Serres d’Auteuil : les derniers rebondissements

Au lendemain de la décision du Conseil d’État, la FFT (Fédération Française du Tennis) a démarré ses trivaux de destruction des Serres d’Auteuil, avant que le TGI, saisi par l’avocat de la famille de l’architecte Formigé, n’en ordonne  la suspension.

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Le message de Lise Bloch-Morhange, porte-parole du Comité de soutien des Serres d’Auteuil, publié sur le site de la pétition qui a réuni plus de 81.000 signatures, rend compte de ces derniers rebondissements et exprime le sentiment d’injustice et la tristesse que les parisiens partagent face à cet acte de vandalisme écologique et de destruction de cadre de vie :

Bien chers défenseurs des Serres d’Auteuil, Comme je vous le laissais entendre dans mon courriel du 25 septembre dernier, l’avis du Conseil d’Etat promulgué le 3 octobre dernier s’avère stupéfiant, voire même scandaleux. Il proclame tout simplement qu’un stade de sport a sa place dans un jardin botanique classé au titre des sites et dont la totalité du sol est inscrite MH, puisqu’il n’occuperait qu’un hectare du jardin, ce qui représenterait peu de chose par rapport à la totalité du Bois de Boulogne (sic). plan_des_serres_dauteui Comme si le jardin botanique ne constituait pas une entité architecturale et paysagère, avec ses clôtures, ses gardiens et ses heures d’ouverture. Autrement dit, on peut donc amputer, bétonner et dénaturer un des plus beaux jardins de Paris, doublement protégé, à condition de le faire par petits bouts ! Autrement dit, aucun site protégé n’est désormais à l’abri d’un démantèlement progressif !

Le Conseil d’Etat estime également, au titre de ce qu’on appelle les « compensations », qu’un hectare de pelouse aménagé à Roland-Garros équivaut à un hectare de jardin botanique inscrit MH et classé au titre des sites. Enfin, outrepassant ses fonctions, il considère que l’architecture des « constructions projetées », à savoir un stade de tennis de 5000 places entourées de pseudo serres modernes en fer blanc, « s’apparentera à celle des serres historiques d’Auteuil conçues par l’architecte Jean-Camille Formigé[….]».

Ainsi reprend-il la propagande de la FFT (Fédération Française de Tennis) et de la Mairie de Paris osant dire que ce stade « embellirait » le jardin botanique !  

En se basant sur cet avis scandaleux, qui n’honore pas le Conseil d’Etat, et sans attendre les jugements au fond déposés auprès du TA (Tribunal administratif) et du TGI (Tribunal de grande instance), la FFT a entrepris de nouveaux travaux au jardin botanique dès le lendemain, mardi 4 octobre, abattant une centaine de végétaux en 48 heures et commençant la destruction des 9 serres chaudes d’origine modernisées qui contenaient un trésor mondial de quelque 10 000 plantes tropicales.  

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Face à un massacre de cette ampleur, l’avocat des héritiers Formigé, maitre Philippe Zagury, a pu déposer dès jeudi une requête auprès du TGI demandant la suspension immédiate des travaux.

Cette requête ayant été acceptée par les juges, la FFT a dû interrompre les travaux, puis elle a émis un communiqué dans lequel elle va jusqu’à dire que la décision du TGI aurait été prise « dans des conditions douteuses », et s’interroge « sur une possible manipulation des faits de la part des opposants » (sic).  

Une réaction typique de la FFT, soutenue depuis le premier jour par la mairie de Paris : insinuations et attitude de casseurs ! De notre côté, nous pensons que cet abattage d’une centaine d’arbres et de serres botaniques constitue un premier acte détestable de la candidature de Paris aux JO 2024, dans le pays même qui a présidé à la COP21, et que cet acte de vandalisme écologique nuira à cette candidature.  

Enfin je vous demande de noter que l’exposition MERVEILLEUSES SERRES D’AUTEUIL, exposition des photos illustrant le livre édité par les éditions Gallimard « Pour le jardin des Serres d’Auteuil », se déroulera à partir du 8 novembre à la ravissante bibliothèque Marmottan de Boulogne-Billancourt. VERNISSAGE LE 15 NOVEMBRE, détails à venir.   Bien chaleureusement à toutes et tous,      Lise Bloch-Morhange, porte-parole du Comité de soutien des Serres d’Auteuil