Posts tagged ‘Anne Hidalgo’

11/07/2016

En dépit de l’attachement des parisiens le remplacement des kiosques haussmaniens est décidé par la Mairie

Par Marie Karel 

 

Ce dimanche 10 juillet, Anne Hidalgo, Maire de Paris, a annoncé sur iTélé que tous les kiosques anciens seront remplacés. kiosque La pétition des « Parisiens qui aiment leur ville », qui a réuni 43 242 signatures selon la dernière vue, les différentes démarches citoyennes n’ont eu donc aucun effet face à la rigidité de la décision de la Mairie… Rappelons que ces kiosques sont conçus au 19e siècle sous Napolléon III avec tout le mobilier urbain haussmannien : les lampadaires (ou candélabres), les bancs publics, les grilles des arbres, les fontaines Wallace, les colonnes Morris, etc. Depuis, ils sont reproduits fidèlement, en fonte, leur matériau d’origine, tous les 25 ans environ, par les services de la DRAC.  Avec les édicules Guimard (accès du métro) de la Belle Époque, tous ces éléments forment un ensemble cohérent et harmonieux auquel participe la Tour Eiffel, elle-même. Ensemble devenu la « marque » de Paris, son « ADN » au niveau international et son atout charme. Bien plus que l’expression esthétique d’une époque, ce décor urbain atteste du caractère intemporel de Paris traversant les âges, sa longue lignée d’événements historiques et d’expériences sociales, scientifiques, artistiques, philosophiques… bref, la quintessence de son éclat et de son pouvoir. En multipliant dans Paris les installations d’un mobilier urbain d’un autre genre, comme les nouveaux abribus très voyants par exemple, une cacophonie notoire s’introduit dans l’espace public. Il suffit de regarder dans la même perspective, dans les rues de Paris, un kiosque haussmannien  ou un candélabre et un abribus ou un nouveau banc : l’univers urbain devient chaotique. Y-aurait-il des raisons de remplacer le mobilier urbain 19e ? À part le profit généré pour les bénéficiaires des contrats de la Mairie, comme la société AJ Decaux et sa filiale Mediakiosk, quel autre motif pourrait exister pour saccager ces structures emblématiques qu’il aurait suffi d’adapter au contexte numérique et aux nouveaux besoins des parisiens d’aujourd’hui ? La question n’est ni ponctuelle, ni anodine : car si Paris est une ville patrimoniale au précieux contexte architectural à sanctuariser, le progrès ne peut l’investir que par la technologie et la science. Si à chaque nouvelle étape de l’évolution numérique, on trouve le prétexte pour saccager une partie du patrimoine, bientôt il ne restera plus rien de notre ville, métamorphosée en Petit Dubaï… On ne voit pas encore très bien par quel raisonnement l’actuelle Municipalité se donne comme défi de se mesurer à Haussman, ni si elle a vraiment les moyens de telles ambitions. M.K. 640px-Paris_Metro_Sign Revue de presse Les anciens kiosques parisiens seront bien remplacés

  • Libération 10/07/2016

« Les emblématiques kiosques à journaux de la capitale vont-ils disparaître ? La Ville de Paris souhaite en effet remplacer d’ici à juin 2019, par un modèle «innovant» (…) Ils seront éco-performants en matériaux recyclables, alimentés en énergie renouvelable, équipés de recharge de téléphones portables, de boîte aux lettres, de récupérateur de piles usagées, de boissons à emporter, de billetterie culturelle, de plans d’orientation. L’appel d’offre lancé par la mairie a été remporté par la société MédiaKiosk, filiale du groupe JCDecaux et opérateur actuel des kiosques parisiens. (…) Un groupe de travail examinera lundi le dossier alors qu’une pétition signée par plus de 41 000 personnes, demande à ce que l’aspect extérieur de ces kiosques soit préservé. »… Lire l’article… Les Parisiens se mobilisent contre les futurs kiosques à journaux

