Archive for avril, 2014

27/04/2014

Tours Duo, dans la ZAC Paris Rive Gauche : l’horizon parisien envahi…

Une architecture de rupture, qui méprise le cadre parisien et son environnement… Et contrairement à ce qu’on veut nous faire croire, c’est une architecture du passé…  (voir article).

Si ces tours étaient construits, avec leurs 175 mètres de hauteur, ils seraient visibles aussi bien depuis les quartiers historiques de Paris, que depuis toutes les villes des alentours…

Projet "Duo", Paris 13e. Photo dossier de presse.

Projet « Duo », Paris 13e. Photo dossier de presse.

Les tours une menace pour Paris, le dossier SOS Paris à lire ici.

24/04/2014

Destruction du patrimoine, multiplication de « boîtes en verre », à New York aussi…

En matière de destruction de patrimoine, la ville de New York n’est pas mieux lotie que Paris… Dans un article, le New York Times dénonce le refus de la Landmarks Preservation Commission (Commission des monuments historiques) de respecter les procédures légales qui auraient permis de sauver le bâtiment de la légendaire librairie Rizzoli. Fondée en 1964, cette librairie installée dans un bâtiment du 19ème siècle, présentait un cadre exceptionnel :  sol en marbre, des lustres en bronze, des rayons en chêne ornées de détails « classicisants ». Elle a été utilisée comme décor pour plusieurs films de cinéma, notamment : « Falling in love » de Ulu Grosbard et « Manhattan » de Woody Allen.

Le manque de réaction des dirigeants politiques, mais aussi l’inaction de cette Commission, a permis la construction de tours de verre, toujours plus hauts, sur la 57e rue, qui était autrefois un centre de culture à New York. M.K. 

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Photo : Haxorjoe

 

« La tyrannie des boîtes en verre »

un article de New York Times

publié le 21 avril 2014 par le Comité de Rédaction

Traduction  Marie Karel

Article à lire en anglais sur le site du journal :

http://www.nytimes.com/2014/04/22/opinion/the-tyranny-of-the-glass-boxes.html?_r=0

(Si le lien ne fonctionne pas, copier et coller le lien ci-dessus  dans la fenêtre de votre navigateur).

 

One57, une tour luxueuse en construction, juste au Sud de Central Park, voisine avec plusieurs attractions du quartier (lists several neighborhood attractions on its website). Parmi les édifices condamnés à disparaître, on trouve la librairie Rizzoli qui pendant des décennies occupaient une tour de style classique néo-français, plus que centenaire, au 31 West 57th Street. Les habitants de One57 n’auront jamais le plaisir d’admirer le bâtiment, car il a été décide de le démolir. Le dernier jour de Rizzoli, c’était le 11 Avril. Au lieu d’une fenêtre Dioclétien, les passants se trouvent maintenant face à un hangar de construction.

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Photo : David Iliff.

Cette perte met en relief les graves lacunes du système pour la protection des sites d’importance culturelle à New York.  Lorsque le Vornado Realty Trust et l’Organisation Le Frak ont annoncé le projet de raser le 31 West 57 avec deux immeubles adjacents, il y a quelques mois, des militants ont adressé une pétition à la Landmarks Preservation Commission de la ville pour qu’elle lui accorde le statut de bâtiment historique. Le Community Board 5 avait déjà voté à l’unanimité son classement aux monuments historiques en 2007. La sénatrice Liz Krueger, la présidente de l’arrondissement de Manhattan, Gale Brewer, et le New York Landmarks Conservancy ont soutenu cette requête. La Landmarks Preservation Commission a refusé ! (…)

World Trade Center, New York City, New York J Riehle, by Jerchel

World Trade Center, New York City, New York J Riehle, by Jerchel

En 2008, la juge Marilyn Shafer de la Cour suprême de l’État de New York a statué que la commission avait agi de manière « arbitraire et capricieuse » et lui a ordonné de conduire l’affaire de façon plus adéquate. Une cour d’appel a infirmé cette décision ensuite…

Madame Brewer a tenté de réformer le processus de classement de monument en tenant compte de l’âge d’un bâtiment. Plus tôt ce mois-ci, elle a même suggéré que l’examen d’un bâtiment de plus de 50 ans concerné par un projet de démolition soit étalé sur 30 jours.

