Refus de la Mairie d’appuyer le classement des toits de Paris au patrimoine mondial de l’Unesco : une analyse

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  • L’information :
  • Delphine Bürkli, maire UMP du 9e,  a lancé la semaine dernière à la mairie du IXe un comité de soutien visant à convaincre l’Etat de porter la candidature des toits de Paris pour une inscription au patrimoine mondial de l’Unesco, un objectif qu’elle poursuit depuis la rentrée. Mais la maire de Paris Anne Hidalgo a annoncé à la presse; hier, désapprouver le projet,  affirmant ne pas vouloir « mettre Paris dans le formol ». « Je n’ai pas envie de mettre Paris dans le formol, d’autant que l’on veut faire de la végétalisation sur les toits, installer du photovoltaïque », a-t-elle affirmé. 

 

Par François Loyer

La réponse d’Anne Hidalgo met en évidence sa volonté d’intervenir de façon radicale sur le patrimoine existant. Végétaliser les toits, installer du photovoltaïque, c’est la partie avouée du discours, pour séduire la sensibilité écologique de la nouvelle bourgeoisie parisienne. Mais on ne doit pas oublier les projets de modification des combles pour y installer des logements supplémentaires, ce qui n’est pas une bonne idée du tout – suppression du « logement sociale de fait » que constituent les chambres de service, unification purement résidentielle du logement au détriment de toute diversité fonctionnelle ou sociale (d’autant que les étages de couronnement modifiés et pourvus de terrasse attireront le haut de gamme de la clientèle), disparition – et c’est bien cela qui nous préoccupe – du paysage des toits fait d’ardoise et de zinc qui est tout le charme de Paris.

On retrouve de très vieux débats sur le développement des combles tel que l’avait permis le règlement de 1902 – origine de spectaculaires conflits entre les associations et la Ville (rue de Rivoli, avenue de l’Opéra…). Et on retrouve, plus près de nous, l’idée chère aux architectes de transformer les toits de Paris en terrasses pour y attirer le logement de prestige – une position à laquelle Chirac s’était fermement opposé, ce qui nous a donné une vingtaine d’années de calme.

Ma conclusion est qu’on ferait bien mieux de bâtir des quartiers nouveaux, où les couvertures en terrasse auraient leur logique, dans tous ces territoires périphériques si mal exploités. Le nouveau Paris nous attend, comme il a commencé à se faire ici ou là (Bas-Meudon, Plaine Saint-Denis, parties non urbanisées jusqu’alors des boulevards extérieurs…), sans imposer la destruction de l’ancien – ce qui sera mieux et pour le paysage et pour le patrimoine !