Archive for décembre, 2014

11/12/2014

Impact visuel des tours Duo, en projet, sur leur environnement parisien

Le projet des tours Duo est actuellement en phase de « commercialisation » dans la ZAC Paris Rive Gauche. Curieusement appelé par le promoteur « tour Duo » au singulier, là où il s’agit bien de deux tours, le projet prévoit un gratte-ciel de 180 mètres – 39 étages – et un second de 120 mètres – 27 étages, penchés chacun sur le côté. Inconsciemment inspirées peut-être de… la tour de Pise, comme référence historique, un peu « déplacée » !

À part de vendre du vent, du moins pour l’instant ( le permis de construire n’est pas accordé à l’heure actuelle et une enquête publique doit avoir lieu prochainement), les porteurs du projet multiplient les études et peaufinent leur communication.

À quoi pourrait bien ressembler Paris avec ces deux tours jumelles ? Quel impact sur sa skyline (ligne d’horizon) ? Nous publions ici une reconstitution basée sur les données communiquées à la presse :

 

Les Tours Duo vues depuis la rive droite; avec la BNF au premier plan/

Les Tours Duo vues depuis la rive droite; avec la BNF au premier plan/

 

Les tours Duo vues du ciel

Les tours Duo vues du ciel

 

Les tours Duo depuis le Pont National

Les tours Duo depuis le Pont National

Bien que l’originalité du concept est évidemment mis en avant dans ce projet, Jean Nouvel n’a pas l’exclusivité des tours jumelles « penchées » : les tours jumelles de Roche à Bâle, confiées au bureau des architectes Herzog et de Meuron (auteurs également du projet tour Triangle à Paris), atteindront 205 mètres pour la plus haute et s’inspirent elles aussi de la dualité, des surfaces penchées, mais évitent la… posture déséquilibrée affichée par le projet parisien. On peut trouver plus d’informations sur le site de « L’Alsace » et voir la photo qui permet de constater leur étrange ressemblance avec les tours Duo mais aussi avec la tour Triangle !

Les tours jumelles de Roche à Bâle

L’Alsace.fr, 23 octobre 2014

Tours Roche à Bâle.

Tours Roche à Bâle.

 

« Toujours plus grand, toujours plus haut… Dans la course au gigantisme qu’il livre avec son rival bâlois Novartis, Roche se trouve désormais nettement en tête.. Alors que le gros œuvre de la première tour (d’une hauteur de 178 m sur 41 étages), devrait être achevé fin 2014, Roche a annoncé, hier, la construction d’une tour jumelle de 205 m sur 50 étages, représentant un investissement de 550 millions de francs. (…) Pendant ce temps, sur l’autre rive du Rhin, au nord de Bâle, Novartis poursuit l’extension de son campus qui (…) sera composé d’une série de tours dont la hauteur sera limitée à une centaine de mètres...

Pour lire l’article complet cliquez ici

 Article mis à jour le 14/12/2014

10/12/2014

Entendu à l’audience de la Samaritaine : « la notion de façade est abolie »

Par Christine Nedelec

La très convaincante plaidoirie de notre avocat venait à point nommé défaire les conclusions défavorables de la rapporteure publique et son parfait écho des arguments de la Ville et de LVMH. Selon ceux-ci, il y aurait eu erreur d’appréciation, les règles urbaines devraient être interprétées plus souplement, notamment les questions d’intégration des nouveaux bâtiments dans le tissu ancien, en fait comme la possibilité de construire n’importe quoi n’importe où, du moment que cela fait moderne.

... à droite, le Louvre...

… au fond, à droite, le Louvre…

La modernisation d’un Paris soi-disant muséifié est en route à marche forcée. Puisque les objectifs du PLU sont de favoriser la création architecturale, finissons-en donc avec ces immeubles « disparates » et sans intérêt de la rue de Rivoli ! A bas 80% des immeubles de Paris ! Dépêchons-nous de construire les nouveaux monuments de la Samaritaine future et le Paris grandiose de demain ! N’est-ce-pas oublier qu’un monument ne se décrète pas, il lui faut un plébiscite ?
Il n’est pas certain que les touristes viennent photographier le Centre Pompidou ou l’Opéra Bastille, mais bien plutôt l’Opéra Garnier, le Grand Palais et même la rue de Rivoli avec, quelle horreur, son harmonie d’un autre temps!

Notre avocat a malicieusement fait appel à l’appréciation personnelle des magistrats, à même de jauger tous les jours de l’homogénéité patrimoniale des abords de la Samaritaine puisque située sur leur chemin entre le Conseil d’Etat et la Cour Administrative d’appel, un quartier tout sauf banal, il va sans dire. Il a rappelé le poids hautement symbolique de cette affaire puisqu’elle entérinera ou non la possibilité de détruire le coeur de Paris en toute impunité.
Si les Architectes des Bâtiments de France ou du Ministère de la Culture n’ont pas cru bon de jouer leur rôle de protecteurs du patrimoine, il a estimé que leur avis favorable au projet ne constituait pas une preuve tandis que les experts de la Commission du Vieux Paris, plus qualifiés à ses yeux s’étaient élevés contre ce projet irrespectueux à commencer par les démolitions qu’il supposait.
Enfin, il a proposé des critères de jugement objectifs mettant en lumière la volonté délibérée de LVMH de ne pas insérer le projet dans le tissu urbain, voir la notice architecturale de l’agence Sanaa: « la notion de façade est abolie » (p 60) dans un quartier où tous les bâtiments en ont une évidemment. En outre, ce bâtiment est le frère de celui de LVMH à Tokyo, une interchangeabilité qui interroge: chacun sait que Tokyo ou Paris c’est du pareil au même… 

Nous attendons donc avec impatience le jugement du 5 janvier dont nous espérons bien sûr qu’il nous soit favorable, c’est à dire respectueux de l’image de Paris.

C.N.