  • Le Point 10/07/2016  

« Ce design est sans âme et totalement impersonnel », il porte atteinte à la beauté et à la spécificité de Paris », s’insurgent les détracteurs du projet dans une pétition qui a recueilli plus de 40 000 signatures sur Internet. « Nous sommes pour que les kiosques à journaux parisiens aient un design qui reprenne ce qui fait tout le charme du Paris Romantique cher aux touristes de France et du monde entier », réclament ses signataires. » Lire l’article… Comment Hidalgo justifie le remplacement des kiosques à Paris Challenges 10/07/2016 « La maire PS de Paris, Anne Hidalgo, a justifié dimanche 10 juillet la suppression des emblématiques kiosques à journaux (…) au « Grand Rendez-vous » sur iTÉLÉ. « Ceux qui nous expliquent qu’on est en train d’abîmer Paris, ce sont les mêmes qui veulent qu’on garde les serres de Roland-Garros, des petites serres en plastique, en nous disant qu’on est en train d’abîmer le patrimoine », a-t-elle fustigé »… Lire l’article… Déjà 41 000 signatures contre les futurs kiosques à journaux

  • Le Parisien 10/07/2016

« La fronde contre le remplacement des kiosques à journaux de la capitale prend de l’ampleur… Invitée ce dimanche du « Grand Rendez-vous » iTélé-Europe 1-« le Monde », Anne Hidalgo, la maire (PS) de Paris, a tenu à rappeler qu’il n’y a en réalité « pas de kiosque haussmannien. Les kiosques que vous voyez sont des plagiats d’haussmanniens […] en plastique, qui ont été installés dans les années 1980″. Lire l’article… Kiosques parisiens : Lire aussi notre article…

05/06/2016

Kiosques à journaux : Lettre ouverte aux élus parisiens

SOS Paris publie ici la lettre ouverte adressée aux élus (es) de Paris par les auteurs de la pétition pour défendre les kiosques à journaux et tout le mobilier urbain hérité du 19e : kiosque « Notre pétition compte à ce jour plus de 36 800 signataires très concernés par le sujet de la modernisation des kiosques à Paris, et ce, à plusieurs niveaux. 1. Notre objectif premier est de vous sensibiliser au fait que le design de ce mobilier urbain fait partie de l’ADN international de la ville de Paris, capitale de la France. Nous souhaitons donc que le cahier des charges à destination de MediaKiosk soit revu en conséquent de manière à intégrer cette contrainte concernant le design des kiosques à journaux : respect de leur aspect Haussmannien. En effet, ne vous souvenez vous pas d’une opération organisée en 2013 par la Mairie de Paris de l’époque : « Paris aime ses kiosques » ? La Mairie avait d’ailleurs choisi un logo en hommage au modèle historique de Davioud. Devons-nous vous remémorer tous les arguments alors distillés par la Mairie et M. Abonnenc, directeur général de MediaKiosk, sur le fait que les Parisiens tenaient à ces kiosques considérés comme « emblématiques » de leur ville ? Nous trouvons d’ailleurs très étonnant que les kiosques et les bancs publics inspirés de Gabriel Davioud ne soient pas classés, alors qu’ailleurs dans le monde, ils le sont ! Par exemple la ville de Montevideo, qui possède des kiosques à journaux parisiens depuis 1909, a décidé de les classer Monument Historique National dès 1975. 2. De plus, sachez que ce projet soulève beaucoup d’autres interrogations, notamment financières : Quelles sont les modalités de la concession de ces emplacements publiques à MediaKiosk ? Quel loyer paie cette société à la ville de Paris pour l’exploitation de ces emplacement à finalité commerciale ? Quels sont les baux que les kiosquiers devront payer à MediaKiosk ? Comment se fait-il que ce contrat soit un coût conséquent (de plus de 52M d’euros) pour la ville de Paris, et pas -a contrario- des recettes pour la ville ?   Pour finir, sachez également que plusieurs journalistes s’intéressent de près à ce sujet, qui semble encore plus incohérent du point de vue financier dans un contexte où la ville de Paris a été inondée et aura certainement besoin de recettes pour se remettre des conséquences de ces crues exceptionnelles.  

