Archive for octobre, 2016

24/10/2016

Le Champ de Mars est un jardin public

Nous souhaitons que le Champ de Mars reste un lieu de vie. Et nous ne pouvons que nous réjouir des opportunités d’animer cet espace exceptionnel. Mais nous refusons que le Champ de Mars change d’affectation et contestons toutes manifestations qui ne valorisent pas le site, mais au contraire, participent à sa détérioration. img_1515 Comment pourrions-nous comprendre que la Mairie de Paris décide de remettre en cause la vocation du Champ de Mars à être un jardin public et un espace vert, alors qu’au même moment, elle justifie la fermeture des quais de Seine par la nécessité de « rendre aux parisiens cet espace public et de lutter contre la pollution » ?

Nous refusons que le Champ de Mars, poumon de Paris, accueillant plus de 21 millions de visiteurs par an, continue d’être privatisé au profit d’intérêts privés.

 

Le Champ de Mars est un jardin public, le sens du bien commun, de l’intérêt général doit prévaloir dans la gestion de ce site. En août et en septembre, nous avons travaillé avec des avocats afin de déterminer dans quelle mesure la Mairie de Paris avait outrepassé ses droits, violant symétriquement ceux de ses administrés. Nous avons relevé de très nombreuses infractions…

 

L’association Les Amis du Champs de Mars invite ses adhérents et amis à un verre informel ce mercredi 26 octobre à 18h30, à la Maison des Associarions du 7e, 4 rue Amélie, 75007 Paris. Ce sera l’occasion de rencontrer son nouveau président Jean-Sébastien Baschet et discuter des différentes actions actuellement mises en place.

24/10/2016

Serres d’Auteuil : réponse à Paul Chemetov

Par François Loyer

Que le stade des Internationaux de Tennis souhaite s’agrandir, nul n’en doute. Il n’est pas acceptable, en revanche, que ce soit au détriment des Serres d’Auteuil. Édifiées sous la IIIe République par un architecte de premier plan, elles sont en tout point exceptionnelles. La modernité d’une composition fondée sur l’ampleur du vide et la valorisation du site n’a pas d’équivalent : chacun se plaît à reconnaître que le paysage est enchanteur, la scénographie magistrale, l’écriture monumentale d’une impressionnante sobriété. Remplacer les serres techniques qui en sont partie prenante par un stade de 5.000 places défigurerait irrémédiablement l’ensemble.

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Comment pourrait-il résister, en effet, à la masse écrasante d’arènes de béton aussi hautes que son pavillon central ? Le point de vue de Paul Chemetov, passant sous silence le stade pour évoquer son enveloppe de nouvelles serres « accordées à la hauteur des serres historiques d’Auteuil », fait fi de la différence d’échelle voulue par Jean-Camille Formigé entre le Palmarium, au bout du tapis vert, et l’étendue des couvertures de verre propres aux serres basses. Qualifier ces dernières d’ « abris en alu et plastique » relève d’une volonté de dénigrement : un tel point de vue ignore sciemment la force de la composition, pour ne s’attacher qu’à des détails médiocres et sans importance.

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L’argumentaire que développe Chemetov n’est pas plus franc. La célébrité médiatique de l’auteur du projet actuel lui paraît suffisante pour justifier la dénaturation d’un site patrimonial protégé à plusieurs titres. A mon sens, c’est un comportement de philistin de détruire la culture dont on a eu la chance d’hériter. Les protestations répétées des associations défendant le site du Bois de Boulogne seraient-elles sans valeur ? Ce n’est pas en jetant l’anathème contre ceux qui osent affronter le pouvoir des lobbies du sport qu’on pourra rendre supportable la défiguration d’un ensemble patrimonial d’aussi grande qualité.

« Conserver, c’est transformer » : l’argument plaît aux architectes, pas à l’opinion. Imagine-t-on sérieusement de découper une toile de Gauguin pour en intégrer des fragments à une œuvre contemporaine, au motif que cela la rendrait plus actuelle ? M. Chemetov lui-même, auteur d’un ministère des Finances qui sent bon le colbertisme, verrait-il d’un bon œil que son œuvre soit altérée afin de limiter la violence de l’impact qu’elle a eu sur les bords de Seine ? C’est pourtant ce qu’on serait tenté de proposer aujourd’hui, ne serait-ce que pour limiter les prétentions d’une architecture asservie aux ambitions hégémoniques de l’Etat ou du grand capital.

Peu importe que l’auteur du projet de la FFT soit Marc Mimram ; Jean-Camille Formigé le vaut bien, au regard d’une histoire moins immédiate que celle de l’actualité. Pour nous, le combat pour les serres d’Auteuil n’est pas celui du bourgeois du XVIe arrondissement contre le sport international (ils ne nous intéressent pas plus l’un que l’autre) ; il est celui d’une opinion qui, toutes classes confondues, s’acharne à défendre la richesse d’une culture menacée par la montée en puissance des intérêts privés. Faudra-t-il que le Bois de Boulogne connaisse le même sort que la Forêt de Bondy pour qu’on s’en aperçoive ? Laissons vivre cette perle de l’architecture moderne du XIXe siècle, en plein XXIe siècle. Elle nous apportera autre chose que l’arrogance du monde qui se construit impunément autour de nous.

Paris le 20.10.2016

François LOYER

Grand Prix du Patrimoine

19/10/2016

Une exceptionnelle participation à l’enquête publique de la tour Triangle

L’enquête publique de la tour Triangle portant sur son évaluation environnementale, qui a eu lieu à la Mairie du 15e arrondissement, a pris fin le vendredi 14 octobre au soir.

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Une hausse exceptionnelle de participations témoigne de l’implication des parisiens qui se sentent fortement concernés par ce projet.  

Le chiffre définitivement arrêté est de 812 réactions, soit une augmentation de 190% par rapport à l’enquête publique précédente. SOS Paris s’oppose à ce projet de gratte-ciel de 180 mètres à la Porte de Versailles et agit dans le cadre du Collectif Contre la tour Triangle qui réunit en plus les associations : ADAHPE, ACTEVI/touche pas à mon ciel, Issy l’Écologie, Jeune Parisiens de Paris, Monts 14.