Samaritaine : réponse de SOS Paris à l’article du Monde « Assez de frilosité… » du 7/01/20105

SOS Paris a souhaité faire usage de son droit de réponse à l’article du journal Le Monde intitulé  «Assez de frilosité architecturale à Paris !» publié le mercredi 7 janvier 2015, 

Paris, le 15 janvier 2015

A l’attention de Monsieur Louis Dreyfus, Directeur de la Publication du journal Le Monde

Monsieur,
Suite à l’éditorial page 22 de votre édition du mercredi 7 janvier 2015, «Assez de frilosité architecturale à Paris !» dans laquelle notre association SOS Paris a été mise en cause, nous vous demandons de bien vouloir publier dans votre édition papier, conformément à l’article 13 de la loi de 1881, notre réponse à insérer ci-jointe concernant le récent jugement en appel du Tribunal Administratif de l’affaire de la Samaritaine.
Nous vous prions d’agréer, Monsieur, l’assurance de nos sentiments distingués.
Olivier de Monicault, Président de l’association SOS Paris

MODERNITE ET RESPECT DES REGLES URBAINES

La Cour Administrative d’Appel appréciera certainement autant que nous les qualificatifs « cocktail de conservatisme, de juridisme et de frilosité » et l’aspect « clochemerlesque » de la polémique engagée. Mais notre association SOS Paris ne peut accepter que soit contesté un article du PLU, pourtant expressément modifié par la Mairie de Paris pour permettre, sous conditions, l’insertion d’une architecture moderne de qualité dans Paris.
Des centaines de permis de construire sont accordés à Paris chaque année ; peu sont refusés. Le maître d’ouvrage révise alors son projet sans difficulté. Nul doute que l’agence Sanaa ne puisse rapidement rendre son projet compatible avec la réglementation.

Votre éditorial révèle une profonde méconnaissance de ce qu’est la règle urbaine : « dès qu’un projet d’immeuble dépasse la hauteur canonique des 37 mètres, élus, riverains, associations de tout poil s’insurgent, contestent, condamnent et retardent les chantiers », écrivez-vous. C’est ignorer que le bâti parisien, depuis le XVIIe siècle, respecte une hauteur de façade autour de 17 mètres et une hauteur totale longtemps limitée à 25 mètres. Au XXe siècle cette hauteur globale a été portée à 32 mètres, pourvu que les étages supérieurs soient en retrait selon une pente à 45° pour laisser passer la lumière et rendre ces surélévations peu visibles. Ainsi, le Paris à cinq étages d’autrefois, puis huit, devrait passer à douze donc 37 mètres, sans protestation ? Il suffit d’aller rue Jeanne d’Arc, dans le XIIIe arrondissement, pour subir l’effet angoissant de la falaise de béton et de verre produite par un gabarit aussi élevé. Mais votre éditorial est plus sensible à la performance architecturale qu’à la cohérence du paysage bâti !

C’est bien là que le problème se pose. Le projet de façade de Sanaa sur la rue de Rivoli fait abstraction des caractéristiques esthétiques du tissu urbain existant. Il lui substitue une très longue et haute façade, détruisant le rythme cadencé des parcelles anciennes : à lui seul, le nouvel immeuble aurait cinq fois la largeur d’un immeuble ordinaire (75 m au lieu de 15) et une fois et demie sa hauteur (25 m au lieu de 17)… A l’arrière-plan, le pauvre Louvre en sortirait amoindri, écrasé par son opulent voisin. Il fallait absolument faire oublier l’ordonnance urbaine et sa subtile hiérarchie, au profit du « coup de poing » du projet ! Mais quelle légitimité aurait ce dernier à entrer en concurrence avec le Louvre ?

Rappelons que la fermeture du site fut le fait du groupe LVMH lui-même. Si 2000 emplois doivent être créés, 1500 ont été perdus depuis 2005 par la faute du propriétaire. Le blocage de 5 mois du chantier par nos recours n’a pu empêcher la destruction des bâtiments du vieux Paris rue de Rivoli.

Nous persistons à croire que la sauvegarde de l’ordonnancement de la capitale n’a rien d’une histoire « consternante » ou passéiste. Il s’agit de protéger un bien culturel dont la valeur est collective, contre l’excès de pouvoir de certains intérêts privés, même soutenus par la politique municipale et le ministère de la Culture. Le jugement de la cour administrative vient opportunément le rappeler.

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