyait l’ouverture au public de certains tronçons, la mise en valeur des emprises et le respect du principe de réversibilité devant l’éventualité d’une reprise du trafic ferroviaire. C’est bien dans le cadre de ce protocole que des promenades ont été ouvertes, des aménagements d’accès ont été réalisés et certaines gares ont été mises en valeur en tenant compte de leur intérêt patrimonial.

La Petite Ceinture dans le 18ème.

La Petite Ceinture dans le 18ème. Photo Jan Wyers.

En vue du renouvellement de ce protocole, des négociations sont apparemment engagées entre la Ville de Paris et RFF et une consultation a été lancée. Les associations, les Parisiens, les élus, les professionnels, les acteurs institutionnels et les habitants des communes limitrophes sont donc invités à s’exprimer sur l’avenir du site et de la ligne.

Une étude diffusée par l’APUR (Agence Parisienne d’Urbanisme), fin 2012, lançait déjà les premiers indices de ce qui pourrait constituer la prochaine vie de la Petite Ceinture : un service ferroviaire « rapide », une voie de transport de marchandises, des pistes cyclables, des zones de préservation naturelle, une coulée verte, une promenade plantée… L’ASCPRF défend toujours un service de transport sur place et comme son indique, la préservation de sa nature ferroviaire.

Quelques inquiétudes

Néanmoins, le fait que le RFF envisage de retirer du réseau ferré national les sections qui n’offrent plus la possibilité d’un trafic ferroviaire lourd, suscite l’inquiétude dans les milieux associatifs et amène des interrogations sur les réelles perspectives d’avenir de cette ligne.

Une information a été entendue mais elle est à prendre au conditionnel pour le moment : il semblerait que, dans le cadre d’une « remise sur les rails » de la Petite Ceinture » le RFF pourrait confier le site et / ou la ligne à un loueur qui serait chargé de son exploitation.

Autre sujet d’inquiétude : dans le contexte de futurs projets du Grand Paris, la ligne de la Petite Ceinture et ses gares augmenterait en importance, ce qui amène son lot d’interrogations sur la mise en valeur et le développement du site et ses conséquences sur la préservation de son caractère écologique et patrimonial en plus du cadre de vie des quartiers périphériques qu’il traverse.

(*) Un train : précisons que par « train », dans ce contexte, il est évident que c’est d’une ligne du métro ou du RER qu’il s’agit. 

Le site de l’ASPCRF (association créée en 1992) :

http://www.petiteceinture.org/

Le site de la concertation sur Internet lancée par la Mairie :

http://lapetiteceinture.jenparle.net/

Participer aux réunions-ateliers thématiques avec le public programmées dans certains arrondissements serait l’occasion de voir plus clair sur les intentions des pouvoirs publics. Le RFF proposera aussi des visites de la Petite Ceinture dans les 12e, 19e et 20e arrondissements (inscription sur le site de la concertation cité ci-haut). À la Mairie du 4e arrondissement,   un séminaire d’échanges et de restitution des débats sera organisé le 14 février 2013 à 16h30.

Lire l’historique de la Petite Ceinture ici

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2 commentaires to “Une nouvelle vie pour la Petite Ceinture : soudaine résurgence”

  1. Je ne sais pas trop si je suis d’accord, pour moi tout le charme de ce lieu est lié à son inaccessibilité, son « invisibilité » qui nourrit la curiosité et stimule la mémoire des Parisiens et autres curieux(ses). La rendre accessible, surtout au tourisme, c’est un peu comme violer son intimité. Car aujourd’hui l’architecture urbanistique est soumise à de telles règles de sécurité et d’accessibilité que tout les défauts de la Petite Ceinture (ponts érodés, tunnels désaffectés, terrains vagues) et la vie qui y s’est créée au long des années (végétale ou humaine), qui font, pour moi, les traits de sa personnalité et témoins de son passé, risquent d’être « polies » jusqu’aux derniers.

    Je suis pour son accessibilité, mais pas direct, je suis pour jouer avec son parcours visible et invisible au travers de la ville, créer une signalétique ludique accessible par l’exterieur du lieu jouant avec la poétique de l’absence. (biensur je ne parle pas des bornes de l’histoire de paris, ou des plaques dans le métro) quelque chose de moins textuel, de plus visuel. Ca me parait plus faisable, car peu coûteux et ça pourrait préserver l’identité de ce lieu tout en augmentant son pouvoir sur notre imagination ce qui présenterait un point d’accès ludique à l’histoire de la Petite Ceinture.

    Je fais actuellement un projet sur la Bièvre, rivière aujourd’hui disparue du V et XIIIe arrondissement. La problématique est la même : comment révéler une identité invisible tout en préservant son pouvoir sur notre imaginaire ? Pourquoi ne pas jouer avec le pouvoir de l’invisible pour stimuler l’imagination des nouvelles générations sur l’histoire de leur quartier ?http://invisible-bievre.blogspot.co.uk/ Voici le lien du projet, la finalisation est juin prochain, ceci n’est qu’un blog de l’avancé des travaux. Mais vous aurez une idée plus précise de mon point de vue sur ce genre de lieux mystérieux qui font la magie de notre capitale.

    Pour finir, il semble évident qu’une intervention architecturale par la création d’une ligne de tramway ou autres points d’accès serait nécessaire à la démocratisation de ce lieu unique ouvert à tous. MAIS il faudra aussi préserver et respecter le pouvoir qu’elle a exercer pendant si longtemps sur notre imaginaire et qui a, de mon avis, fait que la Petite Ceinture recueil aujourd’hui tant d’attention et d’affection. Et c’est ce qui a, indirectement et collectivement, préservé la mémoire de son patrimoine historique.

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  2. La « concertation » actuellement ouverte sur le site http://lapetiteceinture.jenparle.net/ a beau être un simulacre de « démocratie participative », il est important que tous les habitants d’IDF (et d’ailleurs) ne laissent pas obérer l’avenir « transports publics » de cette ligne tout en préservant son exceptionnelle insertion dans une nature trop rare à Paris, sous des prétextes électoralistes, clientélistes ou pour suivre les lubies de politiciens.
    Publiez vos avis sur http://lapetiteceinture.jenparle.net/
    Et adhérez à l’association http://www.petiteceinture.org/ fondée en 1992 par Isabelle Lopez et qui fête cette année ses 20 ans de lutte contre les bétonneurs !

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