Les questions qu’une surélévation des toits de Paris souleverait… Le charme perdu…

olivier dm

 

 

 

Par Olivier de Monicault

Président de SOS Paris

 

Ces derniers mois la discussion a été très animée au sujet de la reprise de la construction de tours dans Paris intra muros et la défense de la skyline. Au moment où nous mettons sous presse, un nouveau débat est lancé par l’APUR (Atelier Parisien d’Urbanisme) au sujet de la surélévation des immeubles parisiens.(Article du JDD ci-dessous NDLR).

Ce débat intervient au moment où Madame Anne Hidalgo rejette, ce n’est pas un hasard, la demande d’inscription des toits de Paris en zinc au patrimoine mondial de l’UNESCO proposée par la Maire de 9e arrondissement Delphine Bürkli .

"Toits Paris" by Masumi Kamiyama

Toits de Paris par Masumi Kamiyama

Le fond du problème porte sur le manque de terrains à construire et le désir de la Maire d’y remédier par une densité accrue alors que Paris est, parmi les très grandes villes du monde, une des plus denses avec plus de 22 000 habitants au kilomètre carré et la plus faible superficie d’espace vert par habitant.  D’où l’idée de surélever les immeubles. Il peut s’agir de simples modifications des toitures et lucarnes, de véritables surélévations, voire de remplacement de bâtiments bas par des immeubles plus élevés. Bien entendu l’APUR ne prétend pas généraliser ces mesures à toutes les rues et tous les quartiers, mais son étude suggère 8 850 parcelles sur 75 400 soit environ 11 520 bâtiments.

Le débat est ouvert. D’ailleurs la Commission du Vieux Paris envisage de créer un groupe de travail pour essayer de définir une doctrine en ce domaine. Mais cela pose deux questions de base : est-il souhaitable d’uniformiser les hauteurs, rue par rue, alors que le charme de Paris est lié à la variété des hauteurs ? Est-il raisonnable de densifier systématiquement ? Nous en doutons fermement.

Multiples seront les questions à poser : comment seront gérées les divergences de points de vue au sein des copropriétés? Les surélévations seront-elles discrètes, comme ce fut souvent le cas par le passé, ou résolument contemporaines avec une architecture de rupture ? des ascenseurs seront-ils à prévoir? Comment traiter les dents creuses ? Comment traitera-t-on le cas particulier et combien sensible des coins de rues ? Va-t-on multiplier les toits végétalisés ? Quelles impact sur la skyline (ligne d’horizon) ?
Nous aurons l’occasion dans un proche avenir de reparler de ce grave problème mais d’ores et déjà il nous semble inacceptable de se lancer dans une politique systématique de surélévation qui risque de créer uniformité et monotonie et porterait sérieusement atteinte à l’image de charme de Paris .

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Publié dans le JDD ce dimanche 15 février :

A Paris, 11.520 immeubles sont susceptibles d’être surélevés

Paris demain

Extrait :

Une étude de l’Atelier parisien d’urbanisme recense 11.000 immeubles susceptibles d’être rehaussés. Les écologistes sont contre. La droite voudrait classer les toits en zinc.

Paris manque de logements et de terrains pour construire? Qu’à cela ne tienne, rehaussons les immeubles de quelques étages. C’est l’intention d’Anne Hidalgo, qui se heurte toutefois aux réticences des alliés écologistes et d’une partie de la droite. Selon une étude de l’Atelier parisien d’urbanisme (Apur) que dévoile le JDD, pas moins de 12% des parcelles de la capitale pourraient faire l’objet d’une surélévation ; soit 8.850 parcelles sur 75.400. Ce qui représente quelque 11.520 bâtiments – 8,2% des 140.000 immeubles parisiens – susceptibles de croître de un à cinq niveaux. Certains pourraient ainsi être dotés de deux logements supplémentaires, d’autres d’une dizaine. Au final, le potentiel serait d’environ 40.000 nouveaux appartements familiaux de 50 à 70 m². Un gisement non négligeable pour la maire de Paris, qui a promis de créer 10.000 logements par an et d’atteindre les 30% de logements sociaux d’ici à 2030. 

La Ville est en train de préparer une modification de son Plan local d’urbanisme (PLU), laquelle sera prochainement soumise à enquête publique et doit être adoptée fin 2015 par le Conseil de Paris. Les surélévations sont au programme, car elles sont facilitées par la suppression des règles de densité (COS), introduite par la loi Alur*. « Il s’agit de renouer avec la tradition parisienne », argue Dominique Alba, directrice de l’Apur. « Entre la fin du XIXe siècle et le milieu du XXe, près de 10% des immeubles sur rue ont été surélevés. Dans les années 1960-1980, on a préféré démolir et reconstruire. »

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