Tribunal de Commerce de Paris sur l’île de la Cité : non classé malgré son intérêt architectural !

Par Isabelle Le Doré

 

Situé dans l’Ile de la Cité, à côté du Palais de Justice et de la Conciergerie, le Tribunal de Commerce, est construit entre 1860 et 1865, par Antoine Bailly. Celui-ci conçoit un bâtiment inspiré de la Renaissance italienne et française, dont les fleurons sont le dôme et un escalier d’honneur monumental.
La paroi de la coupole de ce dôme est décorée de huit grandes toiles de Félix Jobbé-Duval (1821-1889), peintre reconnu mais aussi homme politique républicain. Ces toiles représentent les quatre premières villes françaises et des allégories des activités humaines.


Etonnamment, malgré son intérêt architectural, ce bâtiment n’est ni classé ni inscrit à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques (ISMH). Au cours des dix dernières années, le dôme a subi des dégradations importantes dues à des infiltrations qui ont causé la chute de pierres de parement de sa paroi interne.
Ces dégradations ont donné lieu, en 2008, à un rapport de l’Architecte Alain-Charles Perrot, émettant un diagnostic de la situation, énumérant et chiffrant les travaux urgents à effectuer. La même année, en attendant les travaux nécessaires, des filets de protection ont été installés sous la coupole, pour éviter que des pierres ne tombent risquant de blesser les personnes empruntant l’escalier d’honneur, qui mène aux salles d’audience. Depuis lors, malheureusement, aucune restauration n’a été entreprise, malgré les demandes répétées du Président et des vice-présidents du Tribunal.

La Chancellerie, locataire des lieux et la Mairie de Paris, qui en est propriétaire, ne semblent pas conscientes de l’état de ce patrimoine, ni soucieuses de son entretien. La situation est telle qu’une des toiles de F. Jobbé-Duval s’est récemment en partie détachée, accroissant le danger couru en empruntant l’escalier et menaçant en outre d’être définitivement abîmée. Alors que l’oeuvre de F. Jobbé-Duval donne actuellement lieu à une souscription du musée des beaux-Arts de Rennes pour acquérir son atelier, il est paradoxal que les huit toiles décorant le dôme soient totalement abandonnées.
Le nouveau Président du Tribunal de Commerce est prêt à reprendre le dossier de restauration de la coupole et celui de la sécurisation des toiles. Arrivera-t-il à venir à bout de l’inertie des pouvoirs publics, qui dure depuis presque dix ans ?
Le classement à L’ISMH d’un édifice emblématique de l’essor économique de la deuxième moitié du 19ème siècle et représentatif du style du Second Empire, serait un début prometteur de réponse. SOS Paris a suggéré que le Président prenne contact avec Madame Hyafil, ABF chargée de l’Ile de la Cité. Des contacts sont en cours.

 

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Jacques d’Arjuzon, ancien président du Tribunal, nous a signalé un livre paru en 2015 à l’occasion du 150ème anniversaire de sa construction (voir rubrique Livres).

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