Samaritaine : le projet et ses auteurs sont restés arc-boutés sur un immeuble inapproprié et méprisant son environnement prestigieux

Par Christine Nedelec et Marie Karel

 

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Le Conseil d’Etat, saisi par la Ville de Paris associée à LVMH qui contestent le jugement d’appel favorable aux défenseurs du patrimoine, sur le projet de la Samaritaine, devrait rendre son verdict avant la fin juin. Rappelons que l’immeuble projeté rue de Rivoli a fait l’objet de plusieurs procès avant la décision de la Cour d’appel administrative du 5 janvier 2015 qui a rejeté la requête de la Ville de Paris et des Grands Magasins de la Samaritaine – Maison Ernest Cognacq, confirmant l’annulation du permis de construire, jugement basé sur les dispositions du Plan Local d’Urbanisme et sur le fait que « le quartier où l’immeuble envisagé devrait prendre place se situe au coeur de Paris historique et compte de nombreux édifices classés ou inscrits au titre de la législation sur les monuments historiques« .

Lors de l’audience du 3 juin, le discours du rapporteur public est allé, une fois de plus, dans le sens de LVMH associé à la Ville de Paris, malgré le verdict du tribunal, favorable à nos positions. Il a repris l’idée de chaos hétéroclite pour la rue de Rivoli (« chaos » dont tout passant peut constater que ce n’est pas le cas) et la nécessité de « moderniser » la ville : positions de principe que nous contestons !

 Nous croyons que la justice saura écouter les arguments de notre avocat sur la qualité urbaine dans le respect des règles pour le coeur de Paris : il s’agit, selon la formulation du PLU (Plan Local d’Urbanisme), de critères objectifs, rythmes des façades, ouvertures, taille de parcelles, matériaux, n’excluant cependant pas les innovations en matière de conception.

Malheureusement les auteurs du  projet sont restés arc-boutés sur leur cube de verre, ondulé certes, mais qui a ses frères de verre dans toutes les grandes villes du monde, Tokyo, Shangaï, Londres ou Dubaï…

La question est plutôt : avec un immeuble décontextualisé, méprisant son environnement unique, la signature d’un prix Pritzker renforcera-t-elle le prestige du coeur historique de Paris ou lui nuira-t-elle ?  Le style international, méprisant de nos vieilles règles urbaines a-t-il sa place à deux pas du Louvre ? Rien à voir avec la pyramide de Pei conçue pour dialoguer avec le Louvre.

Et demain, ce sera le nouveau projet pour le Louvre des antiquaires qui fera la une des journaux et aboutira peut-être lui aussi devant la cour du Conseil d’État…

La décision du Conseil d’État sera hautement significative pour la survie de notre héritage culturel et architectural dans Paris.

C.N. et M.K.

One Comment to “Samaritaine : le projet et ses auteurs sont restés arc-boutés sur un immeuble inapproprié et méprisant son environnement prestigieux”

  1. On parle de quel immeuble déjà réalisé à Tokyo … l’immeuble Christian Dior?

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