Le projet de la Samaritaine – l’érosion lente du caractère de Paris

Par Daniel Morales
architecte
 
Il est difficile de croire que ceci se passe à Paris, parce que le plan de masse du projet qui doit remplacer les bâtiments détruits de la Samaritaine est à peine différent de l’original, au contraire de ce qui se passe à Washington où toujours plus de hauteur est réclamée. 
Le projet pourrait être excusable s’il s’agissait d’un site marquant comme le Centre Pompidou, mais dans le tissu de la rue de Rivoli, la dissonance est bien plus apparente. C’est le goutte-à-goutte de l’érosion du caractère de la ville, qui pourrait apparaître peu important s’il se produisait ici et là, mais qui atteint un point de basculementlorsque l’âme d’un lieu disparaît, comme cela est arrivé à tant de centres-villes américains.
 
... à droite, le Louvre... Photo Harold Hyman

… à droite, le Louvre… Photo Harold Hyman

Considérant le bâtiment voisin, de belle apparence début 20ème, il est étrange qu’un remplacement strictement haussmannien n’ait pas été proposé. Mais cela est un produit de notre endoctrinement architectural actuel qui affecte tous ceux qui ont des prétentions progressistes, même s’ils choisissent de vivre eux-mêmes dans une maison traditionnelle dans une ville traditionnelle.
Je ne suis pas sûr que les architectes l’aient voulu, mais le projet ressemble au fantôme d’un immeuble mort…
 
Daniel Morales, architecte et designer à Washington DC, USA.