Dans l’attente de vos réponses,    

Veuillez recevoir toutes nos salutations distinguées.  » 

Pour signer la pétition, rendez-vous sur ce lien :   http://www.change.org/p/anne-hidalgo-non-aux-nouveaux-kiosques-à-journaux-parisiens-gardons-l-esprit-du-paris-d-antan

09/04/2016

Canopée des Halles : une provocation dans le cadre patrimonial des édifices classés

L’objectif était fixé depuis longtemps : se défaire des contraintes des règles de l’urbanisme à Paris. Même dans le centre historique et patrimonial ? La réponse est bien évidemment : là, surtout et avant tout ! On ne peut faire table rase des préceptes patrimoniaux anachroniques, si on ne s’attaque pas prioritairement aux cibles emblématiques ! La Canopée des Halles dévoilée par Anne Hidalgo en présence de Bertrand Delanoë, père du concept d’un nouveau Forum, en est la preuve. La structure s’achève après 8 ans de travaux pharaoniques, des rudes combats contre les associations parisiennes (comme : Accomplir), et une facture qui dépasse le milliard.

La Canopée en travaux en septembre 2015

La Canopée en travaux en septembre 2015

L’ensemble de la structure metalique couvrante et des deux bâtiments qui la supportent, est conçu par les architectes Patrick Berger et Jacques Anziutti gagnants du concours international lancé en 2007, après l’abandon du premier projet datant de 2004. La vaste charpente de métal (un hectare) nous est présentée comme une prouesse technique, déjà primée. Le centre commercial, en sous-sol, du Forum n’a pratiquement pas changé.

Structure de la Canopée des Halles.

« On ne demandait pas à Monet pourquoi il peignait les maisons en jaune », a expliqué Patrick Berger, architecte de la Canopée. Sauf que Monet qui était peintre, n’a jamais construit une maison dans Paris, pas plus qu’un couvercle de centre commercial !

Posée sur la « plus grande gare souterraine de l’Europe« , la Canopée prétend incarner « une vision ambitieuse du site en tant que porte emblématique du Grand Paris ». Curieuse conception de ce qui doit être la porte d’entrée d’une ville, surtout d’une ville comme Paris, via un centre commercial ! Quoiqu’il en soit, l’aménagement de la gare en sous-sol est toujours en cours et complètement « déconnectée » de la Canopée.

Vidéo : un tour d’horizon du quartier depuis les hauteurs de Saint Eustache :

Les espaces des équipements culturels jouxtent le centre commercial qui propose ce qui est devenu la règle partout où les institutions publiques collaborent avec des acteurs du privé pour la création d’espaces commerciaux : pratiquement que des enseignes de groupes côtés en bourse.

Une précision utile quand on lit sur certains blogs que le mot « canopée » vient de.. l’anglais : Canopée, (du latin conopeum : moustiquaire, lit entouré d’une moustiquaire. Le sens à évolué vers celui de rideau, canopé en vieux français, conopée).  1) Écran formé par la partie supérieure de la végétation de la forêt tropicale. 2) Ciel de lit des lits à baldaquin ou des lits à courtines. 3) Capote de certaines voitures d’enfant. 4)Verrière des cockpits des avions de chasse. 5)Partie supérieure d’un cerf-volant de traction ou d’un parapente. En anglais : canopy.

On apprend que la couleur jaunâtre a été choisie pour reproduire l’effet de la lumière filtrée par les arbres d’une forêt tropicale, c’est-à-dire par sa « canopée », ce qui aurait dû apporter, sans doute, une touche d’exotisme dans la grisaille parisienne… Mais cela ne manque, malheureusement, pas d’irriter les parisiens qui y voient un mauvais accord avec l’environnement chromatique existant !… « La couleur, je la trouve magnifique » a déclaré, de son côté, la maire Anne Hidalgo, pendant son discours inaugural, avant de signaler avec aplomb : « et le coût (918 millions d’euros hors taxes) « je l’assume » ! 

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Le Forum des Halles est un point de passage incontournable et central, chaque parisien sera, un jour ou l’autre, passant, visiteur ou encore client – ou si vous préférez, « shoppeur » en cet endroit… Chacun pourra donc se faire lui-même son idée de l’esthétique, de la pertinence, de la finesse, du charme ou de l’attractivité du lieu. Et surtout de sa capacité à s’intégrer à l’environnement préexistant. Les deux photos ci-dessous montrent la vue offerte désormais aux passants.

 

Le toit s'impose avec maladresse et prétention, incapable de se mettre au diapason des constructions environnantes.

Une impression de lourdeur que le discours aiguisé des architectes ne réussit à démentir.

 

Une impression de lourdeur que le discours des architectes ne peut démentir.

Le toit, chancelant, s’impose avec maladresse et prétention, incapable de se mettre au diapason des constructions environnantes.

