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17/02/2015

Les questions qu’une surélévation des toits de Paris souleverait… Le charme perdu…

olivier dm

 

 

 

Par Olivier de Monicault

Président de SOS Paris

 

Ces derniers mois la discussion a été très animée au sujet de la reprise de la construction de tours dans Paris intra muros et la défense de la skyline. Au moment où nous mettons sous presse, un nouveau débat est lancé par l’APUR (Atelier Parisien d’Urbanisme) au sujet de la surélévation des immeubles parisiens.(Article du JDD ci-dessous NDLR).

Ce débat intervient au moment où Madame Anne Hidalgo rejette, ce n’est pas un hasard, la demande d’inscription des toits de Paris en zinc au patrimoine mondial de l’UNESCO proposée par la Maire de 9e arrondissement Delphine Bürkli .

"Toits Paris" by Masumi Kamiyama

Toits de Paris par Masumi Kamiyama

Le fond du problème porte sur le manque de terrains à construire et le désir de la Maire d’y remédier par une densité accrue alors que Paris est, parmi les très grandes villes du monde, une des plus denses avec plus de 22 000 habitants au kilomètre carré et la plus faible superficie d’espace vert par habitant.  D’où l’idée de surélever les immeubles. Il peut s’agir de simples modifications des toitures et lucarnes, de véritables surélévations, voire de remplacement de bâtiments bas par des immeubles plus élevés. Bien entendu l’APUR ne prétend pas généraliser ces mesures à toutes les rues et tous les quartiers, mais son étude suggère 8 850 parcelles sur 75 400 soit environ 11 520 bâtiments.

Le débat est ouvert. D’ailleurs la Commission du Vieux Paris envisage de créer un groupe de travail pour essayer de définir une doctrine en ce domaine. Mais cela pose deux questions de base : est-il souhaitable d’uniformiser les hauteurs, rue par rue, alors que le charme de Paris est lié à la variété des hauteurs ? Est-il raisonnable de densifier systématiquement ? Nous en doutons fermement.

Multiples seront les questions à poser : comment seront gérées les divergences de points de vue au sein des copropriétés? Les surélévations seront-elles discrètes, comme ce fut souvent le cas par le passé, ou résolument contemporaines avec une architecture de rupture ? des ascenseurs seront-ils à prévoir? Comment traiter les dents creuses ? Comment traitera-t-on le cas particulier et combien sensible des coins de rues ? Va-t-on multiplier les toits végétalisés ? Quelles impact sur la skyline (ligne d’horizon) ?
Nous aurons l’occasion dans un proche avenir de reparler de ce grave problème mais d’ores et déjà il nous semble inacceptable de se lancer dans une politique systématique de surélévation qui risque de créer uniformité et monotonie et porterait sérieusement atteinte à l’image de charme de Paris .

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Publié dans le JDD ce dimanche 15 février :

A Paris, 11.520 immeubles sont susceptibles d’être surélevés

Paris demain

Extrait :

Une étude de l’Atelier parisien d’urbanisme recense 11.000 immeubles susceptibles d’être rehaussés. Les écologistes sont contre. La droite voudrait classer les toits en zinc.

Paris manque de logements et de terrains pour construire? Qu’à cela ne tienne, rehaussons les immeubles de quelques étages. C’est l’intention d’Anne Hidalgo, qui se heurte toutefois aux réticences des alliés écologistes et d’une partie de la droite. Selon une étude de l’Atelier parisien d’urbanisme (Apur) que dévoile le JDD, pas moins de 12% des parcelles de la capitale pourraient faire l’objet d’une surélévation ; soit 8.850 parcelles sur 75.400. Ce qui représente quelque 11.520 bâtiments – 8,2% des 140.000 immeubles parisiens – susceptibles de croître de un à cinq niveaux. Certains pourraient ainsi être dotés de deux logements supplémentaires, d’autres d’une dizaine. Au final, le potentiel serait d’environ 40.000 nouveaux appartements familiaux de 50 à 70 m². Un gisement non négligeable pour la maire de Paris, qui a promis de créer 10.000 logements par an et d’atteindre les 30% de logements sociaux d’ici à 2030. 

La Ville est en train de préparer une modification de son Plan local d’urbanisme (PLU), laquelle sera prochainement soumise à enquête publique et doit être adoptée fin 2015 par le Conseil de Paris. Les surélévations sont au programme, car elles sont facilitées par la suppression des règles de densité (COS), introduite par la loi Alur*. « Il s’agit de renouer avec la tradition parisienne », argue Dominique Alba, directrice de l’Apur. « Entre la fin du XIXe siècle et le milieu du XXe, près de 10% des immeubles sur rue ont été surélevés. Dans les années 1960-1980, on a préféré démolir et reconstruire. »

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11/12/2014

Impact visuel des tours Duo, en projet, sur leur environnement parisien

Le projet des tours Duo est actuellement en phase de « commercialisation » dans la ZAC Paris Rive Gauche. Curieusement appelé par le promoteur « tour Duo » au singulier, là où il s’agit bien de deux tours, le projet prévoit un gratte-ciel de 180 mètres – 39 étages – et un second de 120 mètres – 27 étages, penchés chacun sur le côté. Inconsciemment inspirées peut-être de… la tour de Pise, comme référence historique, un peu « déplacée » !

À part de vendre du vent, du moins pour l’instant ( le permis de construire n’est pas accordé à l’heure actuelle et une enquête publique doit avoir lieu prochainement), les porteurs du projet multiplient les études et peaufinent leur communication.