Auteur : Momos

Le Manhattan Municipal Building accueille la plupart des agences municipales. Photo : Momos

Cela semble impossible étant donné que la commission est un petit organisme et que la plupart des bâtiments de la ville ont été construits avant 1965, mais elle a également offert deux modestes propositions « éminemment raisonnables » : la Commission devrait étudier les bâtiments restants sur la West 57th Street et « identifier comme monuments ceux qui représentent le meilleur de leurs époques» ; et de « respecter des délais transparents et cohérents» pour répondre aux prochaines demandes (de classement).

 West 57th Street est représentatif du « boom » des « boîtes de verre », ces monolithes fades, qui remplacent progressivement les beaux bâtiments anciens qui ont fait ce caractère new-yorkais. Étant donné que la commission se place souvent entre ce qui est considéré comme l’icône d’un quartier et un boulet de démolition, elle devrait, au moins, prendre la peine de travailler sur son temps de réponse. 

 

Le site de la Mairie de N.Y. :

http://www1.nyc.gov/

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13/04/2014

Samaritaine : rappel de l’affaire et interview de SOS Paris par l’AFP

 

… et son commentaire cité par Le Figaro

Article mis à jour le 13/04/2014 à 17h

Détail de la décoration du magasin 3 de la Samaritaine (sous la marquise), rue de Rivoli à Paris. © O.Taris

Détail de la décoration Art Déco du magasin 3 de la Samaritaine (sous la marquise), rue de Rivoli à Paris. © O.Taris

Le Tribunal administratif de Paris a décidé, le 11/04/2014, le report de la séance au 29 avril, à 16h, à cause de la complexité du dossier de la Samaritaine, et afin de pouvoir réunir tous les magistrats. Notre association, via notre compte Twitter a regretté que «cela laisse le temps aux démolisseurs de continuer tranquillement», message repris dans l’article que Le Figaro a consacré à l’affaire :

http://www.lefigaro.fr/culture/2014/04/11/03004-20140411ARTFIG00360-samaritaine-la-justice-valide-l-un-des-permis-de-construire.php#xtor=AL-155

 

Projet de rénovation de La Samaritaine

Le coeur de Paris doit-il être « modernisé », c’est-à-dire détruit comme au temps des folles démolitions des années 60 ? Ou préservé comme bien collectif et précieux, patrimoine mondial de l’humanité ? Pérenniser le coeur de Paris sans le sanctuariser, c’est puiser dans son harmonie pour enchanter le présent et le futur par de nouveaux et heureux usages, gages de la richesse et de l’avenir de Paris. D’ailleurs la modernité qu’est-ce que c’est ? Si ce ne sont que des cubes de béton, en voulons-nous ? Et si la modernité de Paris c’était tout simplement son harmonie et sa beauté offerte à tous regards... C.N.

L’AFP a interviewé plusieurs personnalités au sujet de la Samaritaine, dont le président de SOS Paris Olivier de Monicault dans un article qu’elle publie aujourd’hui

La façade du magasin 2, rue de la Monnaie © O.Taris

La façade Art Déco du magasin 2, rue de la Monnaie (démoli) © O.Taris

Polémique sur la démolition de La Samaritaine au coeur du Paris historique

Pour lire l’article sur le site de lAFP, cliquez ici.

L’homme le plus riche de France, Bernard Arnault, face aux défenseurs du patrimoine: la justice décide vendredi si la démolition d’immeubles du grand magasin La Samaritaine, datant de 1852, peut se poursuivre, au coeur du vieux Paris.

Le magasin 1 rue du Pont Neuf. © O.Taris

Le magasin 1 rue du Pont Neuf. © O.Taris

« On ne pouvait pas garder ces façades », explique à l’AFP la directrice générale de La Samaritaine, Marie-Line Antonios, en dévoilant la maquette mobile du nouveau projet: des commerces, un hôtel de luxe, des bureaux, des logements sociaux, une crèche, alors que des bulldozers achèvent la démolition de trois des quatre bâtiments anciens.