Cadre patrimonial

La couleur de la Canopée ne sauraient être le seul motif d’incompréhension, voire d’indignation. Situé dans le coeur historique de Paris, le Forum des Halles, avec sa Canopée désormais, est entouré d’un grand nombre de monuments historiques. Même un chef-d’oeuvre de l’architecture du 21e siècle n’aurait pu se construire ici sans offenser et sans déprécier son environnement patrimonial, ni sans heurter les règles de covisibilité qui régissent la protection des monuments historiques. Celles justement que les associations de défense du patrimoine essaient tant bien que mal de faire respecter. Un ABF (Architecte des Bâtiments de France) a donné peut-être son accord (dans quel contexte ?), mais la covisibilité est bel et bien là, et elle est flagrante !

Outre les édifices classés, le tissu urbain, le bâti d’époque dans son ensemble, dans cette partie de Paris, est typiquement marqué par l’histoire de la ville et présente un aspect rare, inimitable, impossible à reproduire avec nos moyens du 21e siècle, de façon raisonnée. C’est un héritage unique que français et parisiens s’estimant concernés, doivent impérativement sanctuariser. Il n’y a aucune alternative. Notre siècle fonce à toute allure et nous sommes en train de changer d’ère. La question est toujours la même, déjà posée au 19e siècle par les « Amis des Monuments parisiens », la même posée par André Malraux dans les années 60 : la destruction aveugle ou la préservation de la sagesse ? Notre patrimoine, dans toutes ses formes, représente une richesse inaliénable. Sa présence ou son absence décideront entre l’humanité et la barbarie.

Bâtiments inscrits au Registre des monuments historiques qui cernent la Canopée des Halles :

La Bourse de Commerce de Paris

La Colonne Médicis

L’église Saint Eustache

La Fontaine des Innocents

Au chien qui fume 

Bourse de Commerce de Paris

Bourse de Commerce de Paris

Parmi eux, on peut s’arrêter à la Bourse de Commerce de Paris située rue de Viarmes, dont la coupole aurait pu inspirer, de très loin c’est vrai, cette « canopée »… L’ancien Hôtel de Soissons, devenu Hôtel Albret a eu plusieurs vies dans le passé. La Halle au Blé, en total accord avec la vocation du lieu, s’est transformée en Bourse de Commerce en 1885, reconstruite en partie par l’architecte Henri Blondel pour recevoir les marchés à terme et s’ouvrir à l’international (le MATIF). En 1998, l’informatisation des marchés à termes a mis fin à l’activité boursière dans la Bourse de Commerce de Paris, pour continuer dans Euronext. Aujourd’hui, le monument appartient toujours à la Chambre de Commerce de Paris qui y abrite plusieurs de ses services, mais aussi des expositions.

Coupole de la Bourse de Commerce de Paris

Coupole de la Bourse de Commerce de Paris

Victor Hugon moqueur, voyait au « dôme de la Halle-au-Blé » une « casquette de jockey anglais sur une grande échelle » (dans Notre-Dame de Paris). 

La Fontaine des Innocents, construite en 1548, a été classée monument historique dès 1862.

Église Saint Eustache

Église Saint Eustache

Quant à l’église de Saint Eustache, depuis le 13e siècle, elle a connu plusieurs vies et de nombreuses  transformations. La proximité du Louvre lui conférait le titre d’église royale. La transformation par l’architecte Jean Hardouin-Mansart de Jouy, qui a donné sa version actuelle, date de 1754.

Viollet-le-Duc avait ses raisons à lui d’être très critique à son sujet, en écrivant : « On voulait appliquer les formes de l’architecture romaine antique, que l’on connaissait mal, au système de construction des églises ogivales, que l’on méprisait sans les comprendre. C’est sous cette inspiration indécise que fut commencée et achevée la grande église de Saint-Eustache de Paris, monument mal conçu, mal construit, amas confus de débris empruntés de tous côtés, sans liaison et sans harmonie ; sorte de squelette gothique revêtu de haillons romains cousus ensemble comme les pièces d’un habit d’arlequin ».  (Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, 1854-1868) Jugement sévère (sinon obtus !) et sans incidence, heureusement, sur la brillante destinée du monument qui tient chaud encore aujourd’hui le quartier par une vie sociale intense…

Ce n’est certainement pas cette structure en bois, sous le toit de la nef de Saint Eustache (ci-dessous), qui a pu inspirer cette autre, métallique et chancelante de la Canopée…

 

 

Saint Eustache, charpente

Saint Eustache, charpente

Église Saint-Eustache sur le plan de Truschet et Hoyau (vers 1550).