À quoi pourrait bien ressembler Paris avec ces deux tours jumelles ? Quel impact sur sa skyline (ligne d’horizon) ? Nous publions ici une reconstitution basée sur les données communiquées à la presse :

 

Les Tours Duo vues depuis la rive droite; avec la BNF au premier plan/

Les Tours Duo vues depuis la rive droite; avec la BNF au premier plan/

 

Les tours Duo vues du ciel

Les tours Duo vues du ciel

 

Les tours Duo depuis le Pont National

Les tours Duo depuis le Pont National

Bien que l’originalité du concept est évidemment mis en avant dans ce projet, Jean Nouvel n’a pas l’exclusivité des tours jumelles « penchées » : les tours jumelles de Roche à Bâle, confiées au bureau des architectes Herzog et de Meuron (auteurs également du projet tour Triangle à Paris), atteindront 205 mètres pour la plus haute et s’inspirent elles aussi de la dualité, des surfaces penchées, mais évitent la… posture déséquilibrée affichée par le projet parisien. On peut trouver plus d’informations sur le site de « L’Alsace » et voir la photo qui permet de constater leur étrange ressemblance avec les tours Duo mais aussi avec la tour Triangle !

Les tours jumelles de Roche à Bâle

L’Alsace.fr, 23 octobre 2014

Tours Roche à Bâle.

Tours Roche à Bâle.

 

« Toujours plus grand, toujours plus haut… Dans la course au gigantisme qu’il livre avec son rival bâlois Novartis, Roche se trouve désormais nettement en tête.. Alors que le gros œuvre de la première tour (d’une hauteur de 178 m sur 41 étages), devrait être achevé fin 2014, Roche a annoncé, hier, la construction d’une tour jumelle de 205 m sur 50 étages, représentant un investissement de 550 millions de francs. (…) Pendant ce temps, sur l’autre rive du Rhin, au nord de Bâle, Novartis poursuit l’extension de son campus qui (…) sera composé d’une série de tours dont la hauteur sera limitée à une centaine de mètres...

Pour lire l’article complet cliquez ici

 Article mis à jour le 14/12/2014

25/02/2014

La ligne d’horizon de Londres remise en cause par… The Economist !

Un article publié dans The Economist, il y a 3 jours, pointe le chaos esthétique et économique qu’entraîne la multiplication rapide des tours à Londres et critique un aménagement précipité et pas assez raisonné en termes d’économie, des projets immobiliers risqués… L’auteur suggère que le maire Boris Johnson prenne les choses en main, et signale le besoin de revoir rapidement la réglementation qui régit la skyline londonienne :

London skyscrapers  The ascent of the city

Gratte-ciel de Londres : L’ascension de la ville

london

Extraits traduits :

« Londres se trouve en bas, loin du sommet du Shard à 1000 pieds au-dessus de la ville. Mais il ne se sent pas tout à fait aussi bas que par le passé. Les tours se multiplient, non seulement dans la City et à Canary Wharf, les deux quartiers financiers de Londres, mais aussi à des endroits qui n’avaient jamais vu un gratte-ciel, comme les alentours de Battersea Power Station et  de Elephant and Castle. Sur les 41 bâtiments de la ville de plus que 100m, 24 ont été réalisés depuis l’an 2000. Sept autres sont en cours de construction et d’autres encore sont en projet. En peu de temps, la ligne d’horizon de la capitale se transforme. »

« Londres a longtemps été une ville de faible hauteur. Tout au long de la majeure partie du 20ème siècle, le plus haut bâtiment commercial de la Grande-Bretagne se trouvait à Liverpool. Dans les années ’60, les aménageurs ont adopté le brutalisme (1) des tours inspiré par Le Corbusier – et c’est le cas aussi de la tour qui abrite The Economist. Mais à cause, en partie, d’erreurs commises depuis, les bâtiments de grande hauteur sont tombés en disgrâce depuis deux décennies. »

(…)

« En théorie, le Plan de Londres, aménagé par le bureau du maire, détermine la forme de la ville. »

(…)

« L’autre raison qui fait que les tours à Londres sont si bizarrement répartis, c’est la démocratie locale. Dans le quartier conservateur de Westminster, le conseil municipal résiste presque à tous les nouveaux immeubles de grande hauteur. Malgré la flambée des loyers, aucun nouveau gratte-ciel n’y a été construit depuis les années ’60. »

(…)

« Londres a besoin d’un projet meilleur et puissant. Le maire doit le fournir. Une autorité unique pourrait réduire le coût et l’incertitude du système actuel pour les promoteurs. Il permettrait que la planification soit plus clairement lié au transport, idéalement, des projets tels que Crossrail devraient susciter plus de constructions à proximité des gares telles que Tottenham Court Road.Il pourrait même favoriser les conservateurs : puisque le maire serait directement responsable, il pourrait faire une pause avant d’autoriser un bâtiment laid. »

Conclusion :

« La skyline (ligne d’horizon) de Londres change plus vite que jamais. Il est temps que le système qui la réglemente, change aussi. »

Pour lire cet article dans sa totalité, en anglais cliquez ici.

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(1) brutalisme : style d’architecture, issu du modernisme, développé entre les années 1950 et 1970 grâce aux travaux de Le Corbusier et Mies van der Rohe. Le terme « brutalisme » vient du français « brut ». « Béton brut » était le terme employé par Le Corbusier. Alison et Peter Smithson ont développé ce style en Angleterre et lancé ce néologisme en 1954. Il y est associé à la révolution architecturale de l’époque. Le brutalisme est lié à une philosophie et à une idéologie utopique, toujours suivie par certains architectes aujourd’hui. Ce style devenu très impopulaire, le terme « brutalisme » finit par désigner toutes les constructions laides en béton.

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