Le groupe de luxe LVMH, propriété de Bernard Arnault, a acquis ce grand magasin, fondé en 1870 par Ernest Cognacq, pour le rénover entièrement: 460 millions d’euros d’investissement, 2.100 emplois créés.

Mais aussi, en pleine rue de Rivoli, ces démolitions controversées et une structure métallique neuve, habillée d’une façade de verre ondulée et sérigraphiée, conçue par l’agence japonaise Sanaa.

Zollverein Kubus (formerly Zollverein School of Management and Design), Zeche Zollverein, Essen, Germany designed by SANAA (Kazuyo Sejima and Ryue Nishizawa)

Un exemple de projet conçu par Sanaa : Zollverein Kubus (anciennement Zollverein School of Management and Design), Zeche Zollverein, Essen, Allemagne,
designed by SANAA (Kazuyo Sejima and Ryue Nishizawa)

Ce qui a poussé deux associations, la Société pour la protection des paysages et de l’esthétique de la France (SPPEF) et SOS Paris, à attaquer le projet en justice et la Commission du Vieux Paris à donner un avis défavorable.

La décision attendue vendredi, même si elle devait suspendre les travaux, arriverait trop tard, sauf pour le dernier des immeubles, qui accueille la « Maison du Projet » où la maquette est désormais exposée.

« Nous allons nous battre pour cet immeuble », dit à l’AFP Julien Lacaze, 38 ans, vice-président de la SPPEF montrant, derrière le va-et-vient des pelles mécaniques, le coin de rue destiné à disparaître.

Vue de la rue Baillet, des magasins 4 (à gauche) et 2 (à droite) de la Samaritaine et au fond, la rue de la Monnaie à Paris. © O.Taris

Vue de la rue Baillet, des magasins 4 (à gauche) et 2 (à droite) de la Samaritaine et au fond, la rue de la Monnaie à Paris. (Démoli) © O.Taris

L’une des pelles déplace une poutre ancienne, énorme, qui vient d’être extraite des décombres. « Elle date de 1725 », explique le responsable de la SPPEF: l’année du mariage de Louis XV avec Marie Leczinska.

La « Maison du Projet » est couverte de slogans: « Paris n’est pas un musée et a besoin de se renouveler », peut-on lire. Mais dans le Livre d’or, un visiteur se plaint de « la destruction d’éléments du passé » et un autre dénonce des démolitions de grande ampleur dans un quartier qui est « l’âme de Paris ».

Travaux de démolition de la Samaritaine, 06/02/2014. ©Photo Harold Hyman

Travaux de démolition de la Samaritaine, 06/02/2014. ©Photo Harold Hyman

– ‘Dynamique urbaine de Paris’ –

Témoins de l’entrée, le 2 décembre 1852, de Louis-Napoléon Bonaparte à Paris, ces façades « pré-haussmanniennes » sont rares, selon les associations: elles précèdent les grands travaux confiés en 1853 par l’Empereur au baron Haussmann.

Elles marquent aussi une transition entre la partie occidentale de la rue de Rivoli, de la place de la Concorde au Musée du Louvre, percée de 1806 à 1835, et la partie occidentale, percée sous le Second Empire.

Le magasin 1, rue du Pont Neuf, vu depuis la rue de Rivoli. © O.Taris

Le magasin 1, rue du Pont Neuf, vu depuis la rue de Rivoli. © O.Taris

Mais le débat porte surtout sur l’impact du projet sur la rue de Rivoli.

« Ca va être une sorte de cube blanc avec une façade ondulée, alors que nous avons partout des façades droites », dit Olivier de Monicault, 78 ans, président de SOS Paris. « On ne protège plus des monuments mais des ensembles », fait-il valoir.

Marie-Line Antonios assure que la nouvelle façade « va se fondre dans le paysage », selon elle assez « hétérogène » de cette partie de la rue. « L’idée c’est de recréer le quartier », dit-elle.

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Détail de la façade Art Déco du magasin 1 rue du Pont-Neuf, à l’angle de la rue de Rivoli. (Bâtiment, classé, conservé, mais à « rénover ») © O.Taris.

