Samaritaine: suspension de l’annulation du permis de construire et reprise des démolitions ou victoire des associations: verdict le 16 octobre

 Malgré la plaidoirie du rapporteur public qui demande la suspension de l’annulation du permis de construire, nous restons confiants, la justice nous a déjà donné raison en rejetant en première instance, les requêtes du rapporteur public. Pourquoi céderait-elle aux pressions et se désavouerait-elle ?

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Nos lecteurs ont suivi pendant des mois les différents épisodes de l’affaire Samaritaine qui a opposé notre association, associée à la SPPEF, au groupe LVMH. Le 13 mai dernier, le tribunal administratif avait annulé le permis de construire de la partie côté rue de Rivoli  du gigantesque chantier de rénovation de la Samaritaine, et on pouvait lire dans le texte du jugement « (…) eu égard à la nature et à la destination de cet immeuble (…) les requérants sont fondés à soutenir que le projet, sur l’artère où il est implanté, ne satisfait pas aux prescriptions du plan local d’urbanisme ».

Rappel du jugement :

https://sosparisblog.wordpress.com/2014/05/13/annulation-du-permis-de-construire-de-la-samaritaine/

LVMH a fait appel de cette décision et en attendant l’examen sur le fond, elle a  demandé un sursis à exécution. L’appel n’étant pas suspensif, le sursis demandé, s’il était accordé, permettrait que les effets du jugement du tribunal administratif ne prennent pas effet immédiatement. Il reviendrait à suspendre l’annulation du permis de construire ordonné par le jugement du 13 mai 2014, et permettrait la poursuite des travaux sans attendre la décision sur le fond de l’affaire.

Hier, le 2 octobre, le rapporteur public de la cour administrative d’appel de Paris, Sonia Bonneau-Mathelot, s’est prononcée pour la suspension de l’annulation de ce permis de construire de la Samaritaine. Lors de la procédure, elle s’est référée au « contexte médiatique passionné »  du dossier, invitant la cour à le « dépassionner ». « Il ne vous appartient pas de vous ériger en juge du bon goût » a-t-elle déclaré. Sonia Bonneau-Mathelot s’est appliquée à remettre en cause l’homogénéité architecturale de l’environnement existant du projet dans le cœur historique de Paris et a affirmé que le bâtiment prévu à la façade en verre ondulé (appelé « rideau de douche » par les associations de défense du patrimoine), « ne paraît pas trancher avec le tissu existant ».
Selon l’avocat de la SPPEF, Maître Arnaud de Chaisemartin, « le sursis à exécution revient à délivrer un permis de démolir, démolir ce qui reste à démolir ». La décision est mise en délibéré au 16 octobre.

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Samaritaine : rappel de l’affaire

https://sosparisblog.wordpress.com/2014/04/13/samaritaine-sos-paris-interviewe-par-lafp/

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3 commentaires to “Samaritaine: suspension de l’annulation du permis de construire et reprise des démolitions ou victoire des associations: verdict le 16 octobre”

  1. Les vraies questions sont d’ordre humain, historique, social. La ville est une agrégation fine et progressive de logements, commerces, lieux de travail, lieux d’échanges… à l’échelle humaine, dans une multipropriété qui garantit et établit la démocratie urbaine.
    Pourquoi, alors, détruire 10 immeubles en centre ville, effacer cette division foncière du sol, et construire un bloc hors d’échelle, qui n’a aucune vocation communautaire? C’est la nature de la ville qui est niée et bafouée. Plutôt qu’un immeuble de bureau, loué à qui (?), les immeubles anciens pouvaient être rénovés, transformés en habitations ou en « petits » bureaux pour de petites entreprises. Le PLU a un sens s’il défend et protège cette diversité et pluralité urbaine.
    Nous sommes donc face à une mainmise privative de la ville, une opération commerciale dont le but est de capter l’attractivité de Paris à des fins privées et mercantiles. Certains n’hésitent pas à détruire ce dont ils peuvent profiter un jour, avant de partir ensuite investir ailleurs…
    L’architecture qui accompagne cet état d’esprit lui ressemble. C’est une architecture de court terme, simpliste, non travaillée, dont la durée correspond au délai de retour sur investissement de ses promoteurs.

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  2. De quel droit, Mme Sonia Bonneau-Mathelot, dans l’impartialité qui est due à sa position, exprime-t-elle un avis esthétique purement personnel: « la façade en verre ondulé ne paraît pas trancher avec le tissu existant » !!! ?
    Nous ne lui demandons pas d’émettre un avis esthétique (il faudrait qu’elle s’explique), mais de rester neutre; c’est son rôle.

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  3. Vous écrivez: Lors de la procédure, elle s’est référée au « contexte médiatique passionné » du dossier, invitant la cour à le « dépassionner ». « Il ne vous appartient pas de vous ériger en juge du bon goût » a-t-elle déclaré.

    C’est exactement les mots de LVMH. C’est pénible.

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