Marie Karel

Marie Karel

Marie Karel

 

 

 

 

J’ai rejoint SOS Paris dans les années ’90, interpelée par les démolitions de bâtiments anciens dans les quartiers historiques de cette ville magnifique qui représente un choix de coeur pour moi. C’est un livre, « Paris Perdu », que j’ai feuilleté un soir dans la librairie La Hune (lieu mythique aujourd’hui pratiquement disparu…), qui m’a appris l’existence de l’association.

 

Geneviève Paultre, une grande figure de SOS Paris, m’a pris spontanément sous son aile et m’a transmis tout ce que j’avais à apprendre sur la défense du patrimoine urbain et architectural parisien… Y compris la défense de « son cadre de vie et de sa poésie » comme elle se plaisait de rappeler inlassablement et avec le sourire ! Geneviève a souhaité que je sois déléguée du 6e arrondissement à ses côtés.  

Bac - Saint Placide (6e)

Bac – Saint Placide (6e)

Un des premières bâtiments que nous étions amenées à défendre était cette maison plutôt ordinaire et tellement typique du vieux Paris qui fait l’angle du carrefour Bac – Saint Placide (face au Bon Marché), menacée de démolition par un vaste projet immobilier. Reçues par l’ABF (Architecte des Bâtiments de France), nous avons exposé tous nos arguments à une oreille plutôt attentive. L’ABF regrettait de ne pas pouvoir nous aider à cause des règlements concernant les dimensions des entrées, la porte minuscule du bâtiment rendait impossible notre requête, mais elle allait essayer de faire quelque chose sans rien promettre. Et la maison a été sauvée !… Des années après, je me suis trouvée par hasard à l’intérieur de cet immeuble, dans un appartement d’amis, et j’ai pu constater les solutions intelligentes mises en place pour contourner le problème des « petites portes », dans le cadre d’un ensemble de 3 bâtiments anciens. En se battant pour un immeuble, c’est un ensemble homogène qui a été sauvé. Ces photos ont été prises l’été dernier…

Rue de Sèvres - Rue Saint Placide (6e)

Rue de Sèvres – Rue Saint Placide (6e)

Plus tard, dans les années 2000, une activité professionnelle en région m’a éloignée de l’association quelques années et c’est encore Geneviève qui a fait appel à moi, au départ de Margaret Wolfson, pour devenir déléguée du 5e arrondissement à sa place.

 

J’ai pris pleinement conscience de l’importance du patrimoine architectural et de sa vulnérabilité dans le paysage urbain contemporain, au cours de mes études d’Architecture à l’École des Beaux-Arts de Strasbourg et c’est ce qui m’a conduit à changer de cursus universitaire par la suite. Issue d’une région en Grèce qui a été une des premières à avoir son héritage architectural protégé, celle du Mont Pélion, déjà adolescente, j’ai pu mesurer tout le contraste entre les maisons vernaculaires « péliorites » et celles de ma ville natale de Volos, toute proche, recontsruite presqu’entièrement après un tremblement de terre dans les années ’50. (Séîsme contre lequel les maisons anciens du Mont Pélion avaient très bien résisté cependant…) Plus tard, j’ai vu démolir à Athènes des pans entiers de la ville avec des maisons néoclassiques du 19e siècle, pour les remplacer par des immeubles en bétons hideux et plantés de façon anarchique dans une perspective de profit à court terme…

 

À Paris, j’étais enchantée de me trouver dans une ville respectueuse et fière de son patrimoine jusqu’au jour où j’ai constaté qu’on pouvait, ici aussi, mettre à terre des magnifiques immeubles anciens, que ce soit dans des quartiers périphériques ou des arrondissements prestigieux, voire dans son centre historique même, qu’il s’agisse de maisons populaires ou d’hôtels particuliers… Et c’est là que ma passion pour la défense du patrimoine architectural a pu trouver un espace favorable au sein d’une association exceptionnelle…

 

M.K.    

 

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