Pour Claude Praliaud, 47 ans, directeur de l’Urbanisme de la Ville de Paris, dont le bureau domine le centre historique de la capitale, « cette opération est le reflet de la dynamique urbaine de Paris ». « Au XXIe siècle, on va pouvoir apporter, nous aussi, notre touche de modernité, ce qui peut passer parfois par des démolitions », explique-t-il.

La maire de Paris doit composer désormais avec les Verts, ses nouveaux alliés. « Cela nous donne des responsabilités et notamment faire en sorte que le patrimoine parisien soit respecté, que les groupes financiers, aussi prestigieux et puissants soient-ils, n’aient pas tous les droits », dit à l’AFP Jacques Boutault (Europe Ecologie Les Verts), maire du deuxième arrondissement de Paris, voisin de La Samaritaine.

Dans l’entourage de la maire de Paris, Anne Hidalgo, qui soutient depuis le début le projet de LVMH, « on attend avec sérénité le jugement ». Si les démolitions sont suspendues, explique-t-on, « ce sera pour un motif de pure procédure ».

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Les images du projet LVMH (comme celle publiée ici dans 20 minutes) sont protégées par le droit d’auteur et ne peuvent être publiées ici. Vous pouvez néanmoins en voir plusieurs sur le site de l’agence Maison Edouard François :

http://www.edouardfrancois.com/fr/projets/hotels-resorts/details/article/145/samaritainebr-cheval-blancbr-lvmh/#.U0a9rEbCRIA

Il s’agit du projet de l’hôtel Cheval Blanc, « vaisseau amiral » d’une chaîne hôtelière du groupe LVMH, logé dans le bâtiment dit « Sauvage » pour devenir la figure de proue de l’ensemble des bâtiments Jourdain et Rivoli dessinés par Sanaa et dédiés aux commerces, bureaux, logements sociaux, crèche. Pour l’agence, « ce projet fait entrer la Samaritaine de plain-pied dans le 21e siècle ». Pour nombre de parisiens, (combien ? posez donc la question !), comme des associations,  cette affirmation n’est qu’un argument de marketing dénué de sens : saccager, ce n’est pas innover ! 
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05/04/2014

Palais de Justice : rejet du recours des avocats qui s’opposent à son installation dans la Tour Judiciaire

La cour administrative d’appel de Paris a rejeté ce jeudi 3 avril, la requête des avocats de l’association « La justice dans la Cité », opposés au déménagement du Palais de justice dans une tour qui doit être édifiée dans la ZAC Clichy-Batignolles. L’association dénonce un projet « pharaonique » inadapté aux besoins de la justice et n’exclut pas d’engager un nouveau recours devant le Conseil d’Etat. 

Cet article écrit par Cyril Bourayne, extrait du recueil de textes « Les tours une menace pour Paris » publié par SOS Paris, est toujours d’actualité : 

Palais de la Justice, île de la Cité.

Palais de la Justice, île de la Cité.

Contre la tour de la Cité Judiciaire et pour le maintien du Palais de Justice dans l’île de la Cité !  

Par Cyril Bourayne, avocat au barreau de Paris, président de l’association « La Justice dans la Cité ».

La tour du nouveau palais de Justice, un gigantesque vaisseau de 160 mètres de hauteur, planté dans la ZAC Clichy-Batignolles, est un immeuble de grande hauteur destiné à engloutir le Tribunal de Grande Instance et les 20 tribunaux d’instance parisiens.

Le ministre de la Justice Monsieur Mercier s’enorgueillissait en 2012 de lancer le chantier le plus coûteux de toute l’histoire du ministère depuis sa naissance, et d’en confier la réalisation à Bouygues en partenariat-public-privé ; mais où est l’exploit à l’heure de la décentralisation, de la mise en réseau des activités judiciaires, de la justice de proximité, du Grenelle de l’environnement et du Plan Paris Climat ? Où sera l’exploit à l’heure de rendre des comptes aux générations qui s’annoncent?

