La ligne d’horizon de Londres remise en cause par… The Economist !

Un article publié dans The Economist, il y a 3 jours, pointe le chaos esthétique et économique qu’entraîne la multiplication rapide des tours à Londres et critique un aménagement précipité et pas assez raisonné en termes d’économie, des projets immobiliers risqués… L’auteur suggère que le maire Boris Johnson prenne les choses en main, et signale le besoin de revoir rapidement la réglementation qui régit la skyline londonienne :

London skyscrapers  The ascent of the city

Gratte-ciel de Londres : L’ascension de la ville

london

Extraits traduits :

« Londres se trouve en bas, loin du sommet du Shard à 1000 pieds au-dessus de la ville. Mais il ne se sent pas tout à fait aussi bas que par le passé. Les tours se multiplient, non seulement dans la City et à Canary Wharf, les deux quartiers financiers de Londres, mais aussi à des endroits qui n’avaient jamais vu un gratte-ciel, comme les alentours de Battersea Power Station et  de Elephant and Castle. Sur les 41 bâtiments de la ville de plus que 100m, 24 ont été réalisés depuis l’an 2000. Sept autres sont en cours de construction et d’autres encore sont en projet. En peu de temps, la ligne d’horizon de la capitale se transforme. »

« Londres a longtemps été une ville de faible hauteur. Tout au long de la majeure partie du 20ème siècle, le plus haut bâtiment commercial de la Grande-Bretagne se trouvait à Liverpool. Dans les années ’60, les aménageurs ont adopté le brutalisme (1) des tours inspiré par Le Corbusier – et c’est le cas aussi de la tour qui abrite The Economist. Mais à cause, en partie, d’erreurs commises depuis, les bâtiments de grande hauteur sont tombés en disgrâce depuis deux décennies. »

(…)

« En théorie, le Plan de Londres, aménagé par le bureau du maire, détermine la forme de la ville. »

(…)

« L’autre raison qui fait que les tours à Londres sont si bizarrement répartis, c’est la démocratie locale. Dans le quartier conservateur de Westminster, le conseil municipal résiste presque à tous les nouveaux immeubles de grande hauteur. Malgré la flambée des loyers, aucun nouveau gratte-ciel n’y a été construit depuis les années ’60. »

(…)

« Londres a besoin d’un projet meilleur et puissant. Le maire doit le fournir. Une autorité unique pourrait réduire le coût et l’incertitude du système actuel pour les promoteurs. Il permettrait que la planification soit plus clairement lié au transport, idéalement, des projets tels que Crossrail devraient susciter plus de constructions à proximité des gares telles que Tottenham Court Road.Il pourrait même favoriser les conservateurs : puisque le maire serait directement responsable, il pourrait faire une pause avant d’autoriser un bâtiment laid. »

Conclusion :

« La skyline (ligne d’horizon) de Londres change plus vite que jamais. Il est temps que le système qui la réglemente, change aussi. »

Pour lire cet article dans sa totalité, en anglais cliquez ici.

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(1) brutalisme : style d’architecture, issu du modernisme, développé entre les années 1950 et 1970 grâce aux travaux de Le Corbusier et Mies van der Rohe. Le terme « brutalisme » vient du français « brut ». « Béton brut » était le terme employé par Le Corbusier. Alison et Peter Smithson ont développé ce style en Angleterre et lancé ce néologisme en 1954. Il y est associé à la révolution architecturale de l’époque. Le brutalisme est lié à une philosophie et à une idéologie utopique, toujours suivie par certains architectes aujourd’hui. Ce style devenu très impopulaire, le terme « brutalisme » finit par désigner toutes les constructions laides en béton.

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