Le quartier des Halles sur le plan de Truschet et Hoyau (vers 1550).

 

 

 

 

 

 

 

 

Pavillon Baltard à Nogent-sur-Marne

Pavillon Baltard à Nogent-sur-Marne

Les Halles, qualifiées jadis de « ventre de Paris » (Emile Zola), étaient un lieu dédié au commerce  depuis l’an de grâce 1137, quand on y a fait venir le marché qui se tenait Place de Grève. Il a fallu attendre le 19e siècle et Napoléon III pour voir construire, sous l’impulsion du préfet Haussman, les pavillons de Victor Baltard  (architecte pionnier en structures de fer) qui allaient marquer profondément et durablement, non seulement le quartier des Halles, mais aussi la vie artistique et littéraire parisienne. Leur destruction dans les années ’70, par Pompidou, a laissé un goût amère chez les parisiens et un vide sur place qui s’est avéré impossible à combler. En 2012, l‘exposition Baltard au Musée d’Orsay consacrait une place majeure au processus de la construction des Halles, démontrant leur qualité et leur pertinence en tant que structures intemporelles. Le dernier pavillon qui subsiste, déménagé à Nogent-sur-Marne où il peut être visité, est un témoignage de ce que Paris a perdu par cette démolition. Perte que RIEN n’a pu jusqu’ici remplacer, en cette place, ce « trou », autrefois coeur de Paris vivant, aujourd’hui cirque grotesque du consumérisme.

 

Fluctuat nec mergitur

Vitrail de Saint Eustache représentant une nef « battue par les flots ».

Fluctuat nec mergitur… Heureusement que Paris est « battu par les flots, mais ne sombre pas » !… (Du moins c’est ce qu’on aime croire…)

 

Marie Karel

19/06/2015

Samaritaine : Christine Nedelec (SOS Paris) au JT de France 3. Et rectification du commentaire…

France 3 a ouvert son JT de 19h30 ce soir (19/06/2015) sur l’affaire de la Samaritaine. La décision du Conseil d’État annulant l’arrêt de la Cour d’Appel Administrative de Paris du 5/01/2015, et autorisant la construction du projet LVMH rue de Rivoli a été commentée par Anne Hidalgo, Jean-Jacques Guiony directeur financier de LVMH et Christine Nedelec pour SOS Paris.

Il faut signaler toutefois que le commentaire de France 3 Paris Ile-de -France comporte une grossière erreur qu’il est impératif de corriger : la journaliste, en effet, avance en toute ignorance : « l’établissement devient vétuste et en 2005 il ferme pour des raisons de sécurité, cinq ans plus tard la Samaritaine devient la propriété d’un grand nom français du luxe qui veut donner une seconde vie au grand magasin ».

Mettons les points sur les « i » : Le grand magasin de la Samaritaine a été racheté en 2001 par LVMH (B. Arnaud), propriétaire également de Conforama, situé juste en face, et du grand magasin Le Bon Marché. C’est LVMH qui décide en 2005 de fermer la Samaritaine pour mise en conformité des bâtiments aux normes modernes de sécurité, avant que cette la fermeture ne devienne définitive. Trois ans plus tard, en 2008 LVMH vient présenter son projet d’aménagement de la Samaritaine en modifiant son usage : bureaux, hôtel 5 étoiles et logements sociaux. (Il se peut que des places de crêches soient rajoutées à sa dernière version, info significative à vérifier…).

Ce déguisement de la réalité n’est pas anodin et a comme effet de présenter LVMH comme le « sauveur » de la Samaritaine, et, si on tient compte des propos qui circulent sur les réseaux sociaux, comme le « sauveur » des emplois qu’il a lui-même supprimés !

Voici l’émission :

La transcription du commentaire du sujet : « Le Conseil d’État valide le projet de rénovation de La Samaritaine » de France 3 Paris Ile-de-France, diffusé le 19/06/2015 peut être téléchargée sur ce lien :

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