Palais de Justice, Quai des Orfèvres

Palais de Justice, Quai des Orfèvres

Depuis les années 70 l’architecte Renzo Piano essaime dans le monde des bâtiments et des tours avec un bonheur inégal, ce qui lui vaudra sans doute une place dans l’Histoire. Comme Le Corbusier qui rêvait de bâtir 4 tours de 2 000 mètres au centre de Paris, il voit dans ces grands empilements humains des villes verticales, ouvertes et lumineuses, là où leurs habitants, leurs occupants, souffrent en réalité du confinement de ces espaces clos, aseptisés, ultra-sécurisés, si loin de la Terre. Si l’on veut placer « l’humain » au cœur des préoccupations, si le changement c’est maintenant, prouvons-le autrement qu’en imitant Dubaï.

Projet de la Tour Judiciaire de Renzo Piano à Clichy-Batignolles

Projet de la Tour Judiciaire de Renzo Piano à Clichy-Batignolles

La communication verticale fonctionne mal, AXA l’a compris en quittant sa tour de La Défense. Les grand espaces minéraux et stériles sont peut-être tantôt beaux, parfois séduisants, source de joie pour leurs auteurs – généralement des hommes – pouvant contempler leurs œuvres de tous points de la ville.

Mais Paris n’est pas soluble dans l’hyperurbanisation mondiale, la France peut et doit promouvoir d’autres modèles: la croissance doit rimer avec mieux, pas avec plus. Une autre économie est à inventer.

Palais de la Justice dans l'île de la Cité : salle des Pas Perdus

Palais de la Justice dans l’île de la Cité : salle des Pas Perdus

Cette tour, que l’on nous promet de « haute qualité environnementale », sera simplement moins polluante que ses vieilles sœurs de la Défense, mais toujours bien plus énergivore que ce qu’autorisent le Grenelle de l’environnement et le Plan Paris Climat, 50kw/m²/an. Les tours dites « vertes » consomment au moins 5 fois plus, 5 fois trop si l’on veut avoir une chance de se montrer exemplaire… et celle-ci ne fera pas exception à la règle, ce d’autant moins que la fabrication de ses matériaux de construction laissera une lourde empreinte écologique.

Le message de l’Etat ne devrait-il pas être autre chose que « Faites ce que je dis, pas ce que je fais » ? Il ne sert à rien d’avoir conscience des périls qui menacent notre avenir commun et des blessures infligées à notre biosphère, peut-être déjà mortelles, si nous ne joignons pas les actes à la parole !

Le feu a également gagné nos finances, qui sont le levier du mieux auquel nous aspirons : alors même que plus de 60 millions d’euros de travaux ont été consacrés depuis 7 ans pour la mise aux normes, l’accueil du public, la dématérialisation des procédures, la rénovation de salles d’audience, au sein de l’actuel Palais de justiceîle de la Cité, la dépense qui s’annonce est de près de 3 milliards d’eurosvia un loyer à verser au constructeur pendant 27 années : ce choix est-il envisageable au cœur d’une crise financière sans aucun précédent historique, alors que les possibilités de rénovation, de modernisation et d’extension du Palais historique existent, et que la révolution numérique est en marche ? 

La Cour des Comptes a répondu par avance en 2008, en dénonçant le projet de déménagement et en demandant un nouvel examen: c’est non.

La Justice doit n’engager que les dépenses qui permettront d’améliorer effectivement son fonctionnement, un meilleur accès au juge, des décisions rapides et bien motivées, la promotion des modes alternatifs des litiges, un rapprochement des professions d’avocats et de magistrats, des conditions de travail dignes.

C’est le sens du recours en nullité qu’a initié devant le Tribunal administratif de Paris l’association « La Justice dans la Cité« , composée essentiellement d’avocats, à l’encontre de la décision de déménagement induite par le partenariat public/privé. L’affaire sera plaidée le 16 avril 2013 et fera l’objet d’un jugement dans les semaines qui suivent…

Le transfert aux Batignolles, loin des rives de la Seine où l’on a toujours rendu la justice depuis 20 siècles à Paris est culturellement une aberration et fonctionnellement une coûteuse erreur. Cela n’a pas empêché le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault, de décider au mois de janvier 2013 la poursuite du projet malgré les réserves de la Ministre de la Justice Christiane Taubira qui juge ses conditions financières « irresponsables »… Robert Badinter l’a dit: ce projet est une « absurdité ». Alors pourquoi ne pas suivre avec lui, une fois de plus, la voie de la sagesse ?

